Cours Stage - Impacts écologiques des agrosystèmes

Exercice - L’utilisation des pesticides en France

L'énoncé

Document : L’utilisation des pesticides en France : état des lieux et perspectives de réduction, 12/01/2012

Cet article dresse un état des lieux sur l’utilisation des produits phytosanitaires en France et évalue les possibilités de réduire leur emploi en mobilisant différents états de l’agriculture française définis par des niveaux de rupture allant jusqu’à l’agriculture biologique. (...)

Des réductions de l’emploi de pesticides seraient possibles sans baisse de production en remplaçant la plupart des techniques intensives par une « agriculture raisonnée ». L’adoption d’itinéraires à bas intrants de pesticides, par culture, permettrait de réduire l’utilisation de pesticides d’un tiers, avec des pertes de production limitées (6 % en grandes cultures). Aux prix de 2006, les marges pour ces itinéraires, compte tenu de l’économie réalisée sur les charges, sont les mêmes que celles du groupe dit « intensifs ». En termes de marge, les prix de 2007 redonnent par contre un avantage aux intensifs.
L’objectif de réduire de 50 % l’emploi des pesticides, du plan ECOPHYTO 2018, acté lors du Grenelle de l’environnement, correspond à la situation où toute l’agriculture française passerait en agriculture intégrée, nécessitant des efforts conséquents. (...)

L’Union européenne, et notamment la France, se sont engagées dans un processus de réduction de l’emploi de pesticides dans l’agriculture. En France, un plan interministériel de réduction des risques liés aux pesticides a été mis en place en juin 2006 et le Grenelle de l’environnement a confirmé les orientations de ce plan en prenant plusieurs engagements. Parmi ceux-ci, citons :

  • la réduction de moitié, à l’horizon de 10 ans, si possible, de l’emploi de pesticides de synthèse (plan ECOPHYTO 2018).
  • le passage en agriculture biologique à 6 % de la SAU en 2010, en visant 20 %en 2020. 

Ecophyto, comment ça marche ?

Pour y parvenir, toute une batterie d’outils a été mise en place comme par exemple :

  • la formation des agriculteurs à une utilisation responsable des pesticides : le certiphyto (certificat individuel produits phytopharmaceutiques),
  • la création d’un vaste réseau de fermes pilotes pour mutualiser les bonnes pratiques,
  • la mise en ligne dans chaque région, de bulletins de santé du végétal qui alertent les producteurs sur l’arrivée des parasites,
  • un programme de contrôle de tous les pulvérisateurs qui sont utilisés pour l’application des produits phytosanitaires.

Dès 2008, plusieurs mesures ont déjà été prises, notamment l’interdiction de 30 produits jugés les plus toxiques, l’instauration d’une taxe sur les phytosanitaires, croissante avec leur niveau de toxicité, taxe qui devrait augmenter au fil des années et l’octroi de crédits d’impôt en faveur de l’agriculture biologique.

 

 

Dans l’étude ECOPHYTO R&D, les quatre groupes « production » (grandes cultures, viticulture, fruits, légumes) ont établi, à partir de données à la parcelle (données de l’enquête pratique culturale), la situation observée de l’utilisation des pesticides en 2006, par produit. Ils ont également examiné les possibilités d’une réduction des pesticides en suivant une démarche commune, tout en tenant compte de la spécificité de chaque filière. Cette démarche commune a consisté notamment à construire une matrice de données en définissant différents niveaux de rupture dans l’utilisation des pesticides, allant du niveau intensif à l’agriculture biologique (qui n’utilise pas de produits de synthèse mais qui peut avoir recours à d’autres produits, notamment le cuivre et le souffre), les niveaux intermédiaires étant l’agriculture raisonnée, l’agriculture à bas niveau d’utilisation de pesticides et l’agriculture intégrée (cf. tableau 1).

Dans le plan ECOPHYTO 2018 différentes actions visent à améliorer l’information des agriculteurs (création d’un réseau d’épidémiosurveillance), à diffuser les bonnes pratiques agricoles (création de réseaux de fermes de référence), à développer les formations et à améliorer l’utilisation du matériel. Un indicateur (le NODU), mis en place pour suivre la consommation des pesticides est calculé depuis 2008 ; il doit permettre de juger de la réalisation de l’objectif de réduire de moitié l’emploi des pesticides.

Dans le cadre de la loi sur l’eau et les milieux aquatiques. (2006), la protection des aires d’alimentation de 500 captages, les plus menacés par les pollutions diffuses, a par ailleurs été décidée, ce qui implique des actions particulières pour l’agriculture couvrant ces surfaces.

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L’emploi des produits phytosanitaires en valeur (2 310 millions d’euros, selon le Rica, soit 5 % du produit brut des exploitations hors subventions) incombait, en 2006, pour 67 % aux grandes cultures (hors légumes), 8 % aux fourrages, 15 % aux vignes, 5 % aux fruits et 5 % à l’horticulture et aux légumes de plein champ (cf. tableau 2). La consommation en valeur des produits phytosanitaires est très corrélée à l’indicateur de fréquence de traitement (cf. encadré 1) et on peut donc considérer que la répartition donnée ci-dessus reflète aussi celle de l’IFT.

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La pression sanitaire varie évidemment selon les productions et elle est notamment forte en viticulture, en cultures fruitière et légumière. L’IFT moyen de la vigne est en effet de 13 et celui des fruits de 17 (36 pour les pommes). En grandes cultures, les dépenses de phytosanitaires s’établissent à 134 euros par hectare pour un IFT moyen de 3,8. Celui-ci est aussi très différent selon les produits : l’IFT est environ de 16 pour la pomme de terre, 6 pour le colza, 4 pour le blé et 2 pour le tournesol.

Source : http://agriculture.gouv.fr/lutilisation-des-pesticides-en-france-etat-des-lieux-et-perspectives-de-reduction


Question 1

Qu’est-ce qu’un pesticide de synthèse ?

Un pesticide de synthèse est un insecticide, fongicide, etc., créé en industrie à partir d’un ou plusieurs composés actifs, conférant au produit son effet désiré, et d’un ou plusieurs additifs, renforçant l’efficacité du produit.

N’hésitez pas à vous servir d’internet si vous ne savez pas !

Question 2

Quel est l’objectif du plan ECOPHYTO 2018 ? Qui l’a mis en place ?

Le plan ECOPHYTO 2018 vise à réduire de moitié l’utilisation de pesticides de synthèse en une dizaine d’année, soit jusqu’en 2016. Il a été mis en place par le Grenelle de l’Environnement (France).

Question 3

Qu’est-ce que le certiphyto et à quoi sert-il ?

Le certiphyto est le « certificat individuel produits phytopharmaceutiques » de formation, destiné aux agriculteurs afin de les former à l’utilisation raisonnée des pesticides.

Question 4

Qu’est-ce qu’une ferme pilote ?

Une ferme pilote vise à tester différents modes de cultures et/ou d’élevages et de les optimiser, afin d’en faire profiter l’ensemble des agriculteurs.

Question 5

Quelles sont les avancées effectives en 2008 ?

En 2008, plusieurs avancées ont déjà été mises en place. Plus de 30 produits jugés trop toxiques ont été éliminés du marché, l’Etat a instauré une taxe sur les produits phytosanitaires suivant leur degré de toxicité, le plan ECOPHYTO 2018 a été lancé afin d’améliorer les connaissances des agriculteurs concernant l’usage de pesticides. Le NODU a d’ailleurs été instauré. C’est un indicateur d’utilisation de pesticides. Enfin, la protection des aires d’alimentation de 500 captages a été décidée.

Question 6

Quels sont les 4 groupes « production » évoqués ?

Les 4 groupes « production » évoqués sont les grandes cultures, la viticulture, la culture de fruits et celle de légumes.

Question 7

Quel est l’objectif en terme de niveau du plan ECOPHYTO 2018 ?

Le plan ECOPHYTO 2018 équivaut à passer l’ensemble des agriculteurs français en agriculture intégrée, soit à atteindre le niveau N2c.

Question 8

Quel est le type de culture nécessitant le plus de pesticides par hectare en 2006 ?

En 2006, ceux sont les cultures de fruits qui nécessitent le plus de pesticides.

Question 9

Pourtant, à cette même date, la majorité de l’emploi des produits phytosanitaires incombe à un autre type de culture. Lequel et pourquoi ?

A cette même date, ce sont les grandes cultures qui nécessitent le plus de pesticides (67%). Bien qu’elles ne demandent pas autant de pesticides par hectares que bien d’autres cultures (134€/ha), les surfaces cultivées sont bien plus importantes avec 45,7% des surfaces agricoles cultivées.

Question 10

Est-il plus raisonné d’avoir des cultures avec un IFT faible ou élevé ?

Un IFT (indicateur de fréquence de traitement) est d'autant plus raisonné qu’il est faible. En effet, plus il sera fort, plus la fréquence de traitement sera forte et l’utilisation de pesticides importante.

IFT = indicateur de fréquence de traitement.

Question 11

Est-il judicieux de favoriser les grandes cultures par rapport aux autres types de cultures ?

Il est donc judicieux de favoriser les grandes cultures, puisque l’utilisation de pesticides par hectare est intermédiaire, et l’IFT relativement bas (en moyenne 3,8). La viticulture et la culture de fruits demandent elles bien plus de pesticides par hectares, pour un IFT moyen 3 fois supérieur et une part dans l’alimentation moindre.