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PROCHE ET MOYEN ORIENT : UN FOYER DE CONFLITS DEPUIS 1918

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Proche et Moyen Orient : un foyer de conflits depuis 1918

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Cette question concerne une région qui rassemble le Proche-Orient et le Moyen-Orient. Ces deux régions sont sensiblement les mêmes. Cet espace géographique a toujours été plus ou moins sous domination étrangère. Ces appellations « Proche-Orient », « Moyen-Orient », « Middle East » en anglais, sont des appellations issues de l’extérieur. Elles déterminent depuis l’étranger la spécificité de cette région qui, en interne, n’a pas vraiment de spécificité.

 

I. Une région sous influence étrangère (1918-1945)

 

A. La fin de l’Empire ottoman

Avant la Première Guerre mondiale, la région est dominée par l’Empire ottoman. Cet empire a pour capitale Constantinople. A cette période, il a perdu de nombreux territoires : l’Afrique du Nord est passée sous domination coloniale française, des nations balkaniques et l’Égypte ont accédé à l’indépendance. L’Empire ottoman s’est donc concentré sur cette zone du Proche et Moyen-Orient.

C’est une région principalement arabe, mais pas seulement. Il y a aussi des populations non-arabes comme les Kurdes en Mésopotamie ou en Perse. De même, si l’Islam est la religion principale, elle est divisé entre chiites et sunnites. S’y ajoutent des communautés chrétiennes. Cette mosaïque culturelle est à prendre en compte dans l’organisation politique de cet espace.

L’Empire ottoman lui-même est, à cette époque, fortement influencé par les puissances européennes qui y ont pris pied. En particulier, la France qui, en tant que protectrice des chrétiens d’Orient, dispose de capitulations, c’est-à-dire de lieux dans l’Empire ottoman où la juridiction française s’applique. Cet Empire est comme colonisé de l’intérieur par la France mais aussi par le Royaume-Uni.

Dès 1916, Français et Britanniques commencent à penser à l’avenir de cette région. Il s’agit de vaincre l’Empire ottoman allié de l’Allemagne. Les accords de Sykes-Picot (1916), secrets, prévoient un partage des possessions ottomanes au Moyen-Orient entre une zone française au Nord et une zone britannique au Sud.

 

B. La tutelle européenne

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la Société des Nations accorde à la France et au Royaume-Uni des mandats sur ces territoires. Ces mandats donnent aux deux puissances européennes l’administration provisoire de ces territoires. La France obtient mandat plutôt à l’Ouest, la Syrie et le Liban. Le Royaume-Uni se voit confié l’Irak (appelé alors Mésopotamie) et la Palestine.

Or initialement, la Palestine, tel que le partage a été pensé au moment des accords Sykes-Picot, devait être internationalisée à cause de la question des lieux saints. A Jérusalem se retrouvent les trois religions monothéistes et les susceptibilités y sont déjà grandes. Il faut prendre en compte une présence juive, effet de migration qui s’est installée en Palestine.

Ces mandats s’exercent avec difficultés. La France, tout au long des années 1920, se bat pour imposer sa domination sur la Syrie. La grande révolte des Druzes en 1925-1927 met la présence française en difficulté. Ce système est complexe et dominé par les Européens. Les États-Uniens se tiennent eux à l’écart de la question.

 

C. Premières émancipations

Les premières émancipations apparaissent dans les années 1930, quand les Britanniques sont obligés de lâcher un peu de lest. Ils ont promis tout à tout le monde. Aux Français, ils ont promis les mandats qu’ils ont obtenu ensuite. Aux Juifs, ils ont promis un « foyer national juif » par la déclaration Balfour de 1916. Elle permet aux communautés juives de s’installer en Palestine : il s’agissait aussi d’avoir des soutiens dans l’engagement dans la Première Guerre mondiale. Enfin, les Britanniques ont promis aux Arabes la création d’un grand royaume indépendant. Or, ce royaume met du temps à advenir. 

Englués dans le problème palestinien, les Britanniques lâchent du lest. En 1932, ils accordent l’indépendance à l’Irak puis en 1936, à l’Égypte (protectorat depuis 1914). Sous l’action d’une forme de nationalisme arabe, des États apparaissent.

 

II. Le PMO dans la Guerre froide (1945-1991)

 

A. Le jeu des grandes puissances

Les Étatsuniens définissent la doctrine Eisenhower en 1957 du nom du président. C’est une application de la théorie de l’endiguement au Moyen-Orient, en signifiant aux Russes qu’ils n’iront pas plus loin que là où ils sont. Aucun État de la région n’a basculé dans le communisme. En revanche, certaines États ont été approchés par les Soviétiques à partir des années 1950.

Il y a un enjeu de première importance qui est l’enjeu pétrolier. Le pétrole devient une préoccupation après la Première Guerre mondiale lorsque les Britanniques exploitent les premiers gisements en Iran et en Mésopotamie. Le relais est pris par les Américains qui deviennent très voraces après 1945.

Les Américains ont donc des alliés dans la région : Israël, l’Arabie Saoudite, la Jordanie, l’Iran jusqu’à la Révolution de 1979. C’est pourquoi l’Union Soviétique courtise d’autres États qui ne deviennent pas formellement des États communistes mais auxquels elle apporte son aide : l’Égypte du colonel Nasser ou encore la Syrie très hostile au camp occidental à l’époque.

Les choses se compliquent avec l’émergence du Tiers-Monde dans les années 1950. Les principaux acteurs de ce courant se trouvent au Moyen-Orient. Notamment le colonel Nasser qui est au pouvoir en Égypte de 1952 à 1970 est un champion du nationalisme arabe. Ce nationalisme se présente comme une troisième voie, entre URSS et États-Unis, d’autonomie et d’existence politique pour ses peuples parfois mal-définis. Cette ambition d’une troisième voie ne sera pas tenue. L’Égypte bénéficie de l’aide technique et militaire que l’Union soviétique lui apporte jusque dans les années 1970. Elle bascule ensuite dans le camp américain avec Sadat. Le nationalisme arabe dans ce cadre des tensions Est-Ouest est un échec.

 

B. La question israélo-arabe

Le conflit entre Israël et les pays arabes alentours est un fil rouge de la période dans la région. Avant la Seconde Guerre mondiale, l’émigration de Juifs vers la Palestine a considérablement augmenté. En 1917, la déclaration Balfour se déclare favorable à l’établissement d’un « foyer national juif ». L’arrivée de ces Juifs, décidés à créer un État en Palestine, suscite la réaction des pays arabes qui ne sont pas maîtres mais dont ils ont pourtant attendu l’indépendance très longtemps. Le plan de partage adopté par l’ONU mène à la création de l’État d’Israël en 1948 ce qui va immédiatement déclencher la guerre. Depuis 1948, Israël est un État en guerre permanente.

La première guerre, en 1948-1949, entraîne une perte de territoire pour les Arabes par rapport au plan de partage de l’ONU.

En 1967, la guerre des Six-Jours aboutit à la prise de Jérusalem-Est et à l’occupation des territoires palestiniens, de Gaza, du Sinaï (Égypte) et du Golan (Syrie) par Israël.

En 1973, par la guerre du Kippour, l’Égypte et la Syrie alliées à la Jordanie tentent de récupérer leurs territoires occupés.

En 1982, Israël envahit le Sud-Liban pour lutter contre l’Organisation de Libération de la Palestine qui y mènent des actions contre l’État hébreu. Cette dernière guerre est liée au contexte, puisqu’Israël est un allié indéfectible des États-Unis.

 

III. Nouveaux enjeux (depuis 1991)

 

A. L’enjeu pétrolier

L’enjeu pétrolier, existant depuis la Première Guerre mondiale, prend une nouvelle ampleur après la Guerre froide, notamment après le premier choc pétrolier de 1973 qui témoigne d’une certaine autonomie des pays producteurs. Ils décident du quadruplement du prix du pétrole en 1973 pour punir les alliés d’Israël après la guerre du Kippour mais aussi pour réajuster le prix d’un produit largement sous-évalué.

On apprend à cette occasion l’existence de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) dont un certain nombre sont des acteurs importants du Moyen-Orient. Il y a une fracture entre un Moyen-Orient riche, quand il peut vendre son pétrole, ce qui n’est pas toujours le cas (l’Iran et l’Irak ont connu des blocus sévères), et un Moyen-Orient moins bien doté en pétrole, comme la Jordanie ou la Syrie, qui ne peut pas compter sur cette ressource.

 

B. Le conflit israélo-palestinien

Le conflit israélo-palestinien prend la suite du conflit israélo-arabe sans solution de continuité. A la fin des années 1970, on a un assouplissement de la position arabe. En particulier du côté de l’Égypte qui, après les accords de Camp David de 1978 sous la présidence d’Anouar el-Sadate, décide de manière unilatérale de reconnaître l’État israélien. C’est un tournant dans la région puisque pour la première fois un pays arabe, et pas n’importe lequel, reconnaît le droit de l’État israélien à exister. Plus tard, d’autres États le feront, comme la Jordanie.

Ainsi, le conflit n’est plus un conflit interétatique entre Israël et ses voisins arabes, mais un conflit interne à la Palestine entre Israël et les territoires Palestiniens qui sont occupés et qui normalement devraient revenir aux Arabes palestiniens. Les deux intifada des années 1990 et 2000 sont des moments de tensions particulièrement forts. En 1993, les accords d’Oslo sont un espoir de paix avec la reconnaissance mutuelle des deux parties, et la création d’une Autorité palestinienne, base d’un futur État. Mais malgré cet accord, les tensions persistent, notamment à cause des extrémistes présents dans les deux camps qui refusent le dialogue.

 

C. Le foyer du terrorisme

Aujourd’hui, le Moyen-Orient est le foyer principal de l’islamisme et du terrorisme. Le terrorisme ne vient pas de nulle part : il est la conséquence d’interventions très malencontreuses des pays occidentaux et principalement des États-Unis après la Première Guerre du Golfe en 1990-1991 et surtout après la deuxième en 2003. Avec le chaos politique créé, cela a favorisé l’émergence de groupes extrêmement dangereux et qui projettent aujourd’hui leurs actions hors de la région.