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BOOST FRANÇAIS - LA LITTÉRATURE RÉALISTE

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La littérature réaliste

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Le réalisme est un mouvement littéraire. C’est un choix que font certains auteurs dans la manière dont ils vont traiter la réalité, traiter l’histoire, traiter les personnages. C’est un mouvement littéraire qui apparaît au XIXe siècle et qui se prolonge ensuite au XXe siècle.

 

I. Qu’est-ce que le réalisme ?

 

Les représentants du réalisme veulent transcrire fidèlement la réalité et ils veulent le faire dans un but précis, celui de représenter leur époque et leur société au moyen des descriptions, mais aussi des personnages et des histoires qui sont typiques. Cela veut dire que ce sont des histoires et des personnages qui vont représenter en eux toutes les caractéristiques de leur époque, de leur société et en quelque sorte donner à voir la manière dont fonctionne le milieu dans lequel ils gravitent.

Il s’agit d’un mouvement où l’on trouve surtout des romans et des nouvelles. Il n’est pas exclu de parler parfois de théâtre réaliste ou de poésie réaliste. Mais ce sont des auteurs qui ont surtout écrit des romans et des nouvelles. 

 

II. Histoire littéraire

 

Retraçons quelques étapes du roman et la nouvelle dans leur rapport à la réalité.

Au Moyen Âge, il existe le roman de chevalerie et les romans antiques qui parlent de la guerre de Troie, par exemple. Le roman dépeint soit le merveilleux dans les romans de chevalerie avec des faits, des lieux magiques, etc., soit l’extraordinaire, quand on parle de héros comme Alexandre le Grand ou Charlemagne qui sont de grands conquérants, des grands guerriers, etc. À chaque fois, il y a des objets d’admiration dans le roman qui font qu’on trouve aussi beaucoup de superlatifs, d’adjectifs positifs. Dans ces romans, la femme présentée est toujours la plus belle, le chevalier le plus valeureux, tout est extraordinaire.

À la Renaissance, on écrit moins de romans, on écrit plutôt de récits brefs. Ce sont des petites histoires présentées comme des histoires qu’on se raconte le soir pour passer le temps. Ils servent à se divertir, donc l’histoire doit être amusante, souvent sur un fond réaliste. On parle souvent de gens qu’on connaît, ou on fait semblant de dire que les personnages dont on parle sont des gens qui ressemblent à des gens qu’on connaît, et il leur arrive toujours des choses un peu décalées. On a toujours du réalisme mais le but n’est pas de peindre la société du temps ; c’est juste de s’amuser.

Au XVIIe et au XVIIIe siècles, le roman reprend du terrain et sert à autre chose : présenter des psychologies, les sentiments des personnages. On a beaucoup de romans d’amour, des romans épistolaires dans lesquels on va entrer dans l’intimité des personnages. Il y a d’autres types de romans, où on accumule des péripéties où il y a une grande diversité de personnages et où il leur arrive plein de choses bizarres, beaucoup d’obstacles en cascade. Il existe aussi des romans avec de la dérision, par exemple, Le Roman comique de Scarron, où on se moque des gens de toutes les conditions sociales. On retrouve un peu le but du divertissement de la Renaissance.

 

Que se passe-t-il au XIXe siècle quand on arrive au réalisme ?

 

A. Balzac

On a un personnage, plutôt une personne, parce que c’est quelqu’un de réel, qui va révolutionner la manière de concevoir le roman. Balzac décide d’écrire ce qu’il appelle La Comédie humaine. Il l’appelle comme cela en référence à Dante, auteur italien qu’il aime beaucoup qui a écrit La Divine Comédie, pour parler de l’enfer, du paradis et du purgatoire.

Balzac écrit une comédie humaine pour peindre la société de son temps, un peu comme on penserait l’enfer, le paradis et le purgatoire, puisqu’il veut montrer qui fait le bien, qui fait le mal, et comment la société se repose sur la moralité ou l’immoralité des gens pour fonctionner. Il peint la réalité, y compris dans ce qu’elle a de peu glorieux. Le but est de montrer comment la société fonctionne, ce qui ne va pas forcément plaire à tout le monde à l’époque.

 

B. Zola, Maupassant, Flaubert

Ce sont des auteurs parfois qualifiés, notamment pour Zola et Maupassant, de naturalistes. Le naturalisme est une adaptation du réalisme, les deux sont liés. Quant à Flaubert, on ne sait jamais comment le qualifier, mais il s’attache aussi à peindre la réalité pour dénoncer le fait de rêver, le fait d’avoir de grands idéaux qui ne reposent sur rien, et en ce sens, on peut le classer parmi les réalistes.

 

III. Différences d’approches selon les siècles

 

La différence entre les approches du roman et de la nouvelle avant le XIXe et ce réalisme du XIXe, c’est qu’auparavant on essaie d’enjoliver la réalité (ou quand on ne l’enjolive pas, c’est pour s’amuser ou pour se moquer), alors que chez les réalistes, on prend la réalité au sérieux et on veut la montrer telle qu’elle est. On peut observer le cas récemment, par exemple, avec des campagnes publicitaires qui présentaient des corps retouchés : des gens ont mis d’autres photos qui n’étaient pas retouchées et qui montrait donc des vrais corps réalistes. Cela va susciter le dégoût ou l’étonnement des spectateurs.

Les gens qui regardent ces photos ont le même étonnement qu’au XIXe siècle face à des romans qui, au lieu de nous présenter des personnages et des histoires extraordinaires, vont nous remettre dans le quotidien pour nous montrer dans quelle société on vit et comment elle fonctionne. En définitive, des romans qui se demandent, quels sont les dessous de cette société ?

Aujourd’hui, on a beaucoup de séries ou de films qui fonctionnent comme cela, mais au XIXe siècle, c’était une nouveauté. Ces éléments permettent de mieux comprendre et apprécier l’intérêt de ces textes et leur côté un peu révolutionnaire pour leur époque.