Cours Stage - Le merveilleux dans les contes

Exercice - La Belle au bois dormant, Perrault

L'énoncé

Extrait de La Belle au bois dormant, 1697, Charles Perrault

Un roi et une reine donnent un festin pour le baptême de leur fille. Ils ont invité six fées pour que chacune lui fasse un don mais une septième fée qui n'avait pas été invitée décide de se venger...

La plus jeune lui donna pour don qu’elle serait la plus belle personne du monde ; celle d’après, qu’elle aurait de l’esprit comme un ange ; la troisième, qu’elle aurait une grâce admirable à tout ce qu’elle ferait ; la quatrième, qu’elle danserait parfaitement bien ; la cinquième, qu’elle chanterait comme un rossignol ; et la sixième, qu’elle jouerait de toutes sortes d’instruments dans la dernière perfection. Le rang de la vieille fée étant venu, elle dit, en branlant la tête encore plus de dépit que de vieillesse, que la princesse se percerait la main d’un fuseau, et qu’elle en mourrait.

Ce terrible don fit frémir toute la compagnie, et il n’y eut personne qui ne pleurât. Dans ce moment, la jeune fée sortit de derrière la tapisserie, et dit tout haut ces paroles : « Rassurez-vous, roi et reine, votre fille n’en mourra point ; il est vrai que je n’ai pas assez de puissance pour défaire entièrement ce que mon ancienne a fait ; la princesse se percera la main d’un fuseau ; mais, au lieu d’en mourir, elle tombera seulement dans un profond sommeil, qui durera cent ans, au bout desquels le fils d’un roi viendra la réveiller. »

[...]

Le roi ordonna qu’on la laissât dormir en repos, jusqu’à ce que son heure de se réveiller fût venue. La bonne fée qui lui avait sauvé la vie en la condamnant à dormir cent ans, était dans le royaume de Mataquin, à douze mille lieues de là, lorsque l’accident arriva à la princesse ; mais elle en fut avertie, en un instant, par un petit nain qui avait des bottes de sept lieues (c’était des bottes avec lesquelles on faisait sept lieues d’une seule enjambée). La fée partit aussitôt et on la vit, au bout d’une heure, arriver dans un chariot tout de feu, traîné par des dragons. Le roi alla lui présenter la main, à la descente du chariot. Elle approuva tout ce qu’il avait fait ; mais, comme elle était grandement prévoyante, elle pensa que, quand la princesse viendrait à se réveiller, elle serait bien embarrassée toute seule dans ce vieux château : voici ce qu’elle fit.

Elle toucha de sa baguette tout ce qui était dans ce château (hors le roi et la reine) : gouvernantes, filles d’honneur, femmes de chambre, gentilshommes, officiers, maîtres d’hôtel, cuisiniers, marmitons, galopins, gardes, suisses, pages, valets de pied ; elle toucha aussi tous les chevaux qui étaient dans les écuries, avec les palefreniers, les gros mâtins de la basse-cour, et la petite Pouffe, petite chienne de la princesse, qui était auprès d’elle sur son lit. Dès qu’elle les eût touchés, ils s’endormirent tous, pour ne se réveiller qu’en même temps que leur maîtresse, afin d’être tout prêts à la servir quand elle en aurait besoin. 


Question 1

Quels sont les personnages merveilleux dans cet extrait ?

Les personnages merveilleux sont les bonnes fées et la mauvaise fée, mais on pourrait aussi citer le petit nain et les dragons.

Les personnages merveilleux sont ceux qui n'existent pas dans la vie réelle.

Question 2

Quels sont les sept dons donnés à la princesse ? Pourquoi cela fait-il partie du merveilleux ?

Les sept dons donnés à la princesse sont les suivants : la beauté "la plus belle personne du monde" ; l'intelligence "de l’esprit comme un ange" ; la grâce "une grâce admirable " ; la danse "elle danserait parfaitement bien" ; le chant "elle chanterait comme un rossignol" ; la musique "elle jouerait de toutes sortes d’instruments" ; la mort par fuseau "la princesse se percerait la main d’un fuseau, et qu’elle en mourrait."

Ces dons font partie du merveilleux du conte car ils sont donnés par des fées, qui sont des personnages féériques faisant des actions surnaturelles. Dans la vraie vie, il est impossible de donner des dons à une personne ni de programmer sa mort comme le septième "don".

Question 3

Citer deux objets du conte qui sont merveilleux. Expliquer pourquoi.

Les deux objets merveilleux sont les bottes de sept lieues et la baguette. En effet, ces deux objets sont doués de pouvoirs surnaturels : les bottes permettent d'avancer de sept lieux en une enjambée et la baguette permet d'endormir les gens.

On peut aussi dire que le chariot est un objet merveilleux car il est en feu et de plus, tiré par des dragons.

Ces objets se trouvent dans le troisième ou le quatrième paragraphe.

Question 4

A votre avis, à quel passage du conte rapidement évoqué dans cet extrait, correspond cette gravure de Gustave Doré ? Justifier.

 

Cette gravure de Gustave Doré correspond au moment où le fils d'un roi vient réveiller la Belle au bois dormant, évoqué dans l'extrait lorsque la bonne fée réussit à contrer le sort de la mauvaise fée qui la condamnait à la mort : "elle tombera seulement dans un profond sommeil, qui durera cent ans, au bout desquels le fils d’un roi viendra la réveiller."

Ainsi, on voit le prince arriver au milieu d'une végétation qui a poussé pendant cent ans autour du lit où dormait la Belle.

Le passage est évoqué à la fin du deuxième paragraphe.

Question 5

Lister toutes les actions merveilleuses de cet extrait.

Les actions merveilleuses de cet extrait sont les suivantes : 

- Les sept dons des fées.

- Le contre don de la bonne fait qui change la mort en sommeil.

- Le petit nain qui va prévenir la bonne fée grâce à ses bottes de sept lieux.

- La bonne fée qui arrive sur un chariot en feu tiré par des dragons.

- Le sommeil qui dure cent ans.

- Tous les personnages et animaux du château qui s'endorment grâce à la baguette de la fée.