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ÉVOLUTION ET SANTÉ ; ÉVOLUTION ET AGRICULTURE

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Évolution et agriculture

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Évolution et agriculture

 

Le développement de l’agriculture a débuté avec la domestication. Depuis 1950, le monde rural s’est profondément transformé avec des pratiques modernes intensives qui ont permis une augmentation de la productivité mais qui ont eu un impact sur la biodiversité et son évolution.

 

I. La monoculture diminue la biodiversité

 

La monoculture désigne la culture d’une espèce unique (par exemple, cultiver seulement du blé dans un champs ou même dans une région donnée). Ces pratiques impliquent :

- La destruction d’habitats comme les haies pour laisser passer les machines agricoles (tracteurs…)

- L’utilisation massive de produits phytosanitaires comme les pesticides (insecticides, herbicides, fongicides) luttant contre toute plante ou animal pouvant rivaliser avec la plante cultivée.

Entre aujourd'hui et il y a 40 ans, le paysage agricole a changé. Avant, il y avait de plus petites parcelles et aujourd'hui, il y a de grandes parcelles de monocultures, qui augmentent certes la productivité mais qui ont demandé d'arracher les haies ou les arbres qui se trouvaient aux alentours. Cette végétation était un repaire de biodiversité.

 

 

À grande échelle, le développement des monocultures participe à la diminution de la biodiversité. Or la biodiversité est un facteur important de la stabilité des écosystèmes et des ressources fondamentales pour notre sécurité alimentaire future.

 

II. L’origine des plants des monocultures

 

Le maïs ou le blé que nous consommons actuellement sont issus de variétés paysannes ou rustiques. Il existait plusieurs types de maïs ou de blé, chacun avec des avantages et des inconvénients. Par sélection ou hybridation, on va sélectionner les caractères intéressants. On forme ainsi des variétés élites.

 

 

Le plus souvent, un petit nombre d’individus issus d’une population sauvage est à l’origine d’une lignée domestiquée. Ces lignées sont donc fortement soumises à la dérive génétique. Sélection naturelle et dérive génétique sont donc responsables d’une baisse de la diversité génétique au sein des lignées domestiquées.

La perte de diversité génétique peut avoir comme conséquence la chute de la fertilité, une moins bonne résistance aux maladies et l’apparition d’anomalies génétiques.

 

III. La résistance aux insecticides

 

La faible diversité génétique des variétés cultivées modernes les rend particulièrement sensibles à de nombreuses espèces « nuisibles » aux cultures.

Ainsi, l’utilisation de produits phytosanitaires sur les adventices (mauvaises herbes), les ravageurs et les pathogènes, limite considérablement les dégâts qu’ils provoquent. Malheureusement, cette pratique a également provoquée la sélection de nuisibles résistants à ces produits. Il faut donc utiliser des insecticides (contre les insectes), des fongicides (contre les champignons) pour lutter contre ces ravageurs des cultures.

 

Exemple de la pyrale du maïs

Au départ : population de 6 avec 1 individu présentant une résistance à l'insecticide et 5 individus qui n'en présentent pas. On applique de l'insecticide, on obtient 2 survivants (l'individu résistant et 1 autre non résistant). Ils se reproduisent et on obtient une population composée à moitié d'individus résistants et de non résistants. On remet de le même insecticide et on sélectionne ainsi les mêmes individus porteurs d'une résistance. On obtient 3 survivants qui étaient naturellement résistants à l'insecticide et déjà présent dans le milieu. Après avoir survécu, ces individus se reproduisent et on obtient une population constituée exclusivement d'individus résistants. Ainsi, si on remet de l'insecticide sur cette population, il n'y aura pas de mortalité. Il faudra donc utiliser une dose croissante d'insecticide ou changer d'insecticide. Mais il y aura toujours des individus qui présenteront une résistance aux insecticides. 

 

 

Des chercheurs ont proposé de créer des parcelles dépourvues d’insecticides (zones refuges) à proximité des zones traitées. Cela permet de maintenir des insectes sensibles à l’insecticide dans les zones refuges. Comme ils se reproduisent avec les résistants, cela conserve les allèles conférant la sensibilité dans les générations suivantes.

Autre technique : la technique du mâle stérile. Avec des UV, on peut irradier des œufs d'insectes et les relâcher dans la nature. Après accouplement avec des femelles, la descendance ne sera pas féconde.