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QUELS SONT LES PROCESSUS SOCIAUX QUI CONTRIBUENT À LA DÉVIANCE ?

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Quels sont les processus qui conduisent à la déviance ?

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La déviance est l’ensemble des comportements qui transgressent les normes sociales en vigueur dans une société et qui pour cette raison font l’objet de sanction. La déviance n’est donc que par rapport à des normes : il ne peut y avoir déviance s’il n’y a pas de normes. A ce titre, Durkheim disait que la déviance est un phénomène normal statistiquement, qui existe dans toutes les sociétés. Dans toute société il y a des normes, et toute norme est appelée à être transgressée. La question est de connaître les raisons de la transgression des normes. La sociologie propose deux grands types d’explications à la déviance.

 

I. L’anomie

 

L’anomie est la déficience des règles sociales qui sont communément acceptées et qui deviennent incapables de contraindre les comportements des individus. Ces normes sociales s’affaiblissent et deviennent moins prégnantes, moins rigides et moins maitrisées par les individus qui ne sont alors plus en mesure d’avoir des repères clairs.

Selon Durkheim, cette anomie se manifeste par un écart entre ce que l’on peut espérer et ce que l’on peut obtenir. C’est de cet écart que naissent les comportements déviants. Plus tard, le sociologue américain Merton regarde l’anomie comme un décalage entre des objectifs socialement valorisés, ce que l’on doit réussir à atteindre (soit principalement le pouvoir, la richesse et le prestige) et la difficulté d’atteindre ces objectifs par les moyens jugés légitimes par la société. Cette contradiction entre les objectifs à atteindre et les moyens à disposition pour les atteindre est résolue par certains par la déviance.

 

II. L’étiquetage

 

La seconde explication est due à Becker, qui parle de l’étiquetage. Howard Becker est un sociologue américain, de la deuxième école de Chicago. Selon lui, la déviance est un processus fruit d’une suite d’interactions sociales. Il dit que c’est la théorie de l’étiquetage car est déviant l’individu à qui on aura apposé cette étiquette avec succès. Un même comportement peut être déviant mais pas étiqueté comme tel, ou au contraire, un comportement qui n’est pas a priori déviant peut être étiqueté comme tel. La déviance est donc la caractéristique d’un comportement étiqueté comme déviant auprès d’un individu.

Pour Becker, les individus déviants suivent une carrière déviante, c’est-à-dire un processus dans lequel ils font l’apprentissage de la déviance, par étapes. Au début, un individu commet un acte déviant, volontairement ou non. Si c’est involontaire, il peut se corriger. Si cela ne l’est pas, peut-être est-il étiqueté comme déviant. Cela le renforce dans cette carrière, dans cet apprentissage. Au fur et à mesure que l’on progresse dans la carrière déviante, que l’on s’associe potentiellement avec d’autres déviants, il devient de plus en plus difficile de faire marche arrière et de sortir de la déviance. Pour Becker, la déviance s’apprend, c’est un processus.