Cours Stage - L'affirmation de l'État dans le royaume de France

Exercice - Louis XIV, monarque de droit divin

L'énoncé

Etudier les documents ci-dessous et répondre aux questions posées de manière argumentée.

 

Document 1 : Louis XIV en costume de sacre, Hyacinthe Rigaud, Musée du Louvre, Paris, 1701

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Document 2 : Edit de Fontainebleau ou révocation de l'Edit de Nantes, 1685 

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Source : http://www.axl.cefan.ulaval.ca/francophonie/Edit_de_Fontainebleau-1685.htm

  

Document 3 : Extrait de l'ouvrage de Ezéchiel Spanheim, Relation de la Cour de France, Paris, Mercure de France, édition de 1973, p. 130

« […] la cour de France, sur le pied où elle est sous ce règne, est dans une grande soumission pour son roi, en sorte qu’on ne saurait voir ni plus d’empressement à lui marquer son zèle et à lui faire sa cour, ni plus d’attachement à s’y acquitter, avec une régularité entière et exacte, des fonctions où chacun est appelé. Ce qu’on n’avait pas vu sous les règnes précédents, ni même sous celui-ci durant sa minorité et lorsque le pouvoir absolu du gouvernement était entre les mains d’un Premier ministre, comme du cardinal Mazarin, et du cardinal de Richelieu sous le règne passé. En sorte que tous les courtisans, jusque aux moindres, se font une application particulière de voir le roi et d’en être vu dans toutes les occasions qui s’en présentent, comme à son lever, quand il sort du Conseil et va à l’église, ou quand il prend ses repas, et ce qu’il fait ordinairement en public. Et ce qui, outre le génie de la nation, assez portée naturellement, ou par devoir, ou par intérêt, ou par curiosité, à voir le roi, ce qui, outre cela, dis-je, ne peut venir que de ce qu’il s’est rendu maître de toutes les grâces, et ainsi de tout ce qui a du rapport à l’état politique, ou militaire, ou ecclésiastique. »

Source : Ressources pédagogiques du château de Versailles

 

Document 4:  Extrait d’un registre paroissial écrit par un curé du petit village de Saint-Sulpice, près de Blois, à la fin de l’année 1715, cité par François Lebrun dans L’Histoire, « Le tribunal de l’opinion publique », janvier 1995, p. 110

« Louis XIV, roi de France et de Navarre, est mort le 1er septembre dudit an, peu regretté de tout son royaume, à cause des sommes exorbitantes et des impôts si considérables qu’il a levés sur tous ses sujets […]. Il n’est pas permis d’exprimer tous les vers, toutes les chansons et tous les discours désobligeants qu’on a dits et faits contre sa mémoire. Il a été, pendant sa vie, si absolu, qu’il a passé par-dessus toutes les lois pour faire sa volonté. Les princes et la noblesse ont été opprimés. Les Parlements n’avaient plus de pouvoir : ils étaient obligés de recevoir et d’enregistrer tous les édits, quels qu’ils fussent, tant le roi était puissant et absolu. Le clergé était honteusement asservi à faire la volonté du roi : à peine demandait-il quelques secours, qu’on lui en accordait plus qu’il en demandait. Le clergé s’est endetté horriblement. Tous les corps ne l’étaient pas moins. Il n’y avait que les partisans et les maltôtiers* qui fussent en paix et qui vécussent en joie, ayant en leur possession tout l’argent du royaume. »).

* Percepteur de la maltôte, impôt levé en France

Source : Ressources pédagogiques du château de Versailles


Question 1

En quoi les documents 1, 2 et 3 témoignent-ils de l'affirmation de l'absolutisme sous le règne de Louis XIV ?

Le document 1, qui est un tableau de Hyacinthe Rigaud, est révélateur des attributs du pouvoir royal, mais aussi de la mise en scène de ce pouvoir. Le sceptre tenu par Louis XIV est le symbole du pouvoir politique de commandement. Monarque de droit divin, le roi reçoit son pouvoir de Dieu et est le chef de l'Eglise de France. Son épée à la taille fait référence au pouvoir militaire que détient le roi, en particulier en tant que défenseur de l'Eglise catholique.

D'ailleurs, le document 2 est l'édit de Fontainebleau qui révoque l'Edit de Nantes. La religion protestante est alors interdite. En effet, sous la pression de l'opinion et dans la volonté de réaffirmer le pouvoir royal, Louis XIV, surnommé "le roi très chrétien", veut établir l'unité religieuse dans son royaume.

Le document 3 est un récit fait par un contemporain de Louis XIV. On y lit la volonté du roi d'être en représentation permanente, "ce qu'on n'avait pas vu sous les règnes précédents". Le pouvoir de Louis XIV est en effet mis en scène. En réunissant la noblesse à Versailles, il cherche d'une part à la soumettre à son autorité, notamment en multipliant les divertissements à la cour, mais aussi à rayonner sur le royaume de France et les pays voisins. Louis XIV, en aménageant le château de Versailles par les plus grands architectes, souhaite asseoir la monarchie absolue.

Le tableau montre les attribut du pouvoir royal.

Question 2

Expliquer la critique de l'absolutisme faite dans le document 4.

Le document 4 nuance cette image du "Roi soleil". A la mort de Mazarin, Louis XIV décide de gouverner seul en maître absolu. Cela en fait ainsi un roi autoritaire qui fait l'objet de contestations, de la part du peuple mais aussi du clergé ou des Parlements. Le document 4 dénonce cette concentration des pouvoirs dans la main du roi, mais aussi certaines de ces décisions, notamment l'augmentation des impôts.

Que se passe-t-il à la mort de Mazarin ?

Question 3

Faire une petite synthèse des quatre documents.

A partir du XVIe siècle, la monarchie se renforce en France. C’est le cas sous le règne de Louis XIV de 1661 à 1715. Louis XIV concentre alors tous les pouvoirs et s'établit à Versailles, soucieux de favoriser le prestige de la monarchie. Il souhaite avant tout éviter le retour des guerres civiles confessionnelles (guerres de religion) et les révoltes de la noblesse. L'ensemble des documents démontrent comment Louis XIV a réussi à imposer l'absolutisme en France, mais aussi les limites de ce règne personnel qui fait l'objet de vives critiques de la part du peuple, puisque toute l'autorité réside dans ses mains.