SVT

I. Carences végétales

 

Pour savoir ce que l’agriculteur a besoin d’apporter, il faut connaître précisément ce dont a besoin une plante pour se développer. Une carence est un manque, et expérimentalement on peut priver une plante de certains éléments, notamment de minéraux et observer les conséquences que cela peut avoir. On peut observer cela facilement au niveau des feuilles.

Exemple : un rameau est représenté, avec des feuilles âgées plus grandes en bas et des feuilles jeunes en haut. Les feuilles en bonne santé sont vertes vives, et les feuilles en mauvaise santé peuvent jaunir, brunir ou rougir, devenir plus molles ou au contraire plus rigides, ou même tomber.

 

 

Les plantes ont besoin principalement de trois minéraux :

- L’azote, N : lorsqu’une plante est privée d’azote, elle peut développer une maladie appelée Chlorose, c’est-à-dire un manque de chlorophylle (voir photos ci-dessous). En effet, l’azote est principalement stockée dans la chlorophylle, qui permet aux végétaux de réaliser la photosynthèse.

- Le phosphore, P : lorsqu’une plante manque de phosphore, elle va rougir ou brunir et être plus rigide qu’une plante normale.

- Le potassium, K : une feuille qui manque de potassium devient brune sur les côtés alors qu’elle peut rester verte au centre.

- Les jeunes feuilles ont aussi besoin de souffre, de fer, de calcium, etc.

Expérimentalement, on peut donc étudier les carences des plantes et ces connaissances sont utilisées par les agriculteurs pour leur champ.

 

II. Intrants

 

Pour pousser, un champ a besoin d’un apport en éléments minéraux. Ces plantes puisent dans les réserves du sol les minéraux dont elles ont besoin, principalement, l’azote, le potassium et le phosphore.

 

 

Cette réserve du sol est entretenue par deux éléments :

- Les imports naturels, notamment grâce aux précipitations qui contiennent des éléments naturels.

- Les intrants : tout ce que l’agriculteur apporte.

Ces imports sont absorbés par les végétaux et une fois que ceux-ci ont grandi, il y a un export de la plupart de la production lors de la récolte, cela appauvrit le sol en éléments minéraux (car ils étaient contenus dans les végétaux).

Ces réserves du sol peuvent aussi être appauvries par pertes de lessivage. Le lessivage a lieu lorsque les eaux (la pluie) emportent les éléments du sol vers les nappes phréatiques.

Il y a donc des imports et des exports et une partie des végétaux non récoltée : les racines ou les restes de tiges (les chaumes) sont restitués au sol.

Les intrants sont tout ce qu'utilise l’agriculteur pour obtenir sa production : les semences, les énergies fossiles, les engrais et les pesticides (produits de synthèse utilisés pour faire pousser les plantes mais également pour en obtenir plus sur des parcelles limitées).

 

III. Impacts des intrants

 

Les molécules de synthèse utilisées ont des impacts sur la santé et l’environnement, il peut y avoir :

- Une pollution du sol, si ces molécules de synthèse ne sont pas utilisées par les plantes et s’accumulent dans les réserves du sol.

- Une pollution de l’air, au moment de l’épandage des engrais.

- Une pollution de l’eau, si les engrais s’infiltrent ou sont emportés au moment du lessivage dans les nappes phréatiques.

- Un appauvrissement chronique : plus on apporte d’intrants, plus on produit en grande quantité et plus on exporte de matière minérale à l’extérieur de l’agrosystème.

 

Conclusion

 

Il y a un cercle vicieux entre les intrants et l’appauvrissement du sol. Plus on apporte, plus on produit et plus on produit, plus on appauvri le sol.

Dans ce modèle d’agriculture intensive, on apporte beaucoup d’éléments extérieurs pour obtenir, dans un espace limité, un rendement le plus important possible. Cela passe par l’utilisation de produits de synthèse qui peuvent être dangereux à la fois pour l’environnement et pour la santé (de l’agriculteur qui les utilise et des consommateurs puisque ces produits se retrouvent en partie dans les végétaux récoltés).

C’est la raison pour laquelle de plus en plus d’agriculteurs et de consommateurs plébiscitent une agriculture moins intensive, qui utiliserait moins d’intrants et surtout moins de molécules de synthèse potentiellement dangereuses pour l’environnement et la santé.