Cours Stage - Monde du travail et emploi

Exercice - Le halo du chômage

L'énoncé

Document : Le "halo du chômage" selon Jacques Freyssinet

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Source : yam.dyndns-wiki.com


Question 1

Définir les notions d'emploi, chômage et inactivité.

L'emploi est une situation où une personne effectue un travail légal, déclaré et rémunéré, soit sous forme d'un contrat, comme auto-entrepreneur ou professionnel libéral.

Le chômage est une situation dans laquelle une personne n'a pas d'emploi mais en cherche un.

L'inactivité est une situation où une personne n'a pas d'emploi et n'en cherche pas.

Question 2

Pourquoi le temps réduit volontaire et le temps réduit involontaire ne sont-ils pas placés au même endroit sur ce schéma ?

Le temps réduit volontaire est à cheval entre l'emploi et l'inactivité. En effet, pour les heures travaillées, il s'agit d'un emploi. Pour les heures non travaillées, il s'agit d'une forme d'inactivité, puisque la personne a choisit de ne pas travailler pendant ces heures-là, et ne cherche donc pas à être employée plus longtemps.

Dans le cas du travail réduit involontaire, les heures travaillées sont bien un emploi, mais les heures non travaillées sont subies. La personne aimerait travailler plus, elle cherche un emploi sur ces heures non travaillées, comme un chômeur cherche un emploi. Cela explique qu'il soit à cheval entre emploi et chômage.

Il faut comprendre à quoi correspond la halo du chômage, et donc ces cases hors des trois grands cercles que sont le chômage, l'inactivité et l'emploi.

Question 3

Expliquer les placements de "Formation", "Cessation anticipée d'activité" et "chômeurs 'découragés'".

La formation est une situation entre le chômage et l'inactivité car si les personnes qui étudient sont inactives (elles ne cherchent pas à court-terme un emploi), la formation continue des chômeurs a bien pour objectif de trouver un emploi. Si les chômeurs en formation sortent effectivement de la catégorie "chômeurs", cela n'est que temporaire.

La cessation anticipée d'activité est à cheval entre le chômage et l'inactivité. Il s'agit des situations de "pré-retraites". Les personnes ne travaillent plus, comme des retraités, ce qui expliquent qu'ils soient considérés comme inactifs. Mais elles peuvent être considérées comme chômeuses car ces personnes continuent de percevoir une partie de leur salaire, et ne sont pas tout à fait sortie de l'emploi.

Les chômeurs "découragés" sont des chômeurs qui renoncent à chercher un emploi. Ils ne sont donc plus au chômage, car ils en cherchent plus d'emploi, mais ils ne sont pas tout-à-fait inactifs, car ils n'ont pas choisi de renoncer à la recherche d'emploi.

Les dispositifs de cessation anticipée d'activité (CATS) permettent à certains salariés de cesser leur activité et de percevoir un revenu de remplacement versé par leur entreprise. Leur contrat de travail est suspendu. Le revenu de remplacement est partiellement pris en charge par l'Etat.

Question 4

Pourquoi le travail clandestin se trouve-t-il au centre ?

Les travailleurs clandestins ont tout comme des personnes en emploi, un travail, une rémunération, mais cela n'est ni légal, ni déclaré, ce qui ne permet pas de les placer en emploi.

Les travailleurs clandestins sont donc considérés comme inactifs officiellement, puisqu'ils n'ont officiellement pas d'emploi et n'en cherchent pas un puisqu'ils sont dans les faits "occupés" par leur travail clandestin.

Les travailleurs clandestins sont aussi dans une situation comparable au chômage, dans la mesure où ils ne choisissent, en général, par leur situation clandestine, et ils cherchent donc un emploi "officiel" qu'ils n'ont pas.

Il est au croisement des trois notions : emploi, chômage, inactivité.

Question 5

A partir de ce document, définir le « halo du chômage ».

Le « halo du chômage » est constitué selon l’Insee de personnes qui souhaitent travailler mais ne sont pas comptabilisées comme chômeuses selon la définition du Bureau international du travail. Cette définition est très restrictive : il faut être disponible dans les deux semaines pour reprendre un emploi pour être comptabilisé. Une personne qui souhaite reprendre une activité dans trois semaines est donc classée comme “inactive” et non comme au chômage.

L’Insee réalise une enquête spécifique pour évaluer cette population qui comprend une partie des découragés du marché du travail, par exemple les mères de familles (rarement les pères) qui ne trouvent pas de solution de garde mais souhaiteraient travailler et doivent prendre en charge leurs enfants. On y trouve aussi des personnes en formation mais qui souhaiteraient travailler.

Question 6

Freyssinet a imaginé son modèle de "halo" en 1984. Depuis sont apparus les auto-entrepreneurs. Où pourrait-on les placer sur le schéma ?

Un auto-entrepreneur est en situation d'emploi. Il est à son compte. Or, il est dépendant de la demande, soit de ses clients, soit des entreprises pour lesquelles il travaille. Il se peut donc qu'il corresponde à la situation d'un travailleur qui subit un temps réduit involontaire, ce qui le place dans une situation à cheval entre l'emploi et le chômage. Or, cela ne peut pas être considéré comme du chômage, car l'auto-entrepreneur ne cherche pas un emploi, mais des débouchés pour son activité. On peut donc placer les auto-entrepreneurs comme au centre de ce schéma, au croisement entre emploi, chômage et inactivité.