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Éducation, transmission, émancipation : pistes de problématiques

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I. Définitions

 

- Éducation vient du latin ex-ducere, ducere : conduire, ex : sortir de. Cela veut donc dire « conduire vers », ou « en dehors de ». Il y a deux idées : l’idée qu’on part d’un endroit familier pour en sortir, et qu’on est aussi conduit, guidé, pour sortir de nous-même. C’était un mot rare avant le XVIIIe siècle. Il reste familier et populaire jusqu’au XIXe siècle, on préfère parler d’élever les enfants plus que d’éduquer.

- Transmission vient de « transmettre » qui vient de trasmittere : envoyer, passer. C’est l’idée d’un contenu censé passer de manière identique d’un expéditeur à un destinataire. L’éducation est-ce une transmission ? De quelle manière ce modèle fonctionne ou a des limites ?

- Émancipation vient du latin emancipare, « libéré de l’autorité paternelle » à l’Antiquité, cela a un sens presque juridique. Un mineur émancipé est un mineur non soumis à l’autorité des parents. On peut penser l’enseignement comme but de libérer et de rendre les jeunes autonomes, de ne plus les soumettre à l’autorité des parents (en terme de réflexion, de sens critique et d’orientation de sa propre vie).

Ce sont les trois fonctions de l’enseignement. Aujourd’hui, on parle du Ministère de l’Éducation nationale, il y a une dizaine d’années on parlait de l’Instruction publique. Ainsi, on passe de l’idée d’instruire, de donner un savoir, à l’idée d’éducation, aider quelqu’un à grandir, au fur et au mesure des années.

 

II. Histoire

 

Il existe une réflexion sur l’éducation dès l’Antiquité (le lycée est inventé en Grèce antique). On s’interroge sur les modifications a y apporter de manière théorique à partir de l’époque de l’Humanisme (Montaigne, Rabelais). L’idée est de promouvoir un idéal de l’homme : penser l’éducation pour penser l’humain.

Il y a ensuite plusieurs ruptures au siècle des Lumières : 

- On passe des mots aux choses, avant on pensait les textes, on les traduit, les lit, les commente et au XVIIIe on passe à l’expérimentation, l’éducation passe par l’expérience. 

- Dans un souci de l’utile, il ne s’agit plus de chercher un idéal humain, ou l’honnête homme du XVIIe, mais de regarder ce qui est utile à la société et l’individu. 

- Rupture de la pédagogie : il s’agit d’adapter l’éducation aux besoins, capacités et envies de la personne.

 

III. Problématiques

 

A quoi sert-il d’apprendre ? S’agit-il d’éduquer quelqu’un, de transmettre ou permettre de s’émanciper ou de se libérer ?

Comment se cultive-t-on ? Le mot culture prend différents sens, il peut signifier la culture générale, mais prend aussi le sens de faire grandir des organismes (« culture » est une métaphore qui vient de la culture des fruits et légumes). Cette métaphore de la culture peut servir à penser l’éducation.

L’autre terme pour concurrencer l’éducation est l’élévation : on éduque ou on élève les personnes. Élever, c’est rendre plus haut (on a besoin d’être éduqué pour devenir grand ou s’émanciper). L’apprentissage se fait dans le cercle familial ou à l’école.