Première > Géopolitique et sciences politiques > S’informer : un regard critique sur les sources et modes de communication > Stage - L'information à l'heure d'internet

STAGE - L'INFORMATION À L'HEURE D'INTERNET

Accède gratuitement à cette vidéo pendant 7 jours

Profite de ce cours et de tout le programme de ta classe avec l'essai gratuit de 7 jours !

Démarrer l'essai gratuit

L'information à l'heure d'internet : l'information, enjeu politique

Permalien

Télécharger la fiche de cours Les téléchargements sont réservés uniquements aux abonnés

III. L’information, enjeu géopolitique

 

A. La diffusion des théories complotistes

L’information est un enjeu géopolitique en tant qu’Internet crée un espace. Le cyberespace est un espace dématérialisé qui s’appuie sur des réseaux créés par des ordinateurs, ceux-ci disposent d’une adresse IP pour être identifiés. Le cyberespace est un enjeu considérable de luttes d’influence et de conflits. On remarque notamment la diffusion de théories complotistes qui prennent une ampleur considérable avec Internet. Ces théories sont d’abord diffusées pendant la Guerre froide. On peut citer l’affaire de Roswell en 1947 aux États-Unis, l’assassinat des frères Kennedy dans les années 1960, l’alunissage d’Apollo puis plus tard, aux attentas du 11 septembre 2001. Tout cela n’est donc pas véritable nouveau mais internet décuple les conséquences de ces théories complotistes. On pense par exemple à l’utilisation du complotisme par Al-Qaïda ou Daech à des fins de propagande ou de recrutement, qui diffuse aussi des fausses informations concernant par exemple la situation des musulmans dans les pays occidentaux, ce qui justifierait le combat contre les sociétés occidentales.

Face à cela, on constate une mobilisation d’associations comme Conspiray Watch aux États-Unis ou l’Observatoire du complotisme en France, qui cherchent à dénoncer ces phénomènes.

 

B. Le phénomène des lanceurs d’alerte

Les lanceurs d’alerte, « whistle blowers », révèlent de réels malversations et complots. Ils apparaissent dès la guerre de Sécession en 1863 lorsqu’une loi américaine demandait aux citoyens de dénoncer les entreprises américaines qui travaillaient pour l’État et étaient responsables de malversations. Ces lanceurs d’alerte utilisent aujourd’hui Internet pour diffuser ces informations. Ainsi, Julian Assange en 2006 diffusa sur WikiLeaks des mails de l’administration américaine concernant les relations avec leurs alliés, révélant des pratiques déloyales en diplomatique. Dans cette lignée, l’affaire Snowden révèle l’espionnage et l’écoute téléphonique réalisée par la NSA (National Security Agency) pour les comptes des États-Unis. Snowden a dû s’enfuir à Hong-Kong puis trouver asile en Russie pour échapper aux poursuites judiciaires.

Parallèlement à ces campagnes de dénonciation, il existe un nouveau journalisme d’investigation qui s’est constitué à travers un consortium. Ils s’organisent ensemble pour révéler des scandales politico-financiers. Par exemple, le scandale qui touche le Luxembourg, LuxLeaks en 2014 ou l’affaire des Panama papers plus récemment en 2016.

Enfin, on observe aussi l’apparition de grandes campagnes de soutien à des causes particulières. Par exemple, le mouvement MeToo soutient la cause féministe ou le mouvement BlackLivesMatter pour lutter contre le racisme relayé sur Internet. Tout ceci met aux prises des individus ou des groupes d’individus, des États, des entreprises, et la gouvernance du net fait défaut pour mieux encadrer l’information.

 

C. Quelle gouvernance du net ?

À l’origine, Internet a été créé comme un espace de liberté au sein duquel l’État ne devait pas intervenir. Or, depuis les années 2000, on se rend compte que les États tentent d’encadrer, seuls dans le cadre des dictatures comme en Chine ou en Russie ou en commun comme c’est le cas avec l’OCDE ou l’Union européenne. La question de la protection des données personnelles est donc centrale. Ainsi, l’UE a-t-elle voté une directive sur la protection générale des données qui doit s’appliquer à tous les pays de l’Union.

De la même façon, la question de la protection des lanceurs d’alerte se pose. Il faudrait un statut pour les protéger mais il est toujours compliqué de discerner ce qui relève de la délation ou de la véritable information. Il n’y a pas de consensus entre l’UE et les autres grandes puissances. Il existe cependant depuis 2005 un cadre de discussion international, l’Internet Governance Forum, qui associe des États, des entreprises, des individus, mais sans législation particulière pour le moment.

Internet est donc un lieu qui réunit une abondance d’informations mais qu’il faut réguler afin d’encadrer les dangers de la désinformation.