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THÉÂTRE

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Rhinocéros, Ionesco - Oral

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I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

À quel mouvement littéraire appartient ce texte ?

C’est un texte théâtral qui relève du mouvement littéraire de l’absurde. Ce mouvement est principalement représenté par le théâtre, mais on trouve aussi des romans et des textes philosophiques qui reprennent cette idée d’absurdité de l’existence. Il est apparu face à un désenchantement du monde qui survint après la Seconde Guerre mondiale et cette perte d’espoir en l’avenir se traduit par ce sentiment d’absurdité. Dans la pièce de Ionesco, l’absurdité se voit à travers un certain nombre de situations ou de personnages qui se comportent de manière irréaliste. Par exemple, on a la transformation des personnages en rhinocéros, alors que toute la pièce est menée de manière réaliste avant cela. On peut aussi nommer l’irruption d’un rhinocéros dans la scène d’exposition, ce qui est difficile à mettre en scène et qui est à la limite du réalisme et de l’irréalisme.

 

À quel contexte historique Eugène Ionesco fait-il référence ?

Eugène Ionesco est d’origine roumaine et il est né avant la Seconde Guerre mondiale. Cette œuvre fait référence à ce contexte antérieur à la guerre, pendant la montée du totalitarisme, avec l’idéologie nazie qui se répand parmi les compatriotes de Ionesco. Il assiste à ce retournement de pensée en quelques mois et années, qui va être comme une épidémie, selon l’image utilisée par Albert Camus dans La Peste. Cette dimension critique par rapport au contexte politique existe dans Rhinocéros, mais on peut aussi proposer une autre interprétation. À travers ce mouvement d’adhésion à une idéologie, Ionesco va aussi critiquer l’instinct grégaire des hommes qui veulent toujours suivre le troupeau : c’est pour cela qu’il prend comme animal emblématique le rhinocéros.

 

II. Question sur la scène d’exposition

 

Cette scène d’exposition remplit-elle sa fonction ?

La fonction de la scène d’exposition est de présenter lieu, temps, personnages et leurs relations. Dans ce cas, on a le personnage de Jean qui attend Béranger dans un café un dimanche matin, les gens passent et tout est tranquille. On a donc une présentation de temps, de lieu et des personnages, mais en même temps tous les éléments sont décalés. Il y a toute une discussion sur l’heure qu’il est entre les deux personnages. Par rapport au lieu, on a un endroit qui est tellement typique qu’il n’a rien de réaliste : on dirait un décor de carton-pâte. En outre, Jean est présenté comme le personnage qui aurait le dessus sur Béranger, qui serait plutôt celui qui est toujours en retard, qui n’est jamais poli. On verra que cette relation va s’inverser en cours de pièce. En conclusion, la scène d’exposition remplit sa fonction mais pas totalement, car il y a des éléments qui dissonent.

 

III. Question sur la transformation de Jean

 

Peut-on qualifier cette scène de coup de théâtre ?

Un coup de théâtre, c’est quand toutes les attentes qu’on avait à propos de l’intrigue sont déjouées et quand les certitudes qu’on avait cumulées vis-à-vis d’un personnage sont remises en question. Jean, qui semblait être quelqu’un de droit, se laisse gagner par les idées totalitaires et se transforme en rhinocéros. Béranger, qui avait l’air très influençable, ne comprend pas cette transformation. Il y a un coup de théâtre et un retournement de situation, puisque ce qu’on attendait ne se réalise pas.

 

IV. Question sur le dénouement

 

Cette fin est-elle ouverte ou fermée ? Pourquoi ?

Cette fin est ouverte puisque Béranger décide à la fin de ne pas devenir un rhinocéros alors qu’il est en train de se laisser tenter : il est le dernier à ne pas se transformer. Il finit par avoir un « instant de lucidité » final et il décide de rester un homme et de combattre les rhinocéros. L’avant-dernière phrase qu’il dit, quand il prend un fusil, est « Je suis le dernier homme et je le resterai jusqu’au bout ». On peut imaginer qu’il va essayer de chasser les rhinocéros ou qu’il va peut-être se suicider. C’est une fin à partir de laquelle on est libre d’imaginer ce qu’on veut.