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STAGE - AGROSYSTÈMES ET RENDEMENTS

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La recherche des rendements et de la qualité dans la production alimentaire

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On part du constat qu’il y a 7 milliards d’êtres humains sur Terre et que nous serons environ 9 milliards à l’horizon 2050. Il y a donc un défi pour nourrir tous ces êtres vivants. Pour l’agriculteur dont le métier est de produire des matières animales ou végétales, il y a un objectif : améliorer ses rendements mais aussi la qualité de ses produits. Depuis les années 1950, on cherche à améliorer les rendements par différents moyens, tous basés sur le concept d’agriculture intensive.

 

I. L’agriculture intensive

 

A. Améliorer les rendements

Pour améliorer les rendements, on a mis au point des engrais de plus en plus performants pour nourrir les plantes qui poussent dans les champs. Cela a pour objectif de nourrir une plus grande partie de l’Humanité. En effet, au niveau d’un agrosystème, l’export des matières cultivées comme l’export de céréales, conduit à un appauvrissement des sols. Quand elles poussent, les plantes puisent des minéraux dans le sol, et quand on les exporte, ces minéraux disparaissent du système agricole. Ces engrais sont donc enrichis en azote, phosphore et potassium. Ils viennent renourrir la Terre.

Par ailleurs, on a mis au point un certain nombre de pesticides, c’est-à-dire tous les produits chimiques visant à se débarrasser des nuisibles et qu’on épand sur les cultures. Ils comprennent les herbicides contre les mauvaises herbes, les fongicides contre les champignons et les insecticides contre les insectes. L’ensemble de ces produits prend aussi le nom de produits phytosanitaires car ils sont censés améliorer la santé de l’espèce végétale cultivée dans l’agrosystème.

Enfin, au niveau de l’élevage, on a mis en place l’élevage intensif (par exemple les poulets en batterie) avec des nourritures spéciales pour tel ou tel type d’élevage, pour produire un maximum de viande dans un minimum d’espace et en un minimum de temps.

 

B. Améliorer les variétés

Par ailleurs, on a cherché à améliorer les variétés agricoles. De tout temps, l’homme a essayé de sélectionner et hybrider les végétaux. On a mis au point des techniques d’hybridation scientifiquement plus précises afin de produire des variétés les plus performantes possible pour résister au vent, au froid, aux maladies, aux nuisibles. L’hybridation et la sélection peuvent éventuellement se faire au niveau de l’agrosystème, c’est-à-dire que l’agriculteur peut faire se reproduire telle espèce avec telle autre, que ce soit des animaux ou des végétaux, pour donner une troisième variété.

Il faut les distinguer de la production des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) qui se fait uniquement en laboratoire. Pour produire un OGM, on travaille au niveau de l’ADN. Chez une espèce, on sélectionne un gène intéressant et on le transfert chez une autre espèce. Par exemple, on a transféré des gènes de certaines bactéries à des végétaux pour les rendre résistants aux nuisibles. Par exemple, le maïs a été rendu résistant à certains de ses prédateurs, comme la pyrale, une chenille de papillon. Avec les OGM, on obtient donc des espèces que l’on veut plus résistantes et donc plus performantes.

 

II. Les impacts de l’agriculture intensive

 

Cette recherche de l’amélioration des rendements et des variétés agricoles a un certain nombre d’impacts qui sont devenus plus importants et plus prégnants à partir de la fin du XXe siècle et de nos jours.

 

A. L’impact environnemental des pratiques culturales

L’utilisation des intrants (pesticides, herbicides, engrais, etc.) amène à une pollution forte des sols. En effet, ces molécules ont une durée de vie très longue et persistent dans le sol qui est donc pollué. Il y a également une pollution des eaux, puisque quand les engrais sont apportés en quantité trop grande pour être utilisés par les plantes, ils restent au sol et gagnent les nappes phréatiques quand les pluies s’infiltrent dans le sol. Il y a donc une pollution des eaux de surface et des eaux de profondeur par ces molécules chimiques à durée de vie très longue et qui ne sont pas biodégradables.

Le problème est que ces molécules ont un impact sur la biodiversité dans l’agrosystème que l’on étudie. Par exemple dans un champ de maïs, on cherche à détruire des insectes ravageurs. Mais étant donné que les produits sont transportés dans les sols et dans les eaux en dehors de l’agrosystème, la biodiversité s’en trouve réduite aux alentours des agrosystèmes.

Enfin, il y a une détérioration des écosystèmes, notamment à cause du lessivage des sols. Dans un champ, les sols sont maintenus presque nus dans les différents plants de maïs. Or, des sols nus sont plus fragiles et sont abimés lorsque les eaux de pluie ruissellent à leur surface.

L’ensemble des techniques liées à l’agriculture intensive a donc mené à un poids environnemental lourd que l’on cherche aujourd’hui à contrecarrer.

 

B. L’impact sanitaire

Par ailleurs, il y aussi un impact sanitaire sur les populations humaines. La notion de bioconcentration est le fait qu’une molécule chimique qui peut être nuisible pour la santé humaine se concentre au fur et à mesure de la chaine alimentaire. Quand nous consommons un poisson qui a consommé des polluants dans l’eau, nous concentrons les polluants dans notre corps. Au fur et à mesure, cette concentration est de plus importante et peut amener à des maladies dans des espèces animales et chez les hommes.

Un autre phénomène important est la résistance aux antibiotiques. Des antibiotiques sont utilisés en très grandes quantités dans certains élevages (notamment les élevages intensifs) car comme ils sont concentrés, ils sont susceptibles d’être ravagés par des bactéries. Or, en utilisant trop d’antibiotiques, les bactéries ont tendance à développer des résistances. Or, comme souvent les bactéries qui attaquent les animaux sont souvent les mêmes que celles qui attaquent les hommes, on ne sait plus se défendre face à elles.

Enfin, un ensemble de maladies, allergies, voire cancers serait liés à l’utilisation d’intrants chimiques dans l’agriculture. Ces maladies touchent à la fois la population qui consomme les produits, mais aussi en premier lieu les agriculteurs qui les touchent avant de les épandre dans leur champ.

 

Conclusion : Il existe un certain nombre de solutions qui se sont de plus en plus nombreuses aujourd’hui. Une des solutions seraient de limiter l’agriculture intensive, et notamment d’essayer de réduire l’utilisation des intrants, tous ces produits chimiques ayant un impact environnemental et un impact sanitaire important. Au niveau économique, pour les agriculteurs, utiliser moins d’intrants peut être plus intéressant car cela réduit leurs achats. Certains basculent même vers une agriculture biologique, où ils n’utilisent pas du tout d’intrants. Il y a un certain coût au moment de la transition, mais aussi des bénéfices ensuite puisque les produits biologiques étant meilleurs pour la santé, ils rapportent plus à l’agriculteur qui les vend.