Terminale > Histoire-Géographie > Les échelles de gouvernement dans le monde > Une gouvernance économique mondiale depuis le sommet du G6 de 1975

UNE GOUVERNANCE ÉCONOMIQUE MONDIALE DEPUIS LE SOMMET DU G6 DE 1975

Accède gratuitement à cette vidéo pendant 7 jours

Profite de ce cours et de tout le programme de ta classe avec l'essai gratuit de 7 jours !

Démarrer l'essai gratuit

Une gouvernance économique mondiale depuis 1975

Permalien

Télécharger la fiche de cours Les téléchargements sont réservés uniquements aux abonnés

I. La construction d’un ordre économique

 

A. Un ordre qui se construit à la fin de la Seconde Guerre mondiale

A la différence des lendemains de la Première Guerre mondiale, en 1945, on décide, notamment sous l’impulsion des États-Unis du président Roosevelt, d’établir un ordre économique international, garantie de la paix. On pense que la Seconde Guerre mondiale a été causée par le repli des économies nationales sur elles-mêmes à la faveur de la crise des années 1930.

Il y a une dimension idéologique dans cet ordre essentiellement américain. C’est un ordre multilatéral, qui favorise le libre-échange comme gage de la paix, mais cela reste un ordre voulu par les États-Unis qui pensent que cela est bon pour le monde mais aussi favorable à leurs propres intérêts.

Tout cela va aboutir à la constitution de grandes institutions nationales. L’Organisation des Nations-Unies (ONU) a une dimension économique principalement à travers le General Agreement on Tariffs and Trade (GATT, accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) chargé, à partir de 1947, de faire baisser les tarifs de douaniers pour augmenter le commerce mondial.

Les accords de Bretton-Woods qui ont lieu en juillet 1944 établissent un nouvel ordre monétaire international dont le dollar, seule monnaie convertible en or, est le pivot. Cela mène à la création de deux grandes organisations basées à Washington : le Fond Monétaire International (FMI) et la Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement (BIRD), devenue aujourd’hui la Banque Mondiale. Elles viennent au secours des pays en difficultés monétaire et économique pour les aider à stabiliser leur monnaie et se reconstruire après la guerre.

 

B. Le tournant des années 1970

L’ordre issu de la Seconde Guerre mondiale change à partir des années 1970. Un certain nombre de problèmes économiques interviennent à cette époque. Cela commence avec la dévaluation du dollar en août 1971. Cela met un terme au système de Bretton-Woods et conduit à une fluctuation des monnaies les unes par rapport aux autres. En 1973, la crise apparaît avec l’augmentation brutale du prix du pétrole et l’installation dans les pays développés à économie de marché du chômage, de la stagnation économique et d’une faible croissance.

Les grands acteurs de l’économie mondiale (les pays développés industrialisés) à l’initiative de la France, se réunissent en 1975 pour un sommet à Rambouillet pour la première fois, c’est le premier sommet du G6. Il rassemble six grandes puissances, États-Unis, Japon, Allemagne de l’Ouest (RFA), France, Royaume-Uni et Italie. Elles réfléchissent à des solutions pour sortir le monde développé de la crise.

 

II. Mondialisation et complexification de l’ordre économique mondial

 

L’ordre économique mondial tend donc à se complexifier après les années 1970. La gouvernance doit prendre en compte cette complexification dans le cadre de la mondialisation naissante, c’est-à-dire de l’accroissement des acteurs qui participent à cette gouvernance.

 

A. Une gouvernance de plus en plus large

Gouvernance est un terme polysémique venu du monde de l’entreprise appliqué à l’ordre international. Il signifie à la fois bon gouvernement et collaboration d’acteurs publics (États, organisations internationales) et d’acteurs privés. Il y a une idée de dialogue entre acteurs publics et privés.

Mais la gouvernance ne produit pas de lois, ce n’est pas un gouvernement, ce n’est pas un travail législatif. C’est une prise en compte et une gestion des problèmes, de façon un peu vague, mais qui ne conduit pas forcément à des décisions applicables comme le sont les décisions d’un gouvernement.

Cette gouvernance se complexifie en s’étendant à d’autres États. Le G6 apparaît très vite comme un outil insuffisant pour prendre en compte les nouvelles puissances économiques. Le G6 devient G7 avec l’addition du Canada dès 1976, puis devient le G8 avec l’addition de la Russie en 1994. Ce groupe d’États puissants existe toujours aujourd’hui.

Il est complété par le G20 créé en 1999 qui correspond aux vingt plus grandes puissances économiques de la planète : Afrique du Sud, Allemagne, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie et Union Européenne. L’Espagne est invité permanent. Le G20 prend donc en compte les pays émergents, qui sont devenus des acteurs de la vie économique internationale.

Un événement fondamental de la période est aussi l’effondrement du contre-modèle communiste au tournant des années 1990. Cela se traduit par un passage brutal des économies assistées et collectivisées d’Europe de l’Est à l’économie de marché libérale. Il n’y a donc plus d’alternatives au modèle américain, au modèle capitaliste libéral.

Cela entraîne l’extension quasi universelle de la gouvernance mondiale. L’entrée de la Russie (2012) et de la Chine (2001) dans l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) créée en 1995 témoigne de cette extension de la gouvernance.

 

B. Le poids croissant des acteurs privés

Nous avons vu que la gouvernance postule un partenariat entre public et privé. Ces acteurs privés sont d’abord les acteurs producteurs. Il s’agit de grands acteurs économiques actuels, comme les Firmes TransNationales (FTN), les grandes banques, les fonds de pension, etc. Ils brassent de très grandes quantités d’argent, et font des chiffres d’affaires très importants. Le chiffre d’affaires de certaines FTN est supérieure au PIB d’États moyens comme la Thaïlande ou le Portugal. L’importance de ces acteurs impliquent qu’ils soient associés à la gouvernance et qu’ils aient leur mot à dire dans la gouvernance.

Il en est de même pour certaines Organisations Non-Gouvernementales (ONG). Elles sont particulièrement impliquées dans la gouvernance, comme l’association française ATTAC. Elles sont des interlocuteurs de la gouvernance, même si les solutions proposées par ces ONG sont rarement mises en application.

 

C. Quelles actions de la gouvernance ?

Les actions de la gouvernance se situent dans le prolongement de l’idéologie libérale voulue par les Étasuniens après 1945 et considérablement accélérée par l’effondrement du communisme.

La libéralisation des échanges se poursuit. L’OMC a pris la suite du GATT en 1995. Elle détermine l’abaissement des tarifs douaniers sur un certain nombre de produits.

Un ordre monétaire international est aujourd’hui rétabli. Il en est fini des grandes crises inflationnistes que certains pays comme le Mexique, l’Argentine ou encore la Russie ont connu dans les années 1990. Il faut mentionner dans cela le rôle des grandes banques centrales, comme la Banque Centrale Européenne (BCE) de Francfort ou la Réserve fédérale étasunienne, qui ont un effet d’ordre sur le fonctionnement des monnaies et qui évitent le chaos monétaire. Enfin, il faut mentionner les politiques d’ajustement structurel auxquelles le FMI contraint les pays à qui il accorde des prêts de fond. En échange de ces prêts, le FMI exige une politique de privatisation d’entreprises publiques, de réduction de la dépense publique, et d’ouverture des frontières au commerce international. 

 

 

III. Quels résultats ?

 

L’évaluation des résultats de la gouvernance économique mondiale peut mener à des considérations polémiques. L’état économique du monde laisse à désirer, on est donc amené à critiquer la gouvernance de ne pas avoir empêché les crises économiques.

 

A. Prospérité et inégalités croissantes

L’établissement de cette gouvernance économique mondiale a accompagné l’augmentation de la prospérité générale de la planète. Des indicateurs assez difficiles à manipuler, comme le revenu mondial par habitant, ont augmenté. Économiquement, il y a plus de croissance, plus de richesses disponibles, plus de prospérité. On a tendance à penser que la gouvernance a accompagné ce boom économique sans forcément le provoquer.

Cette prospérité s’accompagne d’inégalités croissantes. Ce ne sont pas des inégalités entre États, qui ont tendance à diminuer. A l’intérieur des États, les inégalités sociales se sont aggravées dans les pays du Sud, qui connaissent des coefficients d’inégalités très forts, mais aussi dans les pays du Nord qui étaient précisément les États à l’origine de la gouvernance et qui ont connu la fin des Trente glorieuses. Il y a donc échec de la gouvernance à favoriser une juste redistribution des richesses.

 

B. Prévention et gestion des crises

La gouvernance a failli dans la prévision des grandes crises depuis les années 1990, que ce soit les grandes crises monétaires des années 1990 ou les nombreuses crises financières que le monde a connu : éclatement de la bulle d’Internet au début des années 2000 et la crise des subprimes en 2007-2008.

Il y a eu, dans les années 1990, un certain nombre d’indicateurs et de lanceurs d’alerte qui ont prévenu que le monde allait vers la crise. Or, la gouvernance ne semble ne rien avoir fait pour prévenir ces crises et éviter qu’elles adviennent. Si nous sommes sortis de la crise, ce sont surtout les banques centrales qui ont émis massivement de la monnaie et qui ont permis un retour de la croissance notamment aux États-Unis.