Cours Stage - La notion de puissance et ses évolutions

Exercice - La puissance

L'énoncé

Répondre aux questions à l'aide des documents.

 

Document 1 : Le monde actuel après la guerre froide vu par Chavin, mars 2008.

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Document 2 : Comparaison des chiffres d'affaires de firmes transnationales avec le PIB de certains États.

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Document 3 : Pascal Boniface, La géopolitique, Eyrolles, 2018. 

"La fin de la Guerre froide n’a pas été la fin de la conflictualité […] Pour autant, la puissance militaire n’a plus la même signification aujourd’hui. Elle n’est plus un gage de sécurité absolue. Le coût des attentats du 11 septembre 2001 qui sont si durement frappé les États-Unis ont été évalué entre 100 000 et 500 000 dollars. À l’époque, le budget militaire américain était de 280 milliards de dollars. Même en l’ayant triplé, les États-Unis ne se sentent pas en parfaite sécurité. […]

L’hyperpuissance militaire américaine n’a guère été plus utile ni plus efficiente sur les théâtres extérieurs. La guerre contre l’armée irakienne a été gagnée en quelques jours en 2003, mais l’Irak s’est rapidement transformé en bourbier pour l’armée américaine. Les soldats occidentaux sont à la recherche d’une porte de sortie en Afghanistan où, après avoir facilement renversé le régime des talibans en octobre 2001, ils se demandent combien de temps ils pourront contrer leur retour au pouvoir.
La puissance militaire ne permet plus d’assurer le contrôle territorial. La résistance à la présence des forces armées étrangères peut être contenue mais pas vaincue sur le long terme."

 

Document 4 : Interview de Joseph Nye pour France Culture. 

"Les Instituts Confucius ont été créés pour diffuser la langue et la culture chinoises à travers le monde ; les volumes, fréquences et les zones de diffusion sur China Radio International ont été augmentés ; aujourd'hui, la Chine développe une chaîne de télévision câblée, qui diffusera principalement en anglais, afin de donner aux points de vue chinois une fenêtre d'exposition mondiale"


Question 1

Document 1 : A quel groupe appartiennent l'Inde, la Russie, la Chine et le Brésil ? Pourquoi l'auteur a-t-il choisi de les représenter ? 

Il s'agit du groupe des BRICS, qui regroupe les pays émergents (Brésil ; Russie ; Inde ; Chine ; Afrique du Sud). Le choix de l'auteur montre qu'ils sont des nouveaux acteurs des relations internationales, surtout depuis la fin de la guerre froide. 

 

Question 2

Document 2 : Quel paradoxe donne à voir ce document ? Quelle est la conséquence pour les relations internationales ? 

On constate sur ce document que certaines entreprises peuvent avoir un poids financier parfois plus grand que les États. Les grandes firmes transnationales ont un chiffre d'affaire supérieur à la totalité d'un PIB. A titre d'exemple, le chiffre d'affaire de Wallmart est, à lui seul, environ 60 % supérieur à celui du PIB de la Colombie. 

N'hésitez pas à faire de simples calculs pour montrer que vous êtes capable de mobiliser les données et chiffres d'un document. 

Question 3

À l'aide de tous les documents et de vos connaissances, rédiger un paragraphe argumenté en répondant à la question suivante : 

En quoi la puissance "dure" et la puissance "douce" sont-elles indépendantes l'une de l'autre ?

 

Le postulat selon lequel hard power et soft power sont liés a été développé par Joseph Nye. Son analyse affirme qu'une puissance, de nos jours, doit savoir manier à la fois ces deux aspects de la puissance. C'est d'autant plus vrai que les acteurs des relations internationales sont bien plus nombreux qu'avant. 

Comme le montre le document 1, le monde semble s'être complexifié depuis la fin de la guerre froide. Les relations internationales ne sont plus guidées selon deux choix diplomatiques entre l'Occident et le monde communiste, mais des pays nouveaux tendent à faire porter leurs voix sur la scène internationale. Ce sont les anciens pays du tiers-monde, aujourd'hui devenus les pays émergents. Eux-même pratiquent une puissance qui n'est pas unique. Le soft power chinois se développe considérablement. La langue est un formidable vecteur de cette puissance, c'est pourquoi la Chine multiplie la création d'instituts Confucius dans le monde qui propagent la culture chinoise. Nous pouvons citer également le rôle des médias. Ils possèdent une véritable capacité d'influence par delà les frontières. Le cas de la chaîne Russia Today est emblématique. Elle diffuse la propagande russe dans de nombreux pays et finance également des campagnes de publicité sur les réseaux sociaux. 

Surtout, les acteurs non étatiques s'imposent. Les entreprises deviennent des acteurs décisionnels dans les relations internationales du fait de leur poids financiers (document 3). Ils peuvent diffuser la culture d'un pays (comme Coca-Cola). 

De ce fait, la puissance dure peut se diluer dans ce nouvel ordre mondial. C'est pourquoi Pascal Boniface (document 2) tient à rappeler que l'armée, synonyme du hard power, n'est plus efficace lorsqu'elle est utilisée seule. L'émergence de groupes sociaux comme acteurs des relations internationales participe à la fin des guerres traditionnelles. Si un pays ne possède pas l'influence nécessaire pour rétablir une autorité politique dans un pays, la guerre peut s'embourber comme ce fut le cas pour l'Irak mentionnée par l'auteur. 

Être une puissance aujourd'hui signifie donc être capable de posséder ces deux aspects de la puissance. Les nouvelles technologies permettent d'avoir une véritable influence. Cependant, si les deux aspects sont interdépendants, il ne faut pas oublier qu'ils sont perméables. Un aspect relevant du soft power peut aussi être du hard power. Les nouvelles technologiques sont un bon exemple. Vecteur de la propagande ou de la culture d'un État, elles sont essentielles pour le développement militaire et les attaques cybernétiques. 

Le postulat selon lequel hard power et soft power sont liés a été développé par Joseph Nye.