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ÉVOLUTIONS DÉMOGRAPHIQUES ET ÉVOLUTIONS ÉCONOMIQUES

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La première partie du programme d’économie approfondie s’intéresse au lien entre économie et démographie. La première chose à faire est de s’intéresser aux tendances démographiques en Europe (champ d’étude au programme) sur le siècle écoulé.

 

I. L’analyse économique s’intéresse à la démographie

 

Plusieurs économistes se sont intéressés à la démographie :

- Malthus pense qu’il y a une loi de surpopulation absolue qui fait qu’à un moment, si les humains se multiplient trop, ils deviendront incapables de subvenir aux besoins de tous.

- Marx pense qu’il y a une surpopulation recherchée par la bourgeoisie pour s’assurer une force de travail à exploiter.

- Sauvy s’oppose à Malthus et pense que la surpopulation est positive puisqu’elle stimule la croissance économique.

Les économistes ont donc des avis divers sur l’impact de la démographie sur l’économie, cependant c’est une matière qu’ils traitent.

 

II. Évolutions naturelles et migratoires en Europe

 

Y a-t-il une surpopulation de la planète ? Il faut s’intéresser aux tendances démographiques depuis le XIXe siècle. Il y a principalement deux phases dans le développement démographique depuis le XIXe siècle.

 

A. Du XIXe siècle à la première moitié du XXe siècle

Du XIXe siècle à la première moitié du XXe siècle, l’Europe a connu ce que l’on appelle sa transition démographique. Elle est passée d’un régime démographique traditionnel, avec une forte natalité et une forte mortalité, à un régime démographique moderne avec une faible natalité et une faible mortalité.

La croissance démographique s’est d’abord accrue puisque le taux de mortalité a décru en premier : une natalité constante avec une mortalité décroissante entraîne une croissance démographique accrue.

Dans un second temps, la natalité s’est mise à décroître, ce qui a entraîné un rééquilibrage du régime démographique.

Enfin, la plupart des pays européens, à l’exception de la France, sont des pays d’émigration au début du XXe siècle. Une partie non négligeable de leurs habitants les quittent. Cela équilibre et donne une croissance démographique assez faible à ces pays.

 

B. Depuis la Seconde Guerre mondiale

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, on assiste à un vieillissement de la population. Cela est dû, d’une part, à un phénomène appelé baby-boom. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce phénomène a dynamisé la démographie de ces pays. Aujourd’hui, à propos de cette génération, on parle d’un papy-boom, car les bébés nés après la Seconde Guerre mondiale sont maintenant des seniors, ayant la soixantaine.

D’autre part, on constate un allongement de l’espérance de vie : la population âgée est de plus en plus importante. A cela s’ajoute un faible dynamisme démographique. Le taux d’accroissement naturel, c’est-à-dire la différence entre la mortalité et la natalité, est d’environ 1 %, ce qui est très faible.

Dans certains pays, seule l’immigration permet à la population de ne pas décroître.

La dynamique démographique dans les pays européens est donc faible et n’est soutenue que péniblement par l’immigration et l’allongement de l’espérance de vie.

 

III. Conséquences économiques de ces évolutions démographiques

 

La première question est : y aura-t-il assez d’emplois pour tout le monde ?

Notre modèle de croissance actuelle est pauvre en emploi puisque la croissance repose sur des gains de productivité : la production augmente de plus en plus à cause de l’augmentation de l’efficacité.

 

La seconde question est : qu’en est-il du ratio de dépendance démographique ?

Autrement dit, quel est le rapport entre le nombre d’actifs (de 20 à 60 ans) et le nombre d’inactifs (entre 0 et 20 ans et plus de 60 ans) car ce sont les cotisations des actifs qui permettent de financer notamment les retraites. Le ratio de dépendance démographique peut donc être sujet à angoisse notamment dans la question du financement du système des retraites.