Cours Imperfections et défaillances de marché
Exercice d'application

Exercice : Étude de cas - La concurrence sur le marché de la téléphonie mobile

 

Free a bouleversé le marché de la téléphonie mobile

La politique de prix de Free a menacé SFR, Orange et Bouygues tout en étranglant les opérateurs de réseau mobile virtuel.

Virgin, Joe Mobile, Systeme U, Zero, ces Mobile virtual network operator (MVNO), et d'autres, ont payé au prix fort le prix d’une concentration nécessaire à la relance d’un marché de la téléphonie mobile trop concurrentiel. Ce bouleversement du paysage des télécoms est dû à l’arrivée d’un quatrième opérateur.

En l’occurrence, Free qui s'est lancé dans une guerre des prix. S'appuyant sur son métier de base, l'accès haut débit notamment via ADSL, il a lancé des offres bon marché qui menaçaient les trois autres Network mobile operator (NMP) ou opérateurs hôtes : Orange, SFR et Bouygues Télécom. À leur tour, ceux-ci ont baissé leurs tarifs pour éviter une fuite massive de leurs clients vers Free. Du coup, les MVNO, qui jouaient sur la différence entre leurs tarifs et ceux des NMO, ont été étranglés.

Alexandre Nicaise, Les Echos, 23 avril 2015

 

Répondre aux questions suivantes, à partir des données du texte

1) Quelles mesures ont été mises en place par l'opérateur Free sur le marché de la téléphonie mobile afin de s'accaparer des parts de marché ?

2) Quelle situation de concurrence imparfaite a été brisée ?

3) L'entrée de l'opérateur Free a-t-elle été bénéfique pour les consommateurs ?

4) Peut-on cependant estimer que la libéralisation du marché de la téléphonie a été opérante ? Quelle condition de la concurrence pure n'y est toujours pas respectée ?

5) Quelle institution a largement incité les États à déréglementer leurs économies ?

1) Comme le mentionne le texte, l'opérateur Free s'est livré à une guerre des prix, une fois son entrée sur le marché réalisée. Cela lui a permis de capter des parts de marché aux opérateurs traditionnels, à savoir Orange, SFR et Bouygues Télécom, en proposant des prix plus attractifs pour les consommateurs.

Par ailleurs, l'entrée de Free sur le marché de la téléphonie mobile a permis une hausse de la qualité des produits proposés. L'expérience de l'entreprise pour proposer des services d'accès au haut débit lui a permis de proposer des offres combinées d'accès à l'ADSL ainsi qu'à la téléphonie.

 

2) Le secteur de la téléphonie mobile se trouvait auparavant dans une situation d'oligopole, avec un faible nombre de producteurs, ce faible nombre leur permettant de réaliser des ententes illicites sur les prix. Une situation d'oligopole favorise en effet la possibilité d'ententes, et confère dès lors un pouvoir de marché aux producteurs.

 

3) En effet, l'entrée de l'opérateur Free sur ce marché a été bénéfique aux consommateurs, dans la mesure où ces derniers ont pu bénéficier d'une baisse des prix et d'une amélioration de la qualité des services proposés.

 

4) Comme l'indique l'article, l'entrée de Free n'a pas permis une libéralisation complète de ce marché. Ce dernier repose en effet sur d'importants coûts fixes (la mise en place et l'entretien du réseau), qui nécessitent une certaine concentration des producteurs et une taille importante de ceux-ci afin de bénéficier de rendements d'échelle. Les Mobile virtual network operator (MVNO) de taille plus faible n'ont effectivement pas pu s'insérer durablement sur ce secteur. La condition d'atomicité du marché n'est ainsi toujours pas réalisée.

 

5) C'est l'Union européenne qui incite largement les États à libéraliser leurs économies. Le Traité de Maastricht valorise ainsi la concurrence et se fixe pour objectif de limiter un maximum les monopoles d'État. A cet égard, ce ne sont plus uniquement les opérateurs téléphoniques qui s'ouvrent à toujours plus de concurrence mais aussi les fournisseurs d'énergie ou même les sociétés de transport ferroviaire.