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COMMENT LES MODES DE SCRUTINS DÉFINISSENT-ILS LA REPRÉSENTATION POLITIQUE ?

Un mode de scrutin est un ensemble de règles électorales qui transforment les voix des individus, des citoyens, en sièges, c’est-à-dire en mandats pour les élus. Il existe deux principaux modes de scrutin : le scrutin majoritaire et le scrutin proportionnel.

 

I. Le scrutin majoritaire

 

A. Le scrutin majoritaire à un tour

Les citoyens votent, ils élisent un candidat. Celui qui a obtenu le plus de voix est élu. Il n’y a qu’un seul tour donc celui qui comptabilise le plus de voix à l’issue du vote remporte l’élection.

Exemple : Les présidentielles en Corée du Sud se déroulent en scrutin majoritaire à un tour.

L’avantage principal est la facilité à désigner le candidat élu. Cependant, il existe un problème de légitimité. Le candidat peut devenir président de la République sans avoir à remporter 50 % des voix. Il peut donc être élu sans représenter ne serait-ce que la moitié des citoyens.

Il y a aussi le problème de la faible représentativité des opinions. Tous les autres candidats n’exercent pas de mandats : ils n’ont pas de poids dans le gouvernement. Les opinions divergentes sont ainsi très peu représentées.

Il existe enfin le problème des stratégies de vote. Les citoyens peuvent être amenés à voter pour le candidat qui a une chance d’être élu, et non pas pour le candidat dont les idées se rapprochent de leurs convictions. Ceci entraîne un bipartisme. Il y a souvent, dans les pays qui fonctionnent selon ce mode de scrutin, deux grands partis qui structurent la vie politique, et il y a souvent des alternances politiques entre un parti et l’autre parti.

 

B. Le scrutin majoritaire à deux tours

Il y a deux tours. Au premier tour, tous les candidats se présentent, et ceux qui obtiennent le plus de voix sont qualifiés pour participer au second tour. Il s’agit souvent de deux candidats. Au deuxième tour, le candidat qui a obtenu le plus de voix entre les deux est élu.

Exemple : Les élections présidentielles en France

L’avantage principal est la facilité à désigner le candidat élu : celui qui a obtenu le plus de voix au deuxième tour. C’est aussi que le premier tour permet à tous les partis de se présenter, ce qui permet de respect le principe de liberté des opinions. Tous les partis peuvent avoir une chance d’être élus. Mais une fois de plus, il existe le problème de légitimité. Les deux candidats qualifiés au second tour peuvent ne pas représenter 50 % des citoyens. Une fois de plus, un candidat peut être élu sans représenter la majorité des citoyens qui ont voté. Il faut aussi souligner la faible représentativité des opinions. Les candidats qui n’ont pas été élus n’auront pas de mandat et donc aucun poids dans le gouvernement.

Ce système entraîne aussi une dispersion des voix si beaucoup de candidats se présentent. Au début de l’élection, il y a donc un multipartisme : beaucoup de partis se présentent à l’élection.  En revanche, au deuxième tour, on retrouve les deux grands partis qui ont une chance d’être élus, inscrivant ainsi le système politique dans un bipartisme

 

II. Le scrutin proportionnel

 

Plusieurs partis peuvent être élus. Ils obtiennent des sièges proportionnellement au nombre de voix obtenues. Le parti ayant obtenu le plus de voix aura donc le plus de sièges.

Exemple : Les élections européennes.

Contrairement au scrutin majoritaire, le scrutin proportionnel permet de respecter la diversité des opinions politiques. Le scrutin proportionnel empêche aussi aux citoyens d’exercer des stratégies de vote, puisque tous les partis peuvent avoir un siège proportionnellement au nombre de votes qu’ils reçoivent. Dans ce cas, les citoyens votent pour les idées auxquelles ils adhèrent, et non pour un parti parce qu’il a le plus de chances d’être élu. Le scrutin proportionnel a aussi l’avantage d’équilibrer le jeu politique, il n’y a pas de contre-pouvoir, chaque parti élu ayant alors son rôle à jouer dans les décisions politiques. 

En revanche, il est difficile de convertir les voix en sièges. Plusieurs méthodes sont employées mais elles sont souvent contestées. Il existe aussi le risque d’immobilisme. Chaque décision devra être adoptée par l’ensemble des partis, ce qui pose problème lorsqu’il s’agit de partis opposés. Finalement, cela entraîne un multipartisme, c’est-à-dire que beaucoup de partis politiques structurent la vie politique.

 

Conclusion

 

Un mode de scrutin n’est donc pas neutre. Il a un véritable impact sur la représentation et la structure de la vie politique dans un pays.