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Antigone, Anouilh - Oral

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I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

Quels sont les enjeux de cette réécriture ?

Cette question peut être comprise de telle sorte : pourquoi Jean Anouilh décide-t-il de reprendre le mythe d’Antigone ?

Un élément de réponse se trouve dans le contexte historique. Jean Anouilh écrit cette pièce en 1944, dans un contexte politique particulier puisque la France est gouvernée par le régime de Vichy, régime autoritaire ressemblant à la tyrannie du gouvernement de Créon dans le mythe. Reprendre Antigone permet de rendre hommage aux forces françaises libres et aux résistants. Antigone est l’histoire d’une individualité, montrée dans sa fragilité car Antigone est une femme, et plus exactement une enfant. Elle est confrontée au roi Créon, un homme adulte, incarnant le pouvoir politique. Les forces des deux protagonistes sont déséquilibrées. Autrement dit, c’est l’agneau contre le loup. Anouilh met au coeur de sa pièce un combat politique, celui du courage politique.

Le second élément de réponse est la polémique qu’a provoqué la sortie de la pièce. Lorsque le public a vu la pièce, certains ont trouvé qu’Anouilh valorisait le personnage de Créon. Créon est montré avec sa fragilité, comme l’exprime le prologue dans lequel est racontée la fatigue du roi de gouverner les Hommes. Créon est montré dans son humanité et non comme un tyran. Lors de la confrontation avec Antigone, le dilemme intérieur de Créon est montré dans son discours et révèle sa tentative de la sauver. Il tente de sauver Antigone en appuyant sur les liens filiaux qui les unit, tout en la prévenant de sa mort imminente en raison de sa désobéissance. Créon est une victime du pouvoir. Il se trouve sous le joug de sa propre loi. Anouilh dépasse le contexte historique en introduisant cet aspect. L’auteur sollicite la compréhension du public envers la tyrannie. La polémique dépasse le cadre de la pièce et intervient dans la réalité, au travers du combat contre la tyrannie.

 

D’après cette pièce, dire « non » est-ce faire l’enfant ou agir en héros ?

Le sujet cible le personnage d’Antigone. Le « non » d’Antigone se dirige contre Créon, le pouvoir et les lois. La réponse attendue nécessite les définitions des termes employés dans la formulation de la question. Un enfant ne peut pas dire « non ». Un enfant n’est pas apte à comprendre les enjeux de ce qui se passe autour de lui et ne peut donc pas s’affirmer. Le « non » de l’enfant est immature. Un scène d’Antigone va dans ce sens. Il s’agit de la première scène entre elle et sa sœur Ismène. Ismène prévient Antigone qu’enterrer leur frère est une mauvaise idée, alors qu’Antigone l’a déjà fait mais n’en n’informe pas sa sœur. Les sœurs se livrent à un débat. Ismène avance un argument affectif en mettant en avant que leur frère n’a jamais été bon pour elles. Elle met en avant la figure du roi qu’incarne Créon et par la même occasion la nécessité de lui obéir. Antigone répond à Ismène avec une longue tirade dans laquelle elle avance ne pas vouloir comprendre pourquoi cela est interdit. Elle cite, comme exemple comparatif, la fois où, enfant, elle désirait toucher l’eau sur les dalles, bien que cela lui était interdit. Anouilh donne à sa personne un caractère d’enfant capricieux. Antigone semble agir en enfant en voulant transgresser l’interdit sans exprimer d’arguments convaincants. Elle paraît ne pas saisir les enjeux. Ce refus de compréhension se transforme en acte héroïque. Antigone défie le pouvoir par son refus d’obéir. Antigone refuse de comprendre la loi parce qu’elle la juge injuste. Anouilh érige Antigone en héroïne. Durant la confrontation verbale avec Créon, Antigone domine le débat face au roi désolé. Antigone est héroïque dans sa détermination. Elle sait qu’elle va mourir mais, lorsqu’elle s’est engagée elle savait qu’elle ne pourrait plus reculer et devrait affronter la mort pour aller au bout de ses croyances. Anouilh nous présente un  « non » héroïque plus qu’un enfantillage.

 

II. Question sur le prologue

 

En quoi le prologue fonctionne-t-il comme une scène d’exposition ?

Les enjeux d’une scène d’exposition sont de captiver le lecteur et de lui permettre de comprendre l’intrigue. Une scène d’exposition a aussi pour but de présenter les personnages. Le prologue présente l’ensemble des personnages, individuellement en informant le spectateur des liens qui les unissent et leurs fonctions. Le prologue présente Antigone, fille de roi et sœur d’Ismène, Hémon le fiancé d’Antigone et fils de Créon, et Créon le roi. Le prologue met en place l’intrigue. Il annonce l’histoire des deux frères afin de situer le contexte de la tragédie. L’annonce de la rixe mortelle des deux princes permet d’informer le spectateur de l’ordre donné par Créon, et de la désobéissance d’Antigone. 

Le prologue ne fonctionne pas comme une scène d’exposition classique. Le prologue est raconté par le chœur, le chœur étant un ensemble de comédiens réalisant un monologue. Ce prologue n’est pas une entrée dite in media res, c’est-à-dire une scène où les éléments de l’intrigue sont dissimulés dans un dialogue entre des personnages. Dans ce prologue, pendant l’intervention du chœur, les personnages sont figés. Cette façon de penser le chœur anéanti tout suspense pour les spectateur. Par exemple, lorsque le chœur présente Antigone, il annonce d’ores et déjà sa mort. Le prologue montre l’illusion théâtrale. Le chœur annonce au spectateur par exemple que la jeune fille là-bas sera Antigone dans la pièce. Il présente la comédienne qui va incarner Antigone. Le prologue est une mise en abîme du théâtre. Le prologue d’Anouilh est conforme au prologue de la tragédie antique mais il fonctionne néanmoins comme une scène d’exposition.