Cours Stage - Travail et intégration sociale

Exercice - Les conflits du travail

L'énoncé

Le document qui t’est proposé est tiré du sujet suivant : Analyser les mutations des conflits du travail.


Source : d'après la DARES, février 2007


Question 1

Qu'est ce qu'un conflit du travail ?

Un conflit du travail est un affrontement au sein de l'environnement de travail en vue d'obtenir une amélioration des conditions de travail ou des droits attachés à l'emploi (salaire, emploi, condition et organisation du travail).

Attention à ne pas confondre conflit social et conflit du travail !


Rédige une définition simple mais qui montre bien la spécificité des conflits du travail.

Question 2

Définis les termes grève, débrayage, grève perlée et grève du zèle.

La grève est une cessation concertée et volontaire du travail.

Le débrayage est un arrêt concerté du travail de courte durée (en général quelques heures).

La grève perlée consiste à effectuer le travail au ralenti.

La grève du zèle consiste en une application étroite du règlement qui freine la production.

Rédige des définitions simples et courtes qui expliquent clairement les différences entre ces moyens d’action.

Question 3

Quel terme générique désigne l'ensemble des moyens d'action énumérés dans ce document ?

Ces différents moyens d'action sont regroupés sous le terme de « répertoire d'action collective ». Cette notion a été élaborée par le sociologue Charles Tilly et désigne l'ensemble des moyens d'action disponibles et considérés, dans un contexte donné, comme les plus attractifs et les plus efficaces pour obtenir la satisfaction des revendications.

Il s’agit ici du terme qui désigne les formes de l’action collective les plus mobilisées à un moment donné.

Question 4

Fais une phrase exprimant la signification des données concernant le refus d'heures supplémentaires.

D'après l'histogramme de la DARES datant de février 2007, entre 1996 et 1998, 3.5% des établissements ont déclaré que leurs salariés avaient refusé d'effectuer des heures supplémentaires, entre 2002 et 2004, cette proportion était passée à 9.6% des établissements.

Tu n’es pas obligé(e) de restituer dans ta réponse la provenance exacte des informations (les représentants de la direction) qui rendrait la réponse un peu fastidieuse.

Question 5

Quelle différence cela fait-il, pour les salariés, de recourir à un conflit avec ou sans arrêt du travail ?

Les arrêts de travail sont coûteux pour les salariés car lors d'un arrêt de travail, l'employeur ne verse pas de salaire. Le freinage ou « grève du zèle », la grève perlée, ou encore le refus d'heures supplémentaires, sont des formes moins coûteuses mais qui conduisent tout de même à une réduction des rythmes de production. Ces actions sont toutefois également moins visibles et impliquent donc un moindre écho médiatique des conflits du travail.

Tous les moyens d’actions ne sont pas également coûteux ni également visibles.

Question 6

Décris les principales évolutions des formes de conflit du travail.

D'une manière générale, il y a une tendance à l'accroissement des conflits du travail. En effet, hormis les grèves de deux jours et plus, tous les moyens d'actions semblent avoir été davantage mobilisés entre 2002 et 2004 qu'entre 1996 et 1998.

Ainsi 3% des entreprises de 20 salariés et plus déclaraient que leurs salariés avaient effectué une grève de 2 jours ou plus entre 1996 et 1998, cette proportion était descendue à 2,5% sur la période 2002-2004. En revanche, la proportion de ces entreprises ayant déclarées que leurs salariés avaient effectué une grève de moins de deux jours est passée de 7,5 à 8,8% entre ces deux périodes. La proportion d'entreprises ayant connu un débrayage a, de la même manière, augmenté de 2,5 points. On assiste donc à un changement de la forme des conflits avec arrêt de travail.

On constate par ailleurs un accroissement de toutes les formes de conflits sans arrêt de travail. Par exemple, la proportion des entreprises de 20 salariés et plus déclarant que leurs salariés avaient refusé deffectuer des heures supplémentaires est passée de 3,2% à 9,6% entre les deux périodes.

N’oublie jamais de citer au moins deux données chiffrées et d’en faire une lecture correcte.

Question 7

Quelle forme a le plus évolué ? Comment peut-on expliquer cela ?

La forme qui a le plus évolué est le refus d'heures supplémentaires puisque la proportion d'établissements déclarant que les salariés avaient refusé d'effectuer des heures supplémentaires a augmenté de 6 points entre les deux périodes étudiées.
On peut expliquer cette évolution par le sentiment, souvent exprimé par les salariés, d'une certaine dégradation des conditions de travail au cours des dernières années. Dans ce contexte, il est compréhensible que les salariés ne souhaitent pas travailler au-delà du temps de travail défini dans leur contrat de travail, même s'ils se privent alors d'un revenu supplémentaire.

Il serait pertinent ici de chiffrer l’évolution en calculant la différence entre les deux périodes en point de pourcentage.


Les raisons de cette évolution ne sont pas présentées dans le document. Pense à ce que tu as vu en classe.

Question 8

On parle souvent d'un déclin des conflits du travail, cela te paraît-il justifié ?

Non, on voit bien dans ce document qu'il n'y a pas de réel déclin des conflits du travail. Au contraire, la conflictualité au travail semble s'être accentuée ces dernières années puisqu'en dehors des grèves de 2 jours et plus, toutes les formes de conflit du travail ont été davantage utilisées.

Si tu as traité correctement la question 6, cette question ne te posera aucun problème.

Question 9

Quels éléments de réponse ce document apporte-t-il pour traiter le sujet de dissertation ?

Ce document révèle une transformation de la conflictualité au travail qui est aujourd'hui toujours bien présente.
- Un conflit du travail est un affrontement au sein de l'environnement de travail en vue d'obtenir une amélioration des conditions de travail ou des droits attachés à l'emploi.
- On constate un léger déclin du recours aux grèves de plus de deux jours.
- Toutes les autres formes de conflits se développent de manière plus ou moins importante. La forme de conflit qui se développe le plus est le refus d'heures supplémentaires.
- Au total, on observe une diversification du répertoire d'action des conflits du travail : les formes mobilisées sont aujourd'hui moins coûteuses mais également moins visibles.

Il te suffit ici de reprendre les grandes idées que tu as développées dans tes réponses.


Tu peux tout à fait faire une simple liste des éléments de réponse même s’il faudra évidemment les développer et les organiser dans ton argumentaire.

Question 10

Quels éléments pourrais-tu apporter pour expliquer ces mutations ?

La grève est une forme d'action coûteuse puisqu'elle implique une perte de salaire. Le début des années 1980 en France marque l'entrée dans une longue période de crises et la montée du chômage. Il est donc plus difficile de faire le sacrifice d'une journée de salaire, surtout quand l'employeur menace de remplacer les grévistes par des chômeurs. En outre, le déclin de la classe ouvrière se manifeste également par un déclin d'une certaine solidarité collective qui permettait aux grévistes de s'organiser et de s'entraider pendant les grèves. Cependant, on a vu que les conflits du travail ne disparaissaient pas, bien au contraire. En effet, la précarisation de l'emploi et la dégradation des conditions de travail permettent d'expliquer un certain accroissement de la conflictualité au travail mais également sa transformation vers des modalités moins coûteuses et moins risquées pour les salariés. Mais cette transformation a pour contrepartie de rendre l'action moins visible et donc potentiellement moins efficace.

Il faut ici que tu t’appuies sur tes connaissances de cours pour déterminer quelles transformations économiques et sociales permettent d’expliquer les mutations des formes des conflits du travail que tu as décrit jusqu’alors.