Cours Stage - Mers et océans : au cœur de la mondialisation

Exercice - Le port du Pirée

L'énoncé

Document : Le port du Pirée cédé au chinois Cosco

Seul en lice, le groupe Cosco l’a emporté avec une offre sur le port d’Athènes de 368,5 millions d’euros. Le groupe s’est engagé sur des investissements de 350 millions d’euros.

La privatisation a valeur de test pour les créanciers de la Grèce et elle semble désormais irrévocablement engagée. L’Agence grecque de privatisations (Hraf) a annoncé mercredi 20 janvier avoir « accepté » l’offre améliorée déposée par le géant chinois Cosco s’élevant à 368,5 millions d’euros pour l’achat de 67 % de la société du Port du Pirée (OLP), 51 % dans un premier temps et 16 % dans les cinq prochaines années. « Seulement et seulement si Cosco respecte ses engagements d’investissements », précise une source gouvernementale.

Car l’entreprise chinoise s’est engagée à investir 350 millions d’euros dans la rénovation et l’amélioration des structures du port. Si l’on ajoute à ces montants, les 410 millions d’euros de revenus attendus de cette concession, l’accord représente une somme de 1,5 milliard d’euros, souligne le communiqué de la Hraf.

Cosco (China Ocean Shipping Company), dont le siège est à Hong Kong, était le seul candidat en lice. Les autres candidats, le Danois APM et le Philippin International Container Terminals Services (ICTS) se sont retirés en 2015 et se focalisent désormais sur la privatisation à venir d’autres ports grecs et notamment du port de Thessalonique, la deuxième plus grande ville de Grèce.

(...)

Cosco est déjà présent au port du Pirée depuis 2008 où le groupe exploite deux terminaux de conteneurs. Avec l’acquisition de deux nouveaux terminaux, l’idée est de transformer le port en plus grand centre de transit du sud-est de l’Europe, et à en faire « un pont entre l’Asie et l’Europe ».

(...)

Cette privatisation, lancée en mai 2014 avait pris un retard considérable après l’arrivée au pouvoir en janvier 2015 du gouvernement de gauche radicale (Syriza) d’Alexis Tsipras qui s’opposait totalement à la privatisation des grandes entreprises publiques grecques.

Mais sous la pression des créanciers, M. Tsipras s’est finalement vu contraint de faire avancer cette opération afin d’obtenir un troisième plan d’aide à son pays, assorti d’un prêt de 86 milliards d’euros sur trois ans. (...)

LeMonde.fr, 21/01/2016, Adéa Guillot

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Crédits photo : Alkis Konstantinidis/Reuters


Question 1

Quel est le principal fait relaté par cet article ?
Cet article relate la privatisation du port grec du Pirée à Athènes, soit le rachat de la majorité des parts de la société du Port du Pirée (OLP), organisation publique, par l’entreprise privée chinoise « Cosco ».

Question 2

Quel est l’intérêt d’une entreprise étrangère à racheter les infrastructures du port du Pirée à Athènes ?
Une entreprise étrangère qui œuvre dans le transport maritime a intérêt à racheter les infrastructures du port du Pirée à Athènes dans la mesure où celui-ci occupe une place de choix dans les grandes routes maritimes mondiales. Le développement du port est intrinsèquement lié à l’essor du commerce mondial de marchandises, et participe à celui-ci. En outre, la possession d’une infrastructure nationale majeure telle qu’un grand port maritime permet au groupe privé de peser dans les décisions politiques locales, de faire valoir ses intérêts dans les arbitrages économiques nationaux, voire à une échelle politique internationale plus large selon la capacité de rayonnement du port.

Question 3

Quels sont les enjeux pour le gouvernement grec de cette privatisation ?
Au cours d’une période de crise budgétaire où le gouvernement grec ne parvenait plus à rembourser ses créanciers, la privatisation d’une grande entreprise publique lui permet à court terme de renforcer sa trésorerie et de faire face à une partie de sa dette. Cependant, le gouvernement n’est pas favorable à cette privatisation ainsi que le rappelle le document, dans la mesure où elle engendre la perte d’une source de ressources économiques et financières importante pour l’Etat, et qu’elle implique une perte d’influence de la puissance publique dans la régulation de l’économie nationale.

Question 4

En s’appuyant sur les éléments mis en avant par le texte du document, expliquer en une quinzaine de lignes dans quelle mesure le contrôle du port du Pirée est-il un enjeu géostratégique d’ordre international.

D’après l’article du Monde, le rachat par le groupe chinois Cosco du port du Pirée s’appuie sur un projet de développement qui vise « à le transformer en plus grand centre de transit du Sud-Est de l’Europe, et à en faire « un pont entre l’Asie et l’Europe ». Cet achat est donc un levier pour le groupe Cosco pour étendre son positionnement au sein de la concurrence internationale pour le contrôle des routes maritimes, et illustre l’importance des enjeux économiques et financiers qui y ont attrait, avec 1,5 milliard d’euros mobilisés.

Le positionnement de deux autres concurrents internationaux de Cosco pour le rachat du port, le Danois APM et le Philippin ICTS montre la véritable internationalisation de cette concurrence, avec différents groupes ayant intérêt à accroître leur influence et leurs implantations dans le Sud-Est méditerranéen.

Enfin, ce type de dossier économique et financier réunit et oppose un Etat à un groupe privé, et souligne par ici, la concurrence des enjeux qui confronte une puissance nationale, portant le développement économique de sa nation, à une entreprise étrangère, désireuse de capter une ressource locale pour accroître son positionnement international.