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LES FRISES DU PARTHÉNON

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Quels usages politiques de la mémoire ? Les frises du Parthénon

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Cet exemple a une dimension européenne. Il s’agit de l’étude du Parthénon avec sa frise emblématique. Elle fait l’objet d’une dispute sans fin entre l’Angleterre et le gouvernement grec.

 

I. Le Parthénon, symbole de l’âge d’or de l’Athènes antique

 

A. Chef d’œuvre de Phidias

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Le Parthénon est la colline sacrée d’Athènes et le temple qui abritait la statue chryséléphantine, c’est-à-dire la statue en or et en ivoire d’Athéna, la déesse protectrice de la cité. Il marque l’âge d’or de l’Empire maritime athénien parce que la ville d’Empire au Ve siècle avant J.-C. avait été dévastée dans le cadre des guerres médiques contre les Perses.

Il s’agit donc de la reconstruire pour montrer que dorénavant les Athéniens sont vainqueurs dans cette guerre. Le stratège Périclès prend cette décision et confie ce chantier de toute la colline sacrée, à l’architecte Phidias. Son nom reste comme l’un des plus célèbres des maîtres d’œuvre de l’Antiquité grecque classique. Environ 80 sculpteurs ont travaillé avec lui pour construire ce grand moment raconté par plus de 300 figures et 200 animaux qui est la grande fête des Panathénées.

 

B. La fête des Panathénées

Elle avait lieu à Athènes tous les quatre ans. Sur la frise qui fait le tour du temple, il y a une procession où toute la population est représentée, les soldats et les prêtres. Les jeunes filles que sont les Ergastines sont également représentées (photo). Elles avaient cousu un nouveau peplos (une tunique) pour la déesse Athéna pour lui offrir en grande pompe.

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Il s’agit donc d’un élément de civilisation très fort pour les Grecs.

 

C. Une frise éparpillée

Ce Parthénon a été abimé par les époques et les tremblements de terre notamment, surtout au moment des guerres entre Venise et les Ottomans. Des morceaux se sont détachés progressivement. Aujourd’hui, cette frise, qui faisait 160 mètres à l’origine est éparpillée entre plusieurs musées.

La partie la plus importante des blocs se trouve au British Museum : ils ont 80 mètres. La Grèce possède 60 mètres de cette frise. Il existe d’autres morceaux ailleurs, comme au Louvre qui possède plusieurs plaques, mais aussi au Vatican.

 

II. L’intervention de Lord Elgin : pillage ou sauvetage ?

 

La plaque du Louvre a été ramassée en 1789 sur place et elle a été revendue et léguée au Louvre. Le cas de l’intervention du diplomate anglais, Lord Elgin, alors ambassadeur britannique à Constantinople, est plus active. La question du pillage ou du sauvetage se pose depuis 1901 et encore aujourd’hui.

 

A. Un pays sous tutelle

La Grèce se trouve alors sous la tutelle de l’Empire ottoman. La guerre d’indépendance ne commence qu’en 1820. La dégradation du temple est donc l’un des arguments du sauvetage des plaques. Les éléments sculptés s’abiment, notamment les bas-reliefs. Lord Elgin essaie d’alerter le sultan sur cet état de dégradation mais en vain. Il décide alors d’agir de sa propre initiative et sur ses frais propres. Il envoie une expédition qui démonte les 80 mètres conservés aujourd’hui en Angleterre.

 

B. Le savoir-faire occidental mis en avant

Malheureusement, pendant le démontage, plusieurs blocs de marbres sont brisés. D’autres finissent engloutis car certains des navires connaissent des naufrages. Arrivés en Angleterre, Lord Elgin revend au British Museum ces beaux marbres. Le sauvetage de la destruction est l’argument employé à l’époque, il se dit qu’on pourra les restaurer en Angleterre car le savoir-faire technique est plus important.

Ces arguments de « civilisation supérieure » sont fortement contestés encore aujourd’hui.

 

C. La protestation de Lord Byron (1811)

Dès l’époque, quelques voix s’élèvent pour protester contre ce sacrilège, et notamment le pamphlet de Lord Byron qui fait un voyage en Grèce et remarque ce Parthénon dénudé. Il est choqué par l’action de ses contemporains britanniques. Il affirme qu’il a honte d’être anglais et parle « d’un objet sacré pillé par des profanes mains anglaises ».

Aujourd’hui, on est toujours dans l’émotion. Les discussions s’enlisent car le gouvernement grec ne cesse de réitérer les demandes auprès du gouvernement anglais, d’autant qu’en 2009 Athènes a construit un nouveau musée archéologique, extrêmement moderne et lumineux, mieux adapté que les salles du British Museum. Dans ce musée, il est prévu une place pour les blocs manquants. Surtout, cela aurait une cohérence pédagogique dans la mesure où le musée se situe à deux pas de la colline du Parthénon.

Le gouvernement grec a reçu un soutien de l’UNESCO en 2014 mais le British Museum ne cède pas et récemment, l’argument avancé par son conservateur est de dire qu’il était intéressant que ces blocs soient montrés dans une collection mondiale puisque de nombreuses civilisations sont représentées au British Museum. On constate donc que les arguments s’enlisent et qu’aucune solution n’est envisagée pour l’instant.