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« Changer ses désirs plutôt que l'ordre du monde », Descartes

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Cette citation de Descartes est issue du Discours de la méthode et apparaît au moment où Descartes se demande quel genre de préceptes moraux adopter quand on part à la recherche de la vérité. Parmi ces préceptes moraux, il édite celui-ci : « il faut changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde ».

 

I. Stoïciens/épicuriens

Ce précepte est un précepte que Descartes reprend aux stoïciens. Il est intéressant de comparer la philosophie stoïcienne à la philosophie épicurienne. Ces deux philosophies sont des écoles philosophiques de l’Antiquité grecque que l’on oppose souvent. 

Ces deux philosophies ont tout d’abord un point commun : stoïcisme et épicurisme sont des philosophies eudémonistes. C’est-à-dire des philosophies qui prétendent que le bonheur est la finalité de l’existence.

Ces deux philosophies diffèrent dans leur conception du bonheur :

- Pour les épicuriens, le bonheur est assimilable à une forme de plaisir. Il faut faire attention ! Le plaisir des épicuriens qu’ils assimilent au bonheur est un plaisir de la mesure, un hédonisme tempéré : il ne se s’agit pas, pour devenir épicurien, de se vautrer dans n’importe quel plaisir.

- Pour les stoïciens en revanche, le bonheur n’est pas du tout plaisir, mais vertu. Mais qu’est-ce que la vertu pour les stoïciens ? Une vie vertueuse est pour eux une vie libre, c’est-à-dire une vie où je ne rencontre aucun obstacle. Le bonheur dans la perspective stoïcienne est donc une liberté absolue, ce qui peut paraître surprenant car la possibilité de ne rencontrer aucun obstacle dans la vie semble quelque chose de difficile à atteindre. Pour les stoïciens, c’est possible. Leur thèse est qu’il n’existe pas d’obstacles en soi, mais que nous sommes responsables de l’appréciation que nous portons sur les événements que nous rencontrons. L’idée est que le coefficient d’adversité des choses dépend de nos désirs et de nos besoins.

 

II. Bonheur/vertu/liberté

Pour démontrer cette thèse, il faut avoir en tête une distinction cardinale dans la philosophie stoïcienne et qui permet de comprendre l’ensemble des préceptes d’un philosophe stoïcien comme Epictète. Il s’agit de la distinction entre ce qui dépend de soi et ce qui ne dépend pas de soi.

Ce qui ne dépend pas de nous est l’ensemble des événements qui nous affectent. Pour ces derniers en effet, le monde est un cosmos, un tout harmonieux où tout est à la bonne place et tout ce qui arrive devait de toute façon arriver. Il y a une forme de nécessité, de déterminisme qui régit le cours des choses. Nous n’avons donc en tant qu’homme aucune prise sur les événements qui nous affectent, que ce soit la maladie, la mort, l’opinion que les autres ont sur nous, notre statut social, etc. Tout cela ne dépend pas de nous pour les stoïciens.

Si l’ensemble des événements qui nous affectent ne dépendent pas de nous, il semblerait que ce qui dépend de nous ne soit pas grand-chose. Pour les stoïciens, ce qui dépend de nous est l’opinion que je vais avoir sur le cours des événements, c’est la façon que je vais avoir de percevoir ce qui m’affecte.

Par exemple, Epictète dit : « ce n’est pas la mort qu’il faut craindre, elle ne dépend pas de nous, mais c’est la crainte de la mort ». Or, cette crainte de la mort dépend de nous. En maîtrisant notre opinion sur les choses, nous maîtrisons la capacité de cette dernière à devenir des obstacles pour nous. « Il ne faut pas vouloir que les choses arrivent comme on le souhaite, mais il faut vouloir les choses comme elles arrivent », selon Epictète. Autre citation : « il ne dépend pas de nous d’être riche, mais il dépend de nous d’être heureux ».

Avec cette philosophie, qui consiste bien à changer des désirs plutôt que l’ordre du monde, on atteint une absolue liberté. Je n’ai aucune prise sur l’ordre du monde, mais je peux les contrôler mes désirs. Donc, si je fais en sorte que mes désirs épousent l’ordre du monde, je suis heureux.