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ROMAN

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Madame Bovary, Flaubert - Oral

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I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

À quel mouvement littéraire se rattache cette œuvre ?

Cette œuvre se rattache au mouvement réaliste. Cette question peut être un peu ambiguë dans la mesure où Emma Bovary se comporte elle-même comme une héroïne romantique. Elle cherche des amours idéalisées et rêve de grandeur tout en étant toujours ramenée à sa vraie vie, beaucoup moins idyllique. C’est ce que voulait montrer Flaubert : il existe un fossé énorme entre ce qu’on nous présente comme sublime et la réalité. Il illustre le mouvement réaliste : un mouvement littéraire qui s’attache à décrire les choses de manière précise dans ce qu’elles ont de plus quotidien et parfois aussi de moins noble, par opposition au romantisme.

 

Pourquoi Flaubert a-t-il dit « Madame Bovary c’est moi » ?

C’est une phrase qu’il a écrite dans sa correspondance et qui semble un peu énigmatique. Interprétation ouverte : comme Emma Bovary, Flaubert avait un projet assez démesuré de son écriture et une certaine vision de la vie (quand il était jeune), qui correspond à celle d’Emma Bovary, c’est-à-dire qu’il cherchait l’exaltation, l’excès. Puis avec le temps et la lucidité, il s’est rendu compte que c’était une fuite en avant. S’il a gardé ses ambitions sur le plan de la littérature, il a renoncé à ce côté sublime pour la vie quotidienne.

 

II. Question sur la séduction d’Emma par Rodolphe

 

En quoi les circonstances de cette rencontre annoncent-elles l’issue de leur relation ?

La rencontre (au sens amoureux du terme) se fait lorsqu’ils sont tous seuls au premier étage de la mairie. Rodolphe essaie de séduire Emma en lui parlant d’amour et en la gratifiant de discours assez conventionnels. Toutes ces déclarations se font sur fond de comices agricoles dont on entend les bruits ou phrases provenant de l’extérieur. Ces fragments de discours viennent interférer avec le discours amoureux de Rodolphe, ce qui fait perdre en grandeur à ce discours. Emma, complètement subjuguée par Rodolphe, ne s’en rend pas compte. C’est le lecteur qui a la lucidité de voir que ces circonstances-là annoncent qu’il s’agit d’un faux discours amoureux qui décevra nécessairement Emma.

 

III. Question sur la lecture par Emma de la lettre de Rodolphe

 

Cette lettre est-elle une surprise pour le lecteur ?

Après avoir été amants, Emma et Rodolphe se séparent à l’initiative de celui-ci en lui envoyant une lettre de rupture. Cette lettre n’est pas une surprise pour le lecteur car on assiste à la rédaction de la lettre par Rodolphe juste avant. À un moment, il ouvre une boîte où se trouvent les mèches de cheveux de ses conquêtes. On suit ses pensées pendant son écriture. Il se présente presque comme un Don Juan. On assiste ensuite à sa lecture qui va être un choc pour Emma.

 

IV. Question sur l’explicit

 

Comment qualifier cet explicit ?

On ne qualifie pas cet explicit de tragique, même si on assiste à la mort d’Emma. Cela ne suffit pas à définir le tragique qui s’emploi surtout quand il y a des Dieux par rapport auxquels le personnage s’est mis en porte-à-faux avec la fatalité d’un côté prédestiné. Ici, ce n’est pas le cas d’Emma.

L’explicit n’est pas non plus romantique, comme le voudrait Emma puisqu’elle se suicide suite à un dépit amoureux et à des dettes. Mais cela n’a rien de sublime car elle meurt dans d’atroces souffrances en vomissant (avec des détails sur lesquels appuie Flaubert et qui ne sont pas sublimes) pendant qu’un ivrogne chante une chanson à l’extérieur.

Au final, on peut dire que c’est un explicit réaliste, qui insiste sur le côté prosaïque du quotidien.