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EN QUOI LA SOCIALISATION EST-ELLE DIFFÉRENCIÉE ?

La socialisation différenciée signifie que les individus apprennent des normes et valeurs différentes selon certains critères. Ils sont principalement deux : le milieu social et le sexe des individus.

 

I. Milieu social

 

Par milieu social, on entend souvent deux grandes catégories distinctes :

- la catégorie supérieure constituées des cadres, individus qui ont une position élevée professionnellement et donc dans la société,

- la catégorie populaire constituée des employés ou des ouvriers, individus qui ont une position sociale moins élevée professionnellement et donc dans la hiérarchie sociale.

Plusieurs exemples permettent de montrer que les enfants de ces différents milieux sociaux intègrent des normes et valeurs différentes. La famille est la principale instance de socialisation qui transmet des normes et valeurs différenciées aux enfants selon le milieu social.

 

A. Des différences

Les catégories supérieures vont beaucoup plus au théâtre, au musée, lisent plus de livres alors que les individus de catégories populaires passent plus de temps à regarder la télévision.

Pierre Bourdieu, dans une étude, montre que les catégories supérieures écoutent plus de jazz, de musique classique, alors que les catégories populaires écoute plus du rock ou de la variété française.

D’autres sociologues ont étudié le langage et montrent notamment que les catégories supérieures ont un vocabulaire riche et parlent de choses plus abstraites, alors que les catégories populaires ont un vocabulaire moins varié et parlent de choses plus concrètes.

 

B. Des inégalités

Cette différence entraîne des inégalités. Pierre Bourdieu explique que l’école est une institution aux mains des catégories supérieures. Elles s’assurent que leurs enfants réussiront scolairement et donc occuperont la même position sociale qu’eux. L’école valorise la catégorie supérieure car la culture scolaire correspond à la culture de la catégorie supérieure. Il en résulte que les enfants de milieux supérieurs réussissent mieux à l’école. Ces enfants ont donc des orientations privilégiées par rapport à ceux des milieux populaires, ils font des études différentes, ils ont des professions plus valorisées, et ils reproduisent la même catégorie sociale que leurs parents. C’est la reproduction sociale.

 

II. Sexe

 

A. Des différences

La socialisation est également différenciée selon le sexe des individus, que les enfants soient des filles ou des garçons. Plusieurs instances de socialisation participent à cette socialisation selon le sexe :

- La famille propose souvent des activités différentes aux petites filles et aux petits garçons. Les petites filles sont plus incitées à jouer à l’intérieur, par exemple à la poupée, à la dînette, alors que les petits garçons sont plus incités à jouer à l’extérieur avec un ballon, avec des armes, avec des soldats.

- Les médias participent à cette socialisation genrée. Dans les publicités, la femme fait souvent la vaisselle, des tâches ménagères, alors qu’on voit souvent des hommes avec des voitures, des outils.

- Les contes et légendes pour enfants participent également de cette socialisation différenciée. Cendrillon est une jolie jeune femme qui fait des tâches ménagères et qui est sauvée par un prince. Blanche-Neige est une femme au foyer qui attend que les hommes, les nains, aillent travailler. On constate que les rôles sont différents et contribuent à la reproduction des rôles genrés.

 

B. Des inégalités

Ces différences aboutissent à des inégalités. Au sein du foyer, on observe aujourd’hui que les hommes et les femmes ne font pas les mêmes tâches domestiques. Les femmes, qui étaient des petites filles et ont joué à la dînette, font le ménage, les repas, les tâches ménagères, elles s’occupent des enfants, etc. Les hommes qui ont joué avec des outils, font du jardinage et du bricolage. De même les petites filles ont été beaucoup plus sollicitées pour faire des tâches domestiques. Aujourd’hui, une femme consacre en moyenne 3h26 par jour à faire des tâches domestiques contre 2h pour les hommes.

Dans la vie professionnelle, les individus ne font pas les mêmes professions. On retrouve davantage les femmes dans le domaine social : aujourd’hui 98 % des aides à domicile sont des femmes, alors que dans les métiers de la construction (plus habituels des petits garçons) on retrouve 90 % d’hommes.

Cette socialisation genrée a donc des répercussions très importantes dans la vie adulte des individus.