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LA SOCIÉTÉ, LES ÉCHANGES

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La politique
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La société est une pluralité d’individus qui entretiennent des liens. Autrement dit, la société est une totalité, qui réunit une multiplicité et une unité. Il y a société quand une pluralité d’individus sont unis par un principe. Ce principe est l’échange. Une société est donc un ensemble d’individus réunit par l’échange.

L’échange vient du latin cambiare, et signifie le fait de céder quelque chose contre quelque chose. Il y a donc la notion de réciprocité qui est au cœur de l’échange. On peut distinguer l’échange du don en ce que le don est pur et simple, il n’attend pas de retour.

 

I. L’échange économique

La première conception de l’échange est la conception comme échange économique. L’échange économique est la conception qui veut qu’il y ait échange parce qu’on a besoin de ce qui est échangé. Je fais des échanges dans le commerce pour avoir ce que je n’ai pas.

Pour Platon, l’échange économique est au fondement de la société. Les individus se réunissent en société parce qu’ils ont besoin les uns des autres. Plus précisément, le cordonnier aura besoin du menuisier, qui aura lui-même besoin du boucher, etc. Donc pour Platon, le besoin des autres est fondé sur le besoin des choses.

 

II. La finalité sociale de l’échange

On peut néanmoins s’interroger pour savoir si le plus important dans l’échange est toujours ce qui est échangé. On va voir qu’il existe une finalité sociale de l’échange qui nous montre que c’est l’échange en tant que tel qui compte.

Prenons l’exemple de l’échange de mots. Dans le langage, on parle souvent pour ne rien dire. La plupart de nos conversations n’ont pas pour fonction de délivrer une information vitale. On parle pour parler. Le but du langage est donc moins de dire quelque chose que de parler. Quand un parent téléphone à son enfant en pensionnat, ce n’est pas nécessairement pour savoir ce qu’il a mangé à la cantine ou le temps qu’il fait. Ce qui compte est le fait de parler, c’est une fin en soi.

Dans l’échange, le fait d’échanger comme tel compte. Cela veut dire que la fonction de l’échange n’est pas de répondre à un besoin de la chose échangée, mais bien plutôt d’affirmer le lien social comme tel. Il y a bien une finalité sociale de l’échange. C’est Claude Lévi-Strauss qui a vu que l’échange a pour fonction d’assurer l’unité d’une société, qui n’existe que si l’échange est rendu manifeste, s’il est révélé. Cela marcherait aussi avec l’échange de biens, comme dans le cas des cadeaux.

On a dans l’échange un triptyque : il fonctionne en trois moments. Il y a d’abord le fait de donner. Ensuite, la personne à qui l’on donne va recevoir. Et dans tout échange, il y a le fait de rendre ce que l’on a reçu. Si on est invité à déjeuner quelque part, implicitement on rendra l’invitation en invitant la personne à déjeuner en retour. Cela assure l’unité de la société.

 

III. La finalité politique

Marcel Mauss, dans son Essai sur le don, étudie ce qu’il appelle le « potlatch ». Le « potlatch » est quand deux clans d’une tribu se rencontrent pour faire une fête avec ceci de particulier que cette fête consiste en une destruction de richesse. Plus précisément, il explique que quand il étudie ce phénomène, les destructions de richesse entraînent de la part du clan en face une surenchère. Le triptyque donner-recevoir-rendre est marqué par une surenchère. Le don est usuraire, c’est-à-dire que je dois rendre plus que je n’ai reçu. Autrement dit, selon Marcel Mauss, dans le « potlatch », la dimension usuraire de l’échange entraîne sa dimension agonistique (relatif à la lutte), puisque les sociétés qui se rencontrent doivent surenchérir l’une sur l’autre en termes de destructions de richesse, dans une forme de guerre des fêtes et qu’à un moment, un des clans va décider d’arrêter. Cela sous-entend que l’autre à gagneé la guerre des fêtes. Pour Marcel Mauss, cette guerre a pour fonction de hiérarchiser les différents clans au sein de la même tribu. Voilà la finalité politique du « potlatch ».

 

Pour résumer, l’échange a une finalité sociale. Par exemple, dans le repas, on se réunit pour manger ; dans le festin, on mange pour se réunir. Le festin a une finalité sociale, c’est une fin en soi. L’échange a aussi une finalité politique de hiérarchisation des clans au sein d’une même tribu. Autrement dit, l’échange n’est pas réductible à l’échange économique, commercial, où ce qui compte est ce qui est échangé.


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