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LIENS SOCIAUX ET INDIVIDUALISME

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Les instances d’intégrations sont-elles affaiblies ou renouvelées ?

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Pour s’intégrer à la société et renforcer le lien social, on distingue en général quatre grandes instances d’intégration : le travail, la famille, l’école et la citoyenneté. Depuis une cinquantaine d’années, ces instances connaissent un certain nombre de transformations plus ou moins importantes qui interrogent leur capacité à intégrer les individus.

 

I. Le travail

La première instance d’intégration importante est le travail. Le travail est un lieu central de l’intégration. Il permet aux individus d’avoir un rôle, un statut dans la société. Cela donne le sentiment d’être utile. Il transmet des normes et valeurs et permet l’accès à la société de consommation, à la protection sociale. Il donne un rythme de vie et des collègues.

Le travail connaît un certain nombre de transformation. On assiste à une montée des emplois précaires, à courte durée, en intérim ou à temps partiel. Il y a aussi une exacerbation de la concurrence des travailleurs entre eux. Cela a tendance à abimer les liens sociaux que l’on peut créer au travail. Toutes ces mutations et la montée du chômage fragilisent le lien social car dans l’entreprise, la solidarité est menacée par la précarisation et la crainte du chômage. Pour les chômeurs qui ne sont pas intégrés au marché du travail, c’est tout un pan du lien social qui n’est pas activé.

Il n’en reste pas moins que le travail reste pour les individus une instance centrale de socialisation.  Elle est revendiquée comme telle dans les enquêtes d’opinion. Il ne faut pas oublier que la plupart des emplois aujourd’hui sont toujours des emplois stables qui permettent donc d’avoir des normes et valeurs communes. Si le travail est un peu affaibli, il reste encore aujourd’hui une instance centrale.

 

II. La famille

La famille est la première instance d’intégration chronologique dans la vie d’un individu. C’est la première instance de socialisation. Dans sa famille, l’enfant fait sa socialisation primaire, apprendre les normes et valeurs communes de la société dans laquelle il vit, apprendre à parler et à communiquer notamment.

Cette instance de socialisation connaît aussi une importante vague de transformations, puisque l’on assiste à une multiplication du nombre de divorces, une recomposition du modèle familiale qui était avant un homme, une femme et un ou plusieurs enfants. Aujourd’hui, on voit apparaître des familles monoparentales, des familles recomposées, des familles homoparentales, etc. Evidemment, la valeur famille au sens positif et sa capacité à protéger et intégrer peuvent sembler fragilisées par ses modifications. La famille n’est plus le modèle immuable qu’elle pouvait être avant.

Pourtant, le rôle de la famille comme instance d’intégration reste réel. Ce n’est pas parce que la famille se transforme qu’elle perd sa capacité à intégrer et protéger les individus. Dans les enquêtes d’opinion, on constate que la famille reste une valeur des plus importantes. Elle arrive souvent avant le travail, même chez les hommes, ce qui est nouveau. Il y a une vingtaine d’années, les hommes mettaient majoritairement le travail avant la famille. Aujourd’hui, la famille est de plus en plus mise en avant.

 

III. L’école

Troisième instance d’intégration : l’école. L’école est aussi une instance de socialisation primaire puisqu’à l’école on acquiert des normes et valeurs communes, notamment la vie en société. De plus, elle prépare à la vie active en délivrant les diplômes. Elle a donc un double rôle d’instance de socialisation et d’instance qui va permettre l’accès au monde du travail.

Pourtant, on sait que l’école n’est pas une instance d’intégration réellement égalitaire, puisqu’elle peine à assurer une réelle égalité des chances. Son rôle est donc souvent critiqué : l’école est une école des groupes sociaux favorisés, qui est adaptée à cette catégorie de la population et qui ne portera pas les catégories défavorisées.

Malgré toutes les critiques, l’école reste une instance importante. C’est cette institution qui délivre les diplômes pour accéder à un emploi et au marché du travail. L’école permet encore un certain nombre d’ascensions sociales.

 

IV. La citoyenneté

La dernière instance d’intégration est la citoyenneté, c’est-à-dire la participation directe, politique, sociale, associative, etc., à la vie collective. Elle permet l’intégration parce que c’est le fait même de participer à la vie collective.

Cette citoyenneté est remise en question, notamment dans sa mise en œuvre politique. On constate un certain rejet, un dédain ou une désillusion d’une grande partie de la population en ce qui concerne la vie politique, le personnel politique, les partis politiques. Cela est clairement exprimé par la montée de l’abstention aux élections depuis plus d’une dizaine d’années. Certains l’analysent comme un repli sur eux des individus qui se désintéresseraient et jetteraient l’éponge en termes de participation à la vie collective.

Certes, cette forme est un peu délaissée, via le militantisme ou le vote, mais on assiste à un nouvel exercice de la citoyenneté : la vie associative n’a jamais été aussi dynamique en France qu’aujourd’hui. Par ailleurs, les associations non-militantes sont aussi une façon de participer à la vie collective. Par ailleurs, même l’engagement citoyen s’il ne prend plus la forme d’un engagement partisan peut prendre la forme de mouvements qui émergent comme les collectifs ou les mouvements altermondialistes.

 

Il est donc évident que les quatre instances, le travail, la famille, l’école et la citoyenneté subissent de réelles transformations, mais ces transformations ne perdent pas pour autant leur rôle d’intégration : elles reflètent simplement l’évolution du lien social.