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DÉLINQUANCE ET STATISTIQUES

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La déviance et la délinquance

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I. Distinguer déviance et délinquance

 

La délinquance est une sous-catégorie de la déviance : il s’agit d’une transgression de norme qui fait l’objet de sanctions pénales. C’est le droit qui prévaut dans la société qui qualifie l’acte délinquant. Par exemple : cracher par terre est un acte déviant parce qu’il transgresse une norme, il n’est pas délinquant. Contrairement au vol, au viol, à la fraude ou l’évasion fiscale, etc.

Comme le droit évolue, un acte jugé normal avant peut devenir délinquant si on le pénalise. Par exemple, le rassemblement dans les halls d’immeuble est un acte délinquant depuis la loi de 2003. A l’inverse, un acte qui était considéré comme délinquant auparavant peut ne plus l’être si on le dépénalise. Par exemple, l’interruption volontaire de grossesse, n’est plus délinquant depuis 1975.

 

II. Mesurer la délinquance

 

A. Les données officielles des institutions judiciaires

Tous les mois, l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales publie des données, telles que le nombre de personnes mises en prison, le nombre de gardes à vue, les faits constatés s’il a des procès-verbaux, les faits élucidés pour chaque acte délinquant, etc. Cet observatoire a estimé qu’entre 2016 et 2017, le nombre de vols en France a augmenté de 20 %.

Attention : les données officielles des institutions présentent des limites :

- Le droit évolue, donc si l’État pénalise de plus en plus certains actes, cela peut faire augmenter les chiffres de la délinquance et inversement.

- Les victimes peuvent sous-déclarer ou ne pas déclarer des actes. Lorsqu’il y a un vol, si on veut se faire rembourser par les assurances, il faut automatiquement porter plainte. De manière inverse, on sait que les viols sont souvent sous-déclarés.

- Le contrôle social effectué par les institutions judiciaires. Si on contrôle plus de gens, cela peut augmenter le nombre de garde à vue, etc., ce qui peut aussi augmenter les chiffres de la délinquance.

 

B. Le « chiffre noir » de la délinquance

Il y a donc une différence entre la délinquance réelle, ce qui se passe dans la société, et ce qui est mesuré par les institutions judiciaires. C’est ce qu’on appelle le « chiffre noir » de la délinquance. C’est un angle mort parce qu’il y a une partie de la délinquance que l’on ne voit pas forcément.

 

C. Les chiffres non-officiels de la délinquance

Il existe des données non-officielles à caractère scientifique. L’objectif n’est pas d’interroger les activités des administrations, mais d’interroger le sentiment de la population et notamment des victimes. A cet égard, il y a les enquêtes de victimation ou de victimisation qui visent à recueillir des témoignages auprès d’un échantillon représentatif.

Par exemple : l’enquête nationale de la violence envers les femmes mise en place en 2000. Cette année-là, on estime que 50 000 femmes de 20 et 59 ans ont été victimes d’un viol. Cependant, ces données non-officielles présentent aussi des limites :

- il peut y avoir une réticence à répondre aux questions,

- il peut exister des erreurs d’interprétation.