SVT

I. Fonctionnement global

 

Cette coupe sagittale du cerveau du rat nous montre le cerveau de l’avant à l’arrière (vue de la gauche). Plusieurs zones impliquées dans la sensation de plaisir sont représentées. Le fonctionnement coordonné de l’ensemble de ces zones, qui sont pour certaines appelées des noyaux, participe au circuit de la récompense chez le rat.

 

 

En bleu, vers l’avant se trouve le Septum et vers l’arrière l’Aire Tegmentale Ventrale (ATV), qui sont les deux zones définies historiquement par Olds et Milner, deux chercheurs de Montréal, comme les centres du plaisir. Ils ont mis en évidence l’existence de ces deux zones en implantant à des rats vivants des électrodes dans ces zones qu’ils stimulaient par de petites décharges électriques et qui procurait chez les rats des sensations agréables qui se traduisaient par une recherche de renouvellement de ces sensations (et même une addiction réelle).

Historiquement, les centres du plaisir étaient donc ces deux zones mais les autres zones représentées sont impliquées dans un fonctionnement plus global d’un circuit du plaisir. D’abord, l’hippocampe est impliqué dans la mémorisation des expériences par l’animal, l’amygdale dans les émotions et enfin l’hypothalamus dans les fonctions hormonales de l’animal. A l’avant du cerveau, le cortex préfrontal est impliqué dans la répétition des tâches.

 

II. Fonctionnement neuronal

 

 

Au niveau fonctionnel, certains neurones sont impliqués dans ces sensations agréables. Tout part du cortex sensoriel qui reçoit et transmet des informations issues de stimulations extérieures (exemple du rat qui appuie sur le levier mais aussi d'un rat qui rencontre un partenaire ou qui se trouve face à de la nourriture). Ces informations issues de stimulations extérieures sont transmises à l’aire tegmentale ventrale, également stimulée par d’autres zones du cerveau.

De façon simplifiée, ces neurones, des neurones à dopamine (neurotransmetteur, molécule chimique produite par les neurones de l’ATV) viennent stimuler d’autres neurones dans le cerveau. Principalement, la dopamine vient stimuler la zone du Noyau Accumbens (NA) impliquée dans la sensation de plaisir. Autrement dit, on a pu chimiquement réaliser expérimentalement le fait que lorsqu’il y a une libération de dopamine par les neurones de l’ATV, elle se fait beaucoup dans le NA et cela s’accompagne immédiatement d’une sensation de plaisir.

 

Conclusion : Concernant la coupe sagittale, on peut donc dire que l’aire tegmentale ventrale reçoit des stimulations par différentes zones notamment par le cortex sensoriel. Une activation de l’ATV provoque une libération de dopamine, principalement au niveau du NA, et donc une activation des neurones de ce noyau. Par la suite, il y a d’une part, sensation agréable, d’autre part, intervention éventuelle des autres zones, en fonction des tâches, des réactions du rat, et notamment une activation du cortex préfrontal. Il y a donc une collaboration entre les différentes aires du cerveau avec une possible mémorisation de la sensation (hippocampe), un appel éventuel aux émotions (amygdale), un appel éventuel à la fonction hormonale (hypothalamus), le tout formant le circuit de la récompense. On est donc passé de centres du plaisir isolés à la réalisation qu’il existe tout un circuit de la récompense avec des zones réparties dans l’ensemble du cerveau qui collaborent et qui sont plus ou moins activées en fonction des sensations mais qui aboutissent toujours à une sensation de plaisir, agréable pour l’animal. Ces sensations résultent de cette activation de neurones à dopamine ayant pour conséquence la recherche du renouvellement de l’expérience qui a déclenché la libération de dopamine et elles ont parfois pour autre conséquence un comportement addictif chez les animaux.