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ANNALE - LES DÉTERMINANTS DE L'ABSTENTION ÉLECTORALE

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Comment expliquer le comportement électoral ?

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Dans cette partie du programme, on s’intéresse particulièrement à la participation politique, on peut essayer d’expliquer le comportement électoral.

 

I. Qui vote ?

 

En France, tous les citoyens hommes ou femmes de plus de 18 ans ont le droit de vote. Depuis le traité de Maastricht, les citoyens européens résidant en France peuvent aussi voter aux élections municipales et européennes.

Par ailleurs, depuis 1997, les personnes de plus de 18 ans sont automatiquement inscrites sur les listes, ce qui n’était pas le cas avant. Il y aujourd’hui en France environ 10 % des citoyens en âge de voter qui ne sont pas inscrits sur les listes électorales. Cela veut dire qu’un électeur potentiel sur 10 ne peut pas voter.

 

II. L’abstention et ses causes

 

Ceci étant, le fait d’être inscrit sur les listes électorales ne conduit pas forcément à voter. Certains individus sont inscrits mais ne votent pas : ils s’abstiennent.

L’abstention est le fait de ne pas participer à la vie politique par le vote. Cela ne veut pas dire que les abstentionnistes ne participent pas à la vie politique : ils peuvent le faire par le biais d’associations ou militer sous d’autres formes. L’abstention n’est pas forcément un signe d’anomie ou de désintérêt pour la politique. Ceux qui s’abstiennent le plus sont ceux qui sont dépassés par les enjeux ou par les discours électoraux et qui se sentent illégitimes et incompétents en ce qui concerne les discussions politiques. Ainsi, on se rend compte que l’abstention est la plus forte chez les chômeurs, les plus jeunes et les catégories défavorisées qui ne se sentent pas légitimes.

D’autres éléments expliquent l’abstention. Plus les citoyens se sentent déconnectés des enjeux, moins ils vont voter. Cela peut expliquer que les citoyens participent beaucoup moins aux élections européennes. Dans les pays où il y a des referendums fréquents, l’abstention aussi à tendance à s’accroître.

L’abstention n’est donc pas seulement sociale, elle peut aussi être déterminée par la conjoncture politique, le sentiment de lassitude, les enjeux, etc.

 

III. Expliquer l’orientation électorale

 

Le premier à s’être intéressé aux déterminants du vote est André Siegfried. Il publie juste avant la Première Guerre mondiale Les tableaux politiques de la France de l’Ouest sous la IIIe République et montre que la structure sociale et la religion sont des déterminants importants du vote.

Ces travaux vont être repris et confirmés par des chercheurs de l’Université de Columbia dans les années 1940. Ils confirment que la position sociale, la richesse et la religion déterminent le vote. Par exemple, ils montrent qu’aux États-Unis, les électeurs ruraux, aisés et protestants votent plus républicain, alors que les électeurs urbains, plus pauvres et catholiques votent plutôt démocrate.

En France, il y a actuellement le Centre d’Étude de la Vie Politique Française (CEVIPOF) qui confirme l’importance de la structure sociale et de la religion dans le vote. Par,exemple, les personnes qui sont catholiques pratiquantes, ou qui sont de profession indépendante, ou qui ont un fort patrimoine ont tendance à voter à droite. Au contraire, les personnes salariées (notamment salariées du public) ou athées, on tendance à voter principalement à gauche.

 

IV. Vote sur clivage/vote sur enjeux

 

Des travaux plus récents s’interrogent sur les déterminant du vote, en se demandant s'il existe plutôt un vote sur clivage ou un vote sur enjeux.

- Vote sur clivage : le vote est déterminé par des convictions conventionnelles héritées de la socialisation entraînant une stabilité du vote. Par exemple, quelqu’un qui vote à gauche, le faut en raison de sa socialisation politique.

- Vote est sur enjeux : des individus votent à une élection en fonction de l’enjeu de cette élection en se comportant comme des électeurs rationnels, en faisant un calcul coût/avantages de leur vote. Ils vont essayer de maximiser les avantages du vote en en minimisant les désavantages.

Dans ce cas, on est sur un modèle qui expliquerait la volatilité du vote pour certaines élections. Cela montre aussi l’importance des campagnes électorales qui tentent de mettre en avant des enjeux importants.