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LE MICROBIOTE HUMAIN

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I. Définition et termes généraux

 

Le microbiote humain est un ensemble de microorganismes. Le préfixe micro- signifie « qui ne se voit pas à l’œil nu » : il s’agit d’organismes de taille microscopique. Pour certains, on peut les voir au microscope optique tandis que d’autres sont trop petits pour être observés.

Ils forment un ensemble d’êtres vivants qui collaborent avec les cellules et l’organisme humain. Ces microorganismes sont principalement des bactéries mais il y a aussi des virus et certains champignons. Tous ces microorganismes vivent en symbiose, c’est-à-dire avec notre corps.

Symbiose : association de deux organismes à bénéfice réciproque (chacun des deux y trouve son compte). Cela signifie que les organismes du corps sont non-pathogènes. En effet, la plupart des bactéries ne nous donnent pas de maladies.

L’essentiel du microbiote humain se trouve au niveau de l’intestin et dans l’ensemble du tube digestif. Cependant, on trouve aussi des bactéries du microbiote à la surface de la peau et dans des cavités (nez, vagin, etc.).

On parle en général DES microbiotes humains. Si l'on se contente de parler DU microbiote au singulier, on fait généralement référence à celui du tube digestif et en particulier de l’intestin puisque qu’on y trouve plusieurs dizaines de milliers de milliards de bactéries. Les microbiotes et en particulier celui de l’intestin contiennent des bactéries de type bactéroïdes, actinobactéries, firmicutes, etc. En réalité, l’ensemble de ces bactéries varie d’un individu à un autre.

 

II. Mise et développement du microbiote humain

 

A. Formation et différenciation

Le microbiote se forme et se différencie au cours de l’enfance. Une hypothèse voudrait que les premières bactéries colonisent le tube digestif in utero (dans le ventre de la mère). On a longtemps considéré ce milieu stérile, mais on commence à constater que cette première colonisation pourrait avoir lieu durant le développement embryonnaire et fœtal.

Puis, les bactéries se mettent en place durant l’enfance de l’individu en fonction de l’alimentation et elle prolifèrent dans l’intestin. A l’issue de la formation, vers 3 ans, et en fonction de la différenciation et de l’alimentation, plus de 10 000 milliards de bactéries sont présentes (1 à 2 kg de bactéries dans le tube digestif d’un individu adulte).

 

B. Évolution du microbiote après la formation

Le microbiote varie en fonction du vécu de la personne et notamment :

- De sa consommation d’antibiotiques : ces derniers tuent les bactéries qu’elles soient pathogènes ou non. Les antibiotiques influencent donc la variété et la diversité des bactéries dans le tube digestif.

-  De son alimentation, qui peut favoriser la diversité et le bon état du microbiote si elle est riche en fibres, fruits et légumes.

 

III. Interactions du microbiote avec le corps humain

 

A. Digestion

La fonction principale est une aide à la digestion. Les bactéries sont capables, grâce à des enzymes, de digérer la plupart des aliments que l’individu serait incapable de dégrader seul.

 

Exemple de l'obésité : On compare une personne souffrant d’obésité (à gauche) et une autre avec un poids standard (à droite).

 

 

Il est montré que la diversité de leur microbiote n’est pas la même : chez les personnes obèses, le microbiote est moins diversifié, il y a moins de bactéries différentes. La nature des microorganismes est également différente. On prélève les microorganismes du microbiote intestinal chez ces deux personnes et on les injecte dans le tube digestif de souris dont le poids est standard.

On constate que les souris ayant reçu les bactéries de la personne obèse grossissent rapidement. En quelques semaines, elles développent de l’obésité et sont plus sensibles à une prise de poids rapide. Pour l’autre souris, l’injection du microbiote de la personne mince ne la fait pas grossir dans les semaines qui suivent.

Il existerait donc une relation entre la diversité et la nature des organismes du microbiote intestinal et l’obésité.

 

B. Intervention dans l’immunité

Le microbiote digestif aurait également un lien avec notre système immunitaire. Ces bactéries créent en effet une barrière contre des organismes pathogènes. Elles permettraient également la production de certaines molécules anti-inflammatoires donc protectrices. Ainsi, avoir un microbiote en bonne santé, diversifié et des microorganismes en quantité importante participe à la protection de l’organisme.

 

C. Mise en relation avec d’autres facteurs et maladies

Il existe aussi des corrélations ou relations entre le stress, la croissance, le bien-être et la bonne qualité du microbiote intestinal. Aucun lien de cause à effet n’a été mis en évidence, cela reste encore à démontrer. Ces corrélations poussent à effectuer des recherches plus poussées visant à préciser les relations mentionnées précédemment.

Elles ont été mises en évidence notamment grâce au lien entre certaines maladies et une dysbiose, c’est-à-dire un déséquilibre du microbiote. Elles permettent actuellement d’ouvrir des pistes de recherche ou des pistes thérapeutiques. On pense en effet que le dysfonctionnement du microbiote serait à l’origine de certaines maladies, de cancers, voire de la maladie d’Alzheimer.