Terminale > SES > Sciences sociales et politiques (Spé) > Annale - La parité en politique

ANNALE - LA PARITÉ EN POLITIQUE

Accède gratuitement à cette vidéo pendant 7 jours

Profite de ce cours et de tout le programme de ta classe avec l'essai gratuit de 7 jours !

Démarrer l'essai gratuit

Comment éviter la sous représentation des femmes en politique ?

Permalien

Télécharger la fiche de cours Les téléchargements sont réservés uniquements aux abonnés

La première partie du programme de sciences sociales et politiques s’interroge sur la représentation politique, la compétition politique et notamment sur la question de savoir comment éviter la sous-représentation des femmes dans l’espace politique et notamment aux fonctions électives. Cela repose sur le constat d’une forte sous-représentation des femmes dans l’espace politique.

 

I. Mesures constitutionnelles et législatives

 

Le législateur a pris la décision de mettre en œuvre des mesures législatives contraignantes pour imposer l’égalité entre les hommes et les femmes. Une série de mesures a été prise entre 1999 avec une révision constitutionnelle et en 2000 avec la loi sur la parité en politique. La Constitution de la Ve République s’est vue ajoutée la mention : « la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives ». La loi doit donc garantir que chacun est égal et que tous ont les mêmes possibilités d’accéder aux fonctions d’élus.

Par ailleurs, cette loi conditionne une partie des aides financières au respect de la parité. L’État verse aux partis politiques des aides financières pour les aider à la compétition électorale. Cette aide est dorénavant conditionnée au respect de la parité.

 

II. Réalité

 

En réalité, on est très loin d’avoir atteint la parité en politique. Si ion constate un meilleur accès des femmes et une meilleure représentation des femmes dans la politique locale et européenne, au niveau national, après les législatives de 2012, il y avait seulement 29 % de femmes à l’Assemblée nationale, c’est-à-dire moins d’un tiers, et 25 % de femmes au Sénat, soit un quart.

 

A. Le poids de la société

La première raison de cette sous-représentation, la plus simple et la plus évidente, est la prégnance de stéréotypes sexistes, dans toute la société et particulièrement dans le champ politique. On a vu par exemple des femmes se faire siffler à leur entrer à l’Assemblée nationale, parce qu’elles portaient des pantalons, ou encore des remarques sur leur apparence physique. On présume aussi qu’elles sont moins compétentes que les hommes. Ils persistent donc un stéréotype selon lequel les femmes n’auraient pas leur place en politique.

La deuxième explication est que les hommes et les femmes ne sont pas égaux dans le champ de la vie domestique. Les femmes continuent de prendre en charge une large partie des tâches domestiques, ce qui leur fait avoir une « double-journée » puisque la plupart des femmes sont actives. Quand on a une première journée de travail avec son emploi et une seconde avec les tâches ménagères, la troisième journée qui serait consacrée à la politique est difficile à tenir. Une égalité en politique des hommes et des femmes devra donc passer par une égalité dans les autres champs de la société, et notamment dans le champ domestique.

Une troisième raison est l’auto élimination des femmes qui, à travers une socialisation genrée, ont intériorisé le fait qu’elles seraient peut-être moins compétentes ou moins confiantes que les hommes. Ainsi, elles ne vont pas oser ou se sentir capable de concourir à la compétition électorale.

 

B. Les raisons politiques

Il existe aussi des raisons propres à l’ordre politique. Il y a une certaine inertie de l’offre politique. La loi n’est pas suffisamment contraignante. Les grands partis de gouvernement qui ont les moyens de payer des amendes et qui ont un personnel politique établi préfèrent souvent payer des amendes plutôt que de remplacer un candidat par une candidate.

C’est aussi un effet dû à la prime au sortant. Quand un homme est élu à un endroit, c’est difficile de ne pas lui proposer de se représenter alors qu’il est connu et implanté avec un réseau. C’est alors compliqué de le remplacer par une femme. Cette prime au sortant, liée au fait que les sortants sont majoritairement des hommes, fait qu’il y a peu de renouvellement du personnel politique.

Enfin, le cumul des mandats réduit le nombre de places disponibles. Quand un homme occupe deux mandats, cela laisse un mandat en moins pour le renouvellement politique.