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ROMAN

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L'Étranger, Camus - Oral

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I. Question sur l’ensemble de l’œuvre

 

Comment, dans son roman L’Étranger, Albert Camus défend-il sa philosophie de l’absurde ?

La réponse doit être introduite par la définition de la philosophie de l’absurde. La philosophie de l’absurde, inventée par Albert Camus, est une théorie selon laquelle la vie ne répond à aucune logique. Cet absence de sens n’empêche pas les Hommes de chercher un sens à leur vie, ce qui est absurde. Selon Albert Camus, il faut accepter que notre vie ne répond à aucune logique. Pour comprendre comment le roman répond à cette philosophie, il faut centrer sa réponse sur l’étranger. Le personnage de l’étranger incarne cette philosophie de l’absurde puisqu’il est dépourvu de sentiments. La mort de la mère de l’étranger montre le recul et l’absence de sentiment de ce dernier. Par exemple, dans l’incipit, lorsqu’il apprend, par télégramme, la mort de sa mère, il ne ressent rien. La scène de la veillée funèbre, reflète le détachement de l’étranger, où au lieu de se recueillir, il boit des cafés en fumant des cigarettes. La scène de l’enterrement est frappante également puisqu’il ne ressent rien et se contente d’étudier les invités. Pour faire ressortir l’absence de sentiments qu’éprouve l’étranger, Camus n’écrit que des descriptions cliniques pour remplacer toute forme d’émotions.

D’autre part, l’étranger échappe à toute logique. Il épouse Marie alors qu’il ne ressent pas de sentiments pour elle. Son geste meurtrier n’est pas plus explicable. On ne sait pas pourquoi l’étranger tire quatre coups de feu dans le corps de l’homme mort.

Enfin cet étranger, qui incarne la philosophie de l’absurde, va s’opposer à la société lors de la scène du procès. La société est incarnée par la justice qui cherche à comprendre le geste de l’étranger et impose son explication du geste, au détriment de la réalité. Le procès qui jugeait initialement l’étranger pour son meurtre se transforme en véritable procès contre sa personne. Le procureur et l’avocat font remonter les faits à la cérémonie funèbre de la mère de l’étranger, durant laquelle il n’a pas manifesté de tristesse et lui reproche son manque de sentiments. L’étranger est ainsi condamné pour son crime et parce qu’il ne correspond pas aux codes de la société. Face à la société l’individu seul ne peut faire face. Le procès est un combat idéologique dont le centre est la philosophie de l’absurde. 

 

I. Question sur l’incipit

 

En quoi cet incipit présente-t-il un personnage à rebours des constructions sociales ?

L’énonciation est centrale dans ce roman. Le narrateur est interne, c’est-à-dire que le point de vue est interne. Ce point de vue sert en littérature à avoir accès aux émotions du personnage mais dans le cas de L’Étranger ce point de vue interne est un moyen de montrer l’absence d’émotions du personnage. Par exemple la mort de sa mère n’émeut pas le narrateur ce qui est choquant. Socialement, le lien entre la mère et son enfant est une notion essentielle et logique. Cette absence de tristesse et plus généralement de sentiments le fait immédiatement passer pour un monstre. Dans L’Étranger de Camus, l’énonciation est liée à l’absence de sentiments. Le titre du roman fait sens au moment du procès : l’étranger est étranger à ce qui l’entoure, et ce qui l’entoure correspond autant à ses sentiments que la société. Le verdict du procès condamne non pas un meurtrier mais un étranger dont la vie échappe à toute logique et qui incarne, par là même, la philosophie de l’absurde de Camus.