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ANNALE - DIVERSIFICATION DES CONFLITS SOCIAUX

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Quelles sont les mutations récentes de la conflictualité ?

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La question est de savoir si la conflictualité s’est transformée et de quelle manière elle s’est transformée.

 

I. Une conflictualité en déclin ?

On considère en général que l’on assiste à un déclin des conflits du travail. Ces conflits du travail sont des conflits axés autour de la revendication de droits de la part des travailleurs. Des droits qui peuvent porter sur les revenus, le temps ou les conditions de travail, les droits sociaux, etc. On mesure généralement ce déclin en considérant la baisse du syndicalisme, la baisse de la syndicalisation des salariés et la baisse du nombre de journées individuelles non-travaillées, c’est-à-dire que les salariés font de moins en moins grève.

En réalité, les transformations du monde du travail, et notamment la précarisation avec la hausse du chômage et la crainte qu’elle fait peser sur les salariés, font que les conflits du travail se sont aussi transformés. Ce sont notamment les formes d’actions collectives qui ont évolué. On assiste à une baisse de la grève filée, c’est-à-dire sur plusieurs jours, mais il y a de nouveaux moyens de revendication qui peuvent être le refus d’heures supplémentaires, des formes de grèves différentes - perlées (arrêt-reprise toutes les heures) ou du zèle -, des conflits plus individuels comme le recours aux prud’hommes.

Il y a donc bien renouvellement de la conflictualité plutôt que déclin, dans la foulée de la transformation du monde du travail qui précarise, fragilise le travail et rend plus difficile l’action collective.

 

II. Les nouveaux mouvements sociaux (NMS)

On oppose souvent à la théorie du déclin de la conflictualité les nouveaux mouvements sociaux (NMS)qui portent des revendications post-matérialistes. Le terme de post-matérialisme a été forgé par Ronald Engelhardt, qui le décrit comme la montée des préoccupations axées sur l’autonomie individuelle et les valeurs du bien-être, de l’environnement et la démocratie. Il considère que les besoins matériels primaires sont pleinement satisfaits, si bien que les individus se tournent vers des revendications immatérielles.

Ces revendications portant davantage sur les droits, la démocratie, la reconnaissance de l’égalité (féminisme, mouvement LGBT) seraient l’apanage des NMS. Ceux-ci seraient portés par un public plus large, grâce notamment à l’engagement des femmes, en général plus jeune et plus éduqué, etc. Les moyens d’actions utilisés par les NMS seraient renouvelés avec moins d’actions de grève ou de manifestations, mais de nouvelles formes comme les pétitions, la désobéissance civile comme le fauchage volontaire de champs d’OGM, les manifestations de papier, faites par peu de personnes mais très médiatisées.

 

III. La réalité

En réalité, au regard de la sociologie du public militant en conflit et les motivations ou des formes des conflits, la distinction entre anciens et NMS n’est pas réellement pertinente. Les revendications les plus portées restent matérielles, notamment sur les revenus et les conditions de travail. Les acteurs de ces mouvements sociaux, même s’ils peuvent apparaître nouveaux, ont toujours besoin des anciens acteurs comme les syndicats pour se structurer, pour se légitimer. Finalement, il y a de nouveaux moyens d’actions qui prennent de l’importance, mais la grève et la manifestation restent plus visibles et plus utilisées.