Cours Stage - La France, une nouvelle place dans le monde

Exercice - La politique extérieure de la France de 1945 au début des années 1970

L'énoncé

Rédiger une composition à l'aide des questions sur le sujet suivant : La politique extérieure de la France de 1945 au début des années 1970.


Question 1

Rédiger l'introduction.

Depuis la Révolution, la France est convaincue d’incarner les valeurs universelles issues des Lumières et a voulu faire rayonner son modèle à l’échelle du monde. Elle est jusqu’en 1939 une puissance impériale, c’est une grande puissance disposant d’un vaste empire qui s’étend sur tous les continents.

Après la Seconde Guerre mondiale qui l’a affaiblie et divisée, elle n’est plus qu’une puissance moyenne, intégrée au bloc de l’ouest et dépendant de l’aide américaine. Son empire semble alors lui assurer un large rayonnement mais il est en sursis.

Quels ont été les choix de la France en matière de politique étrangère et plus largement dans son rapport au reste du monde afin de concilier puissances moyennes et maintien d’un rayonnement mondial ?

Nous verrons dans un premier temps les grandes orientations de la politique étrangère de la France. Nous étudierons ensuite la volonté d’indépendance de sa puissance diplomatique militaire. Enfin, nous remettrons en cause le rayonnement économique et culturel français de cette époque.

N'oubliez pas que l'introduction doit comporter une définition des termes du sujet, un rappel des bornes spatio-temporelles et du contexte, une problématique, un rappel du plan.

Question 2

Élaborer un plan détaillé.

I. Les grandes orientations de la politique étrangère de la France

 

A. De la décolonisation à la coopération

Décoloniser, c’est renoncer aux derniers attributs d’une grande puissance. La IVe République a eu une attitude ambiguë face à l’empire colonial, d’où un processus d’abord difficile, conflictuel, avec 16 ans de guerre coloniale continue (1946-54/1954-62).

De Gaulle, qui revient en 1958, comprend vite que la décolonisation est incontournable, il l’achève pratiquement (Pays d’Afrique noire en 1960, Algérie en 1962). Il pense que la puissance de la France a plus à gagner à l’expansion économique qu’au maintien d’un empire. Des liens sont conservés avec les anciennes colonies sous la forme d’accords de coopérations économique, culturelle, et militaire. Ces pays ont servi de relais à la France à l’ONU. La France s’est aussi voulu un partenaire privilégié du Tiers Monde. Il existe d’ailleurs un ministère de la coopération.

Enfin la France a conservé une partie de ses possessions d’Outre-Mer, sous forme de départements, de territoires qui lui assure la 2e zone maritime économique exclusive

 

B. Entre engagement occidental et volonté d’indépendance 

La France choisit le camp occidental et la IVe République fait preuve d’atlantisme. Elle accepte le plan Marshall et entre dans l’OTAN, si bien que les forces militaires américaines restent sur le territoire français après la guerre.

A partir de 1958 avec de Gaulle et la Ve République, une volonté d’indépendance et une politique de grandeur nationale s’impose. Elle peut s’appuyer sur la fin du conflit en Algérie, elle se débarrasse de cette guerre qui donnait une mauvaise image de la France notamment dans le Tiers Monde.

La France se dote également de l’arme atomique dès 1960, c’est la stratégie de la dissuasion nucléaire. La France quitte le commandement militaire intégré de l’OTAN en 1966. En cas de conflit, elle sera donc libre d’engager ou non ses forces armées.

 

C. Le choix de l’Europe confirmé

La IVe République engage la France dans la construction européenne (CECA en 1951 et CEE en 1957). La France a considéré que l’Europe était un moyen de peser davantage dans le monde, c’est sans doute en partie vrai parce que la CEE puis l’UE ont plus de poids dans les négociations commerciales internationales que des Etats isolés.

 

II. Une puissance diplomatique et militaire qui se veut indépendante 

 

Si la France est une puissance moyenne, elle n’est pas qu’une simple puissance régionale, elle s’efforce de maintenir un rayonnement mondial.

 

A. Une puissance militaire qui compte

C’est tout d’abord une puissance atomique avec une force de dissuasion nucléaire.

La France se distingue par sa présence militaire à l’étranger, par les interventions à l’extérieur (nombreuses en Afrique). Ces interventions révèlent la volonté de la France de maintenir sa capacité de projeter ses forces à l’étranger.

 

B. Une influence à l’échelle mondiale et une place importante dans les institutions internationales

La France est dotée d’un grand réseau d’ambassades, de consulats et autres institutions.

Elle est l’un des cinq membres permanents de l’ONU et possède le droit de veto. Son poids à l’ONU a été renforcé par les liens qu’elle entretient avec ses anciennes colonies. Le siège de l’UNESCO se situe à Paris. La France a toujours tendance à placer sa diplomatie sous le signe des grands principes universels des droits de l’homme, sous le signe aussi de l’égalité des nations et du multilatéralisme, positionnement qui peut contribuer à un soft power français.

 

III. Poids économique et rayonnement culturel : des positions menacées ?

 

A. Une économie ouverte sur le monde

La France a été un pays avec la croissance la plus forte des Trente Glorieuses. C’est un pays ouvert sur les échanges mondiaux.

L’Etat a joué un rôle important dans le rayonnement économique de la France notamment par le biais d’une politique de modernisation du pays : soutien des grandes entreprises françaises susceptibles de s'imposer à l'international, appelées champions nationaux, politique d’aménagement du territoire, amélioration du réseau de transport français, choix du nucléaire tant civil que militaire.

 

B. Un rayonnement culturel en crise ?

Très affaiblie après la guerre, la France a d’abord hésité quant à l’attitude à adopter concernant son empire. Elle a d’abord pensé que son maintien était le préalable à son redressement puis elle a accepté la décolonisation mais en conservant des liens avec ses anciennes possessions. Face aux Etats-Unis, la France qui a choisi le camp occidental a d’abord fait preuve d’atlantisme puis d’une indépendance parfois ombrageuse. A partir de de Gaulle cette volonté d’autonomie a été maintenue.

Le plan doit être thématique ou chronologique : quelle forme est la mieux adaptée au sujet ?

Question 3

Rédiger une conclusion

Après 1945, la France a cherché à préserver son rayonnement mondial faute d’être restée une grande puissance. Elle a utilisé pour cela la construction européenne, une politique en faveur de l’industrialisation et du progrès technologique. La situation diplomatique internationale, la prospérité économique, la parole gaullienne ont pu faire croire à un renouveau dans les années 1960. Mais le discours sur la grandeur nationale n’a pas fondamentalement changé la donne. Ce souci d’indépendance qui s’est manifesté vis-à-vis des américains et vis-à-vis de l'Europe était tout à fait particulier de l'esprit politique du général de Gaulle et a marqué le gouvernement de la France de cette époque et ce jusqu’à la disparition du général en 1970.