Cours Méthodologie de la dissertation : rédaction

Dissertation - Partie 2

L'énoncé

Rédige la dissertation selon trois grands axes.
Tu te demanderas si la tâche du romancier, quand il crée des personnages, ne consiste qu’à imiter le réel. Tu t’appuieras sur tes lectures personnelles et sur les œuvres étudiées en classe.


Question 1

Rédige l'introduction.

Au XIXe siècle naît un courant littéraire particulier : le réalisme. Les auteurs de ce mouvement souhaitent rompre avec une certaine tradition romanesque dans laquelle les héros ne montrent aucune de leur faiblesse et vivent dans un monde idéalisé. Balzac, Stendhal, Flaubert ou Zola veulent désormais montrer le monde tel qu'il est, sans rien occulter de sa misère, de sa médiocrité. Ils ont pour but de reproduire le réel le plus fidèlement possible. Balzac se déclarera même journaliste et Zola, scientifique. Mais nous pouvons nous demander : « Lorsque le romancier crée des personnages, ne cherche-t-il qu'à reproduire le réel ? » N'est-il pas réducteur de réduire le roman réaliste à une simple imitation du réel ? Le roman, genre libre et protéiforme (qui peut prendre toutes les formes possibles), peut-il / doit-il - se cantonner à une reproduction quasiment photographique du réel ? Nous verrons dans une première partie comment le romancier peut s'inspirer de la réalité qui l'entoure pour décrire le monde dans lequel il vit. Puis, nous montrerons que, malgré toutes les déclarations de principe des écrivains, leurs œœuvres sont une reproduction déformée, de la réalité. Finalement, nous examinerons en quoi le propre de toute œœuvre littéraire est d'être une recréation de la réalité.

Utilise tes réponses aux questions de la partie 1 pour élaborer ton introduction.


Commence par une phrase d'accroche pour établir le contact avec le lecteur.


Contextualise le sujet. Pour cela situe le sujet par rapport à l’objet d’étude concerné, au thème abordé ou au contexte culturel et finis sur une phrase qui l'introduit précisément. Pour finir cite le sujet en entier.


Finis ton introduction avec l'annonce de ta problématique et de ton plan.

Question 2

Rédige la première partie.

I) Une imitation du réel

1) Les romanciers puisent leur inspiration dans la réalité.

a) Faits divers
Les romanciers réalistes, notamment, ont pour objectif de reproduire le réel. Ainsi, pour créer leur œœuvre, ils s'inspirent du monde qui les entoure. Certains puisent dans les faits divers. Flaubert écrit Madame Bovary après avoir lu dans un quotidien, l'histoire d'une femme qui s'était suicidée en province. Emma Bovary est la fille d'un riche paysan, élevée dans un couvent et qui a passé son adolescence à lire des romans d'amour à l'eau de rose. Lorsqu'elle épouse Charles Bovary, elle croit trouver en lui le prince charmant de ses lectures enfantines. Rapidement déçue par son quotidien de femme au foyer et par la médiocrité de son mari, elle essaie de réaliser ses rêves d'amour passionné auprès de ses amants, qui se montreront aussi veules que rustres. Définitivement désillusionnée par la vie, elle finit par avaler de l'arsenic afin de mettre fin à ses jours. Ce roman inspiré d'un fait réel, illustre le mal-être de ces femmes qui croient au prince charmant.

b) Histoire et histoire personnelle
Si certains s'inspirent de faits divers, d'autres puisent dans l'Histoire. Ainsi, Victor Hugo écrit-il Quatrevingt-treize, véritable fresque historique sur la révolution française. Les écrivains peuvent aussi décrire la société qui leur est contemporaine. Kundera, dans L'Insoutenable légèreté de l'être, nous parle de la répression qu'exerce le régime communiste en Tchécoslovaquie. À travers Thomas, le protagoniste du roman, il raconte comment le régime persécutait son peuple. Médecin, Thomas a été obligé d'arrêter son métier et a dû devenir ouvrier pour subsister.
Marcel Proust, lui, s'inspire de sa propre vie pour créer ses personnages, et ses protagonistes lui ressemblent beaucoup. En effet, dans Un Amour de Swann, on retrouve le personnage de l'intellectuel parisien qui souffre de névroses. Que les écrivains s'inspirent de faits divers, de l'Histoire, de la société ou de leur histoire personnelle, ils cherchent à reproduire le monde qui les entoure afin de trouver une forme de vérité humaine ou historique.

2) L'illusion du réel

a) Description et cadre spatio-temporel réalistes
Ainsi, les romanciers s'attachent à retranscrire sous forme romanesque une expérience réelle, qu'elle soit ou non la leur et, par là, imitent le réel dans la création de leurs personnages, comme dans l'élaboration de leur intrigue. D'ailleurs, ils utilisent tout leur savoir-faire pour donner à leur lecteur « l'illusion du vrai », notamment en inscrivant leurs personnages dans un cadre spatio-temporel réaliste et précis. La première page de L'Éducation sentimentale de Flaubert commence par la description extrêmement précise d'un bateau, la Ville-de-Montereau : le lecteur voit tout, jusqu'à la fumée qui s'échappe de la cheminée du bateau. Il entend l'agitation qui règne sur le bateau qui s'apprête à partir. Il connaît exactement le jour et même l'heure qu'il est, une date réelle qui s'inscrit dans l'actualité du romancier. Les personnages sont décrits minutieusement, jusqu'aux moindres détails. Ainsi, le romancier présente-t-il un cadre qui s'inscrit dans une temporalité très précise. Bien sûr, tous ces détails sont faux, puisqu'il s'agit d'une histoire fictive. Si l'auteur s'ingénie à les retranscrire, c'est pour donner au lecteur une impression de réel. Il parvient ainsi à produire une réalité, qu'on pourrait qualifier de fictive, avec une extrême précision.

b) Description de la misère du monde
Les écrivains réalistes souhaitent montrer tous les aspects de la société, les meilleurs comme les pires. Ils pensent en effet que le roman ne doit pas se limiter aux seules couches aisées de la société, mais doit dire aussi la condition des pauvres gens, de ceux qui ne sont ni beaux, ni nobles, et qui vivent dans des conditions épouvantables. Dans L'Assommoir, Zola décrit la misère de Gervaise et de sa famille. Abandonnée par le père de ses enfants, l'héroïne réussit à survivre en travaillant, malgré son handicap, comme une bête de somme. Elle rencontre un ouvrier qui l'épouse et, avec son aide, monte une blanchisserie. Mais son mari se casse la jambe en tombant d'un toit et devient alcoolique. Commence alors une descente aux enfers pour la famille, qui va peu à peu sombrer dans l'alcool et la misère. La description de l'hiver qui arrive est très émouvante et nous montre les conditions terribles dans lesquelles les pauvres gens vivaient à cette époque.

Veille bien à ne pas t’éloigner de ton plan. La première partie développe l’idée selon laquelle les romanciers imitent le réel.


Fais attention à l'organisation des sous-parties, il faut d'abord développer un argument puis l'illustrer par un exemple.


Pense à faciliter la lecture de ton travail en rédigeant des transitions entre tes parties.


N’oublie pas que si les titres des parties ne doivent pas figurer sous forme de titre, il faut malgré tout annoncer à chaque début de paragraphe l’idée principale que tu vas développer. Je te conseille de rédiger simplement le titre des parties afin que ton raisonnement soit clair.

Question 3

Rédige la seconde partie.

II) Une déformation du réel

1) Des personnages hors du commun

a) Les héros des romans de chevalerie
Stendhal dira que le roman est « un miroir qui se promène sur une grande route. Tantôt il reflète à vos yeux l'azur des cieux, tantôt la fange des bourbiers de la route ». Mais est-il vraiment possible de recréer artificiellement la réalité ? Rien que matériellement, il serait beaucoup trop long et fastidieux de relater le moindre petit événement de l'existence. Et surtout cela serait-il intéressant ? Nous verrons donc que le roman ne saurait se réduire à une simple imitation du réel, et qu'il apparaît plutôt comme un miroir déformant de la réalité.
En effet, nombre de romans mettent en scène des personnages hors du commun. C'est d'ailleurs ce que nous prouve Don Quichotte de Cervantès. Cet hidalgo (petit noble espagnol) décide de sillonner son pays afin de défendre et secourir les plus vulnérables. Il tire cette idée saugrenue des romans de chevalerie médiévaux qu'il a passé sa vie à lire. Il a pour modèle de grands chevaliers aussi nobles de cœœur que d'esprit, capables de réaliser des exploits et passant leur vie à sauver veuves et orphelins. Mais cet idéal chevaleresque ne peut exister que dans les livres. Don Quichotte va se heurter à la dure réalité. Il sera ridiculisé, spolié et blessé dans sa quête d'héroïsme, car en voulant concrétiser l'héroïsme dans le monde réel, on se bat contre des moulins à vent. Les romans de chevalerie avaient pour objectif de faire rêver leur lecteur en leur offrant une image idéalisée de la nature humaine, et il fallait avoir l'esprit exalté de Don Quichotte pour les prendre pour argent comptant.

b) La Princesse de Clèves : noblesse, beauté physique et morale
Les auteurs, au XVIIe siècle notamment, ne parlent pratiquement que des plus hautes strates de la société. La Princesse de Clèves est une femme noble et donc, selon l'idéologie de cette époque, belle au physique comme au moral. En effet, l'on pensait alors que la noblesse de sang se reflétait naturellement dans le physique et le cœœur. Ainsi, le duc de Nemours et la Princesse de Clèves se reconnaissent et tombent amoureux immédiatement. La scène de leur rencontre au bal montre un univers idéalisé où les gens sont beaux, vertueux, et évoluent dans un décor à leur image. Mme de Lafayette nous donne la preuve dans son ouvrage qui, rappelons-le, s'inscrit dans un cadre historique réel, que les romanciers peuvent créer un monde et des personnages idéaux qui n'ont rien de réaliste.

2) L'imaginaire illimité du roman

a) Le roman de science-fiction
Ainsi, les personnages ne sont pas toujours une simple imitation du réel, loin s'en faut, mais sont aussi des êtres idéalisés, voire de vrais modèles, relevant parfois d'un univers totalement fictionnel. En effet, le propre du roman est de n'avoir pas de règles, il est un genre protéiforme, autrement dit capable de changer complètement d'apparence et de passer d'un certain réalisme à une fantaisie débridée comme dans les romans de science-fiction. Dans Le Seigneur des Anneaux, Tolkien met en scène un univers complètement féérique où les elfes côtoient hobbits et dragons. Ce roman n'a rien de rationnel, il n'a pour but que de nous faire rêver en créant un univers féérique et guerrier. Le roman n'a aucune borne à son imagination.

b) Le roman fantastique : entre rationnel et irrationnel
Les romanciers peuvent inventer un monde totalement imaginaire, mais sont aussi capables de brouiller les pistes entre la réalité et le surnaturel. C'est en effet le propre du roman fantastique, qui insère dans un cadre totalement réaliste, un événement qui ne peut s'expliquer de façon tout à fait rationnelle. Pensons à La Vénus d'Ille de Mérimée, qui met en scène un meurtre, dans un petit village de province. Le narrateur qui a fait une halte dans une auberge ne croit pas aux soupçons qui se portent sur une statue qui aurait pris vie durant la nuit pour tuer le fils de son hôte. Mais il aperçoit dans la nuit ses yeux briller.… On ne saura jamais la cause de cette mort dramatique : est-ce la statue de la Vénus d'Ille qui est venue accomplir cette vengeance ? Ainsi, le roman peut créer une atmosphère surnaturelle. La tâche du romancier peut donc aussi consister à nous faire rêver et à explorer les champs de l'imaginaire. En tant que création artistique, le roman semble davantage une recréation du monde, qu'une simple imitation du réel.

Veille bien à ne pas t’éloigner de ton plan. La seconde partie développe l’idée selon laquelle les romanciers n’imitent pas toujours le réel.


Fais attention à l'organisation des sous-parties, il faut d'abord développer un argument puis l'illustrer par un exemple.


Enrichis tes parties grâce aux transitions.


N’oublie pas que si les titres des parties ne doivent pas figurer sous forme de titre, il faut malgré tout annoncer à chaque début de paragraphe l’idée principale que tu vas développer. Je te conseille de rédiger simplement le titre des parties afin que ton raisonnement soit clair.

Question 4

Rédige la troisième partie.

III) Une recréation esthétique du monde

1) Le projet de l'auteur

a) La création d'un univers fictif capable d'illustrer la vision du monde de l'auteur
Le roman ne peut pas être une simple photographie du monde. Il relève d'une création à part entière, d'un nouvel objet du monde, unique et innovant. En effet, le romancier invente une intrigue, des personnages, des événements, des lieux, des époques.… Et tous ces éléments concourent à retranscrire une nouvelle vision du monde : celle de l'écrivain. Par exemple, La Peste de Camus a des allures très réalistes. L'histoire se déroule au milieu du XXe siècle, dans la ville d'Oran, où se déclare une épidémie de peste. Les rues de la ville sont décrites précisément, ainsi que les personnages. Mais le plus étonnant est le réalisme des descriptions des symptômes de la maladie sur les habitants. Les manifestations physiques de la peste sont si saisissantes qu'on croirait être dans la ville au milieu des mourants. Et pourtant, il s'agit d'une épidémie fictive, qui est en fait une allégorie de la guerre et de toute forme de totalitarisme. Cette épidémie est le symbole du mal. Rappelons que la seconde guerre mondiale vient de faire des milliers de morts et que la génération qui a vécu ce traumatisme a du mal à trouver un sens à cette vie qui semble si terrible. Les personnages du roman incarnent les différentes attitudes possibles dans un contexte de crise aussi paroxystique que celui induit par l'épidémie. Certains partiront alors que d'autres, comme le personnage principal, le médecin, resteront et lutteront jusqu'au bout. Ainsi, nous pouvons dire que le roman crée un univers imaginaire, bien qu'il soit réaliste, afin d'incarner une vision du monde et délivrer un message.

b) Une nouvelle vision du monde plus réelle que la vie elle-même
Proust dira dans À la recherche du temps perdu, que son roman est plus réel que la réalité même. En effet, il explique qu'il cherche dans sa mémoire des événements qu'il analyse, et dont il extrait l'essence même, pour la retranscrire dans son œuvre. Maupassant, quant à lui, disait que : « le réaliste, s'il est un artiste cherchera non pas à nous montrer la photographie banale de la vie, mais à nous en donner la vision la plus complète, plus saisissante, plus probante que la vie même. ». Le romancier, en effet, opère des choix, trie les informations qu'il livre au lecteur, choisit chaque mot et recentre son texte sur les thèmes qui l'intéressent véritablement. Ainsi, le romancier qui a un projet réaliste ne se contente-t-il pas d'imiter purement et simplement le réel : il fait naître par son écriture singulière une œuvre unique, grâce au geste créateur de l'écrivain.

2) L'acte créateur du romancier : symbiose d'une intrigue et d'un style.

a) L'alchimie du fond et de la forme
Le roman renvoie au geste créateur du romancier. L'écrivain par son style, sa façon singulière d'écrire nous délivre sa vision très personnelle du monde. En effet, c'est l'alchimie (la fusion) de la forme (le style) et du fond (l'intrigue), qui deviennent indissociables, qui est capable de créer un chef-dœ'œuvre littéraire. Sans cette symbiose le roman reste plat et inintéressant. Par exemple, L'Assommoir de Zola est un roman réaliste comme nous l'avons vu précédemment. Mais il devient un chef d'œœuvre grâce au style unique de Zola, qui est capable de transformer le quotidien en une épopée passionnante et inquiétante. Le fameux assommoir (machine pour fabriquer de l'alcool) est décrit comme une bête féroce prête à vous sauter dessus. Gervaise le voit comme un monstre, qui luit dans l'obscurité. Cet accent épique donne toute son épaisseur à l'écriture de Zola et fait de ce roman réaliste relatant la banale existence d'une famille une véritable épopée sociale.

b) L'importance du style
En effet, le style est plus important, pour certains auteurs, que l'intrigue ; et Flaubert ira même jusqu'à dire qu'il a réussi à écrire un roman sur rien : Un Cœœur simple. Il s'agit de l'histoire d'une servante de province, qui se prend de passion pour un perroquet. Il est vrai que l'histoire, ainsi résumée, peut paraître peu palpitante. Et pourtant, Flaubert a écrit un chef dœ'œuvre qui tire toute sa grandeur de l'alliance d'un style parfait et d'une intrigue allégorique : la simplicité d'un cœœur, plein de dévouement, et qui ne reçoit aucun amour, aucune reconnaissance en retour. Ainsi, les éléments de réel deviennent fiction, transformés par le style. La réalité dans le roman est donc une utopie : le romancier n'est ni historien, ni journaliste, il ne peut pas concurrencer l'état civil, mais faire naître une œœuvre d'art qui correspond à sa vision du monde, retranscrite grâce à la puissance de son style.

Veille bien à ne pas t’éloigner de ton plan. La troisième partie développe l’idée selon laquelle le roman qu’il soit une imitation du réel ou non, est avant tout une récréation esthétique du monde.


Fais attention à l'organisation des sous-parties, il faut d'abord développer un argument puis l'illustrer par un exemple.


Enrichis tes parties grâce aux transitions.


N’oublie pas que si les titres des parties ne doivent pas figurer sous forme de titres, il faut malgré tout annoncer à chaque début de paragraphe l’idée principale que tu vas développer. Je te conseille de rédiger simplement le titre des parties afin que ton raisonnement soit clair.

Question 5

Rédige la conclusion.

Le roman implique donc nécessairement un rapport avec le réel car les écrivains puisent leur inspiration dans la réalité et sont capables de créer l'illusion du réel grâce à différentes techniques littéraires. L'écrivain peut choisir de se rapprocher de l'univers réel ou au contraire, s'en éloigner et inventer un monde imaginaire. Quoi qu'il en soit, on ne peut dissocier le roman de la création artistique. Le romancier est avant tout « un illusionniste » comme le dira Maupassant, qui met en scène, à sa manière, selon son style et sa vision du monde un univers qui ressemble au nôtre, sans jamais se confondre avec lui. C'est d'ailleurs là, certainement, l'intérêt de la littérature : nous présenter une nouvelle vision du monde qui nous touche et nous enrichit.

Fais le bilan de ton argumentation en résumant les réponses apportées à la problématique du sujet.


Si tu t'en sens capable, tu peux faire une ouverture. Cette partie étant difficile, ce n'est pas grave si elle n'apparaît pas dans ton devoir.