Cours Stage - La différence entre histoire et mémoire

Exercice - La mémoire à Oradour-sur-Glane

L'énoncé

Document : Oradour-sur-Glane et la construction d'un centre mémoriel au coeur des enjeux de mémoire.

Les ruines d’Oradour-sur-Glane sont devenues un lieu de pèlerinage comparable en fréquentation, au plan régional, au site lotois de Rocamadour. Le conseil général de la Haute-Vienne décida en 1993 la construction d’un équipement culturel « d’accueil et d’information » destiné à recevoir les visiteurs des ruines du village martyrisé le 10 juin 1944. (...) Des historiens et des philosophes, et notamment Pierre Laborie et Paul Ricœur ont mis en évidence l’écart entre le désir identitaire des mémoires et les récits historiques construits à partir de documentations. Le plus souvent le travail de l’historien déçoit le témoin, qui le récuse. L’histoire du « temps récent » (la formule est de Ricœur) n’est donc pas indemne d’interventions d’acteurs déniant aux historiens la capacité à rendre compte de leur vécu. (...) Un conseil scientifique fut chargé d’aborder le contenu (de l'équipement culturel). Composé de six personnes qualifiées choisies d’un commun accord par le préfet et le président du conseil général du département, il se réunit pour la première fois en mai 1994, après le choix du scénographe. Il comprenait trois historiens, Madeleine Rebérioux, Alain Corbin et Robert Frank. Ses trois autres membres étaient le président de la Fondation de France, Olivier Philip, engagé dans la France libre et ancien préfet en poste dans le département, Marc Wilmart, journaliste de télévision qui avait réalisé le documentaire sur Oradour et Jean-Marc Lavieille, universitaire enseignant le droit international et militant associatif pour la paix. (...) Selon la demande du maître d’ouvrage, le conseil scientifique devait « écrire le message d’Oradour ». Robert Frank récusa ce point en précisant que les historiens ne pourraient proposer une grille de lecture de l’événement que lorsque celui-ci et son contexte seraient mieux connus. (...) Comprendre et expliquer le massacre du 10 juin à Oradour relève d’un travail académique d’historien une fois la difficulté d’accès aux sources surmontée. (...) Nous nous sommes heurtés à des instrumentalisations des mémoires fondatrices du poids des morts sur les vivants, c’est-à-dire à une forme immuable du sacré. Le « rattrapage de la mémoire par l’histoire » pouvait ne pas satisfaire les promoteurs du Centre de la mémoire.

"Le centre de la mémoire d'Oradour", dans Vingtième Siècle, Jean-Jacques Fouché.


Question 1

Contextualiser Oradour-sur-Glane en tant qu'évènement historique. Qui sont les acteurs principaux de la mémoire d'Oradour-sur-Glane ?

Oradour-sur-Glane est un village qui se situe dans le Limousin, près de Limoges. Durant la Seconde Guerre mondiale, en 1944, les nazis ont exterminé la quasi intégralité du village et de ses habitants. Le village comptait plusieurs centaines d'habitants. Hommes, femmes et enfants ont été tués par une unité de SS. La mémoire du massacre est portée par les anciens habitants et hommes politiques qui se qualifient de martyrs. 

Question 2

Selon l'auteur, quels sont les problèmes rencontrés pour la construction du centre mémoriel ? 

 

 

À la suite des massacres, l'idée fut rapidement portée de créer un lieux de mémoire. Cela tient d'abord dans la non-reconstruction du village. Ensuite, en 1993, les autorités publiques décident de la construction d'un centre mémoriel, avec un "équipement d'accueil et d'information" car le site est devenu très fréquenté, autant par des curieux que par des touristes ou encore des élèves. 

Quant aux difficultés, le document évoque les "instrumentalisations des mémoires fondatrices du poids des morts sur les vivants". En effet, les conflits sur les mémoires tiennent en la diversité des acteurs. Très tôt, il y a eu une division entre les acteurs (survivants, enfants des décédés, entre camps politiques opposés).

Question 3

Comment histoire et mémoire furent-elles conciliées ?

Par le biais d'un "conseil scientifique". L'auteur cite la présence de plusieurs historiens (trois), à savoir Madeleine Rebérioux, Alain Corbin et Robert Frank. Ces derniers composent le conseil scientifique, avec aussi des hommes politiques. Malgré cela, la recherche du consensus resta difficile. De fait, l'auteur évoque que "Le « rattrapage de la mémoire par l’histoire » pouvait ne pas satisfaire les promoteurs du Centre de la mémoire."

Question 4

Pour finir, recopier le tableau au brouillon et y placer les termes suivants :

Individuelle ; fragmentée ; objective ; subjective ; universelle ; scientifique ; sentimentale ; partielle ; analysée ; recul ; sentiments ; représentations ;  témoignages ; partiale.

 

Histoire Mémoire
   
Histoire Mémoire

Objective

Universelle

Scientifique

Analysée

Recul

Témoignages

Consensuelle 

 

Individuelle

Fragmentée

Subjective

Sentimentale

Partielle

Sentiments

Représentation

Reconstruction

Témoignages

Partial

 

Il est possible que certains termes puissent être dans les deux colonnes.