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STAGE - LA TRAGI-COMÉDIE ET CORNEILLE

Exercice d'application


Le texte théâtral et sa représentation

  • Exercice - Commentaire, Le Cid, Acte I, scène 6, Corneille, 1636

    Traiter les questions suivantes, puis faire le commentaire du poème.

    1) Définir les caractéristiques générales du texte.

    2) Trouver les axes essentiels du texte qui vont aider à mettre en place le plan.

    3) Trouver une problématique.

     

    Rodrigue, le Cid, est le fils de Don Diègue et l'amant de Chimène, la fille de Don Gormas, qu'il a prévu d'épouser. Or Don Gormas a offensé son père, et Rodrigue doit désormais choisir entre le venger lors d'un duel et perdre sa bien-aimée, ou choisir Chimène et perdre son honneur. 

     

    Percé jusques au fond du cœur

    D'une atteinte imprévue aussi bien que mortelle,

    Misérable vengeur d'une juste querelle,

    Et malheureux objet d'une injuste rigueur,

     

    Je demeure immobile, et mon âme abattue

    Cède au coup qui me tue.

    Si près de voir mon feu récompensé,

    Ô Dieu, l'étrange peine !

    En cet affront mon père est l'offensé,

     

    Et l'offenseur le père de Chimène !

    Que je sens de rudes combats !

    Contre mon propre honneur mon amour s'intéresse :

    Il faut venger un père, et perdre une maîtresse :

    L'un m'anime le cœur, l'autre retient mon bras.

     

    Réduit au triste choix ou de trahir ma flamme,

    Ou de vivre en infâme,

    Des deux côtés mon mal est infini.

    Dieu, l'étrange peine !

    Faut-il laisser un affront impuni ?

     

    Faut-il punir le père de Chimène ?

    Père, maîtresse, honneur, amour,

    Noble et dure contrainte, aimable tyrannie,

    Tous mes plaisirs sont morts, ou ma gloire ternie.

    L'un me rend malheureux, l'autre indigne du jour.

     

    Cher et cruel espoir d'une âme généreuse

    Mais ensemble amoureuse,

    Digne ennemi de mon plus grand bonheur,

    Fer qui causes ma peine,

    M'es-tu donné pour venger mon honneur ?

     

    M'es-tu donné pour perdre ma Chimène ?

    Il vaut mieux courir au trépas.

    Je dois à ma maîtresse aussi bien qu'à mon père :

    J'attire en me vengeant sa haine et sa colère ;

    J'attire ses mépris en ne me vengeant pas.

     

    A mon plus doux espoir l'un me rend infidèle,

    Et l'autre, indigne d'elle.

    Mon mal augmente à le vouloir guérir,

    Tout redouble ma peine.

    Allons, mon âme ; et puisqu'il faut mourir,

     

    Mourons du moins sans offenser Chimène.

    Rechercher un trépas si mortel à ma gloire !

    Endurer que l'Espagne impute à ma mémoire

    D'avoir mal soutenu l'honneur de ma maison !

     

    Respecter un amour dont mon âme égarée

    Voit la perte assurée !

    N'écoutons plus ce penser suborneur,

    Qui ne sert qu'à ma peine.

    Allons, mon bras, sauvons du moins l'honneur,

     

    Puisqu'après tout il faut perdre Chimène.

    Oui, mon esprit s'était déçu.

    Je dois tout à mon père avant qu'à ma maîtresse.

    Que je meure au combat, ou meure de tristesse,

    Je rendrai mon sang pur comme je l'ai reçu.

     

    Je m'accuse déjà de trop de négligence :

    Courons à la vengeance ;

    Et tout honteux d'avoir tant balancé,

    Ne soyons plus en peine,

    Puisqu'aujourd'hui mon père est l'offensé,

     

    Si l'offenseur est père de Chimène.

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