De la servitude volontaire, La Boétie - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1574

 

Genre

Cette œuvre est un discours du genre argumentatif.

 

Mouvement

Cette œuvre s’inscrit dans le mouvement de l’humanisme, mouvement littéraire et philosophique qui prône les valeurs humaines : l’homme est perfectible et il doit s’instruire des exemples de ses prédécesseurs dans l’Antiquité pour progresser dans la recherche du bonheur et de la moralité.

 

Auteur

Etienne de La Boétie (1530 – 1563) n’a pas écrit beaucoup de choses. On le retient souvent comme étant l’ami de Montaigne, mais c’est surtout Montaigne qui a beaucoup parlé de La Boétie et qui a contribué à sa postérité. Le texte Discours de la servitude volontaire a été peu étudié malgré la popularité dont il a bénéficié à la Renaissance, à sa parution, et il a été redécouvert au XXe siècle. La Boétie était magistrat et écrivain : il a écrit aussi quelques sonnets publiés par Montaigne dans ses Essais. Il meurt à 33 ans, et c’est cette mort précoce qui inspire Montaigne à écrire sur lui, car il était son meilleur ami. Montaigne a donc écrit la fameuse phrase « parce que c’était lui, parce que c’était moi » dans « De l’amitié » pour parler de la force de leur amitié. Le Discours de la servitude volontaire a été publié d’abord en latin et a été traduit en français par son auteur même.

 

Moments-clés

– La critique de la monarchie, puisque le sous-titre du texte est « Contr’Un » qui voulait dire qu’on pouvait aller contre le gouverneur tyrannique, qui est souvent un monarque absolu, celui qui décide seul et qui a tout le pouvoir. On a donc quelques pages qui visent la monarchie de l’époque et la monarchie en général mais qui ne seront appréciées et lues qu’au XXe siècle.

– Le passage sur l’explication du mécanisme de la corruption, c’est-à-dire sur comment est-ce que les personnes acceptent de rester l’esclave d’un tyran. La Boétie montre que dans la société de son temps, tous les cercles de pouvoir se tiennent et que si une personne dénonce le système, tout le monde va être mis en cause et que personne n’a intérêt à ce que le système s’effondre. Il explique cela en utilisant une image de cercle, qui rappelle les cercles de l’enfer mais qui est aussi révélatrice de certains mécanismes humains et politiques de comportement.

 

Thèmes importants

– La société humaine : comment elle fonctionne et s’organise.

– La liberté et de la servitude : pourquoi on accepte de renier sa liberté et en quoi la servitude peut être tolérable ou acceptée.

 

Citation

« Il ne s’agit pas de lui rien arracher (au tyran), mais seulement de ne rien lui donner ».

Ce que dit La Boétie c’est que le tyran n’est pas en position de force : ce sont les personnes qui sont sous son pouvoir qui sont libres de lui retirer leur obéissance et d’être tous « Contr’Un » (de renverser le pouvoir d’un seul par la majorité).

 

Bonus

Saint Germain ou la négociation est un roman de Francis Walder, mais il y a également un film qui permet de voir comment se passe une argumentation à la Renaissance, puisqu’il traite de négociations au moment des guerres de religion entre des personnages qui sont pour la paix et d’autres qui sont pour la poursuite de la guerre et qui occupaient plus au moins les mêmes charges que La Boétie au XVIe siècle.

Essais, Montaigne - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1572 à 1595 (trois éditions).

 

Genre

Ces œuvres appartiennent au genre de l’argumentation (essai). Le genre argumentatif de l’essai a été inventé par Montaigne.

 

Mouvement

Ces œuvres sont rattachées au mouvement humaniste, puisque Montaigne est un auteur de la Renaissance et qu’il prône les valeurs humaines : il s’interroge sur ce qu’est l’Homme en opposition aux animaux, et il s’intéresse à l’histoire ancienne des Grecs et des Romains pour comprendre comment fonctionne l’humanité sur le plan politique, stratégique, éducatif et moral. Il croit en l’Homme et en sa capacité à avancer et progresser.

 

Auteur

Michel de Montaigne (1533 – 1592) est un magistrat qui a fait ses études à Paris et qui a été le maire de Bordeaux deux fois de suite sans s’être présenté à ce poste. Il prend sa retraite à 33 ans et il va se tourner vers l’écriture : c’est à ce moment qu’il rédige ses Essais.

 

Moments-clés

– Le chapitre « Des Cannibales ». « Cannibale » voulait dire à l’époque « Indien » et non pas anthropophage. C’est un texte dans lequel Montaigne se fait écho de la découverte du Nouveau Monde à la fin du XVe siècle et où il raconte la conquête du Brésil par les Portugais et les rapports entre Indiens et colonisateurs. Ce texte traite ainsi de la question de l’Homme et le rapport entre deux peuples différents, ainsi que la question de la cruauté humaine.

– Le prologue « Au lecteur », qui pose le pacte de lecture de l’œuvre : Montaigne s’adresse directement au lecteur pour lui dire de quelle manière il faut lire son ouvrage.

 

Thématiques importantes

– La sincérité dans l’écriture qui est exposée dans le texte « Au lecteur » et qui n’est pas une nouveauté mais qui est fortement appuyée par Montaigne comme étant son cheval de bataille. Dans ses essais, on a beaucoup d’informations autobiographiques, on a des détails sur ses habitudes de vie.

– L’éducation. Dans le texte « Des Coches », Montaigne réfléchit sur la question de l’éducation des enfants par rapport à celle qui était dispensée dans son temps.

– La nature bonne ou mauvaise de l’Homme. C’est une thématique traitée dans le passage sur les cannibales, puisque Montaigne se pose la question de la cruauté que portent les Européens sur les Indiens. Montaigne avance la question de ce qu’on appelle aujourd’hui le relativisme culturel, c’est-à-dire qu’il compare différentes cultures pour montrer que les valeurs d’une culture vont être étranges pour une autre culture, et que toutes les questions de morale et de codes de conduite n’ont rient d’inné, ni d’acquis.

 

Citation

« C’est un livre de bonne foi lecteur ».

C’est une citation du passage « Au lecteur ». Il s’agit d’une prononciation de sincérité de la part de Montaigne et qui décrit sa démarche générale d’écriture.

 

Bonus

Le retour de Martin Guerre, film réalisé par Daniel Vigne.

Le film se passe à la Renaissance et raconte l’histoire d’un soldat qui revient de la guerre après des années, alors qu’il été considéré mort. On va douter de son identité et un procès sera mené. Il s’agit d’un fait réel et Montaigne lui-même a suivi ce procès.

Histoire d'un voyage fait en terre du Brésil, Jean de Léry - Écrit

Lettres persanes, Montesquieu - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1721, début du XVIIIe siècle.

 

Genre

Cette œuvre appartient au genre du roman épistolaire.

 

Mouvement

Cette œuvre s’inscrit dans le mouvement des Lumières, qui est un mouvement littéraire et philosophique. Les penseurs et auteurs des Lumières promeuvent l’idée qu’un bonheur est possible sur Terre, par opposition au Paradis, seul lieu de béatitude pour les chrétiens. Ces penseurs mettent de côté la foi et la religion lorsqu’il s’agit de réfléchir à la destinée humaine et à la morale. Ils souhaitent être guidés seulement par leur raison.

 

Auteur

Charles baron de Montesquieu, est un aristocrate. C’est aussi un académicien, c’est-à-dire qu’il a été élu à l’Académie française, une institution importante à l’époque et encore aujourd’hui concernant la littérature. Montesquieu est un grand voyageur, il a parcouru l’Europe pendant plusieurs années, pour y observer les différentes mœurs des pays et écrire notamment Les Lettres persanes.

 

Moments-clés

– Lettre 24 de Rica sur les Parisiens. Rica et Usbek sont deux Persans. La Perse est un espace géographique et politique qui correspond aujourd’hui au Moyen-Orient. Ces deux personnages sont tous les deux arrivés à Paris et détaillent comment les Parisiens se comportent. Les éléments de la vie parisienne relevés par Rica coïncident encore avec ceux d’aujourd’hui. Les Parisiens sont trop nombreux, toujours pressés, et peu polis.

– Lettre 161 de Roxane sur la révolte dans le harem. La lettre, écrite depuis la Perse est adressée à Usbek. Roxane explique que dans le harem où se trouvent les femmes d’Usbek, s’est formée une révolte dont elle est l’instigatrice. Elle lui annonce qu’elle va se suicider car son amant est mort, et qu’elle ne peut supporter de survivre à celui qu’elle aime et de risquer de se faire châtier par Usbek, son mari. Elle lui livre donc un discours de vérité, qui révèle la domination dans laquelle sont tenues les femmes face aux hommes dans le harem et la Perse de l’époque.

 

Thématiques importantes

– La satire est un procédé qui tourne en dérision des choses pour mieux dénoncer ce qu’on estime condamnable. Ici, il s’agit de la vision du Persan sur la société occidentale. Montesquieu se rit des travers de ses contemporains, que ces travers soient moraux, c’est-à-dire qu’ils concernent leurs comportements quotidiens, ou politiques lorsqu’il évoque le roi et religieux lorsqu’il évoque le pape.

– L’ironie est le fait de citer les propos de quelqu’un d’autre en mettant de côté l’adhésion à ce qui a été dit. C’est-à-dire citer quelqu’un en ne se prononçant pas sur le fait qu’il ait raison ou tort. L’ironie comique cite quelque chose pour entendre le contraire de ce qui a été dit. Il s’agit alors de la figure de style de l’antiphrase qui signifie que l’on veut dire l’inverse de ce que l’on dit.

– Le relativisme culturel, signifie que d’un pays à un autre les habitudes sont différentes. Cela amène à se demander en quoi nos habitudes sont-elles meilleures et davantage raisonnables que celles d’autrui. Ce thème est un grand ressort de la pensée des Lumières. Il apparaît chez Diderot dans Le Supplément au Voyage de Bougainville.

– Le rapport entre les hommes et les femmes se retrouve dans la lettre de Roxane. Cette lettre donne la parole à une femme, fait peu courant dans la littérature du XVIIIe siècle. Elle dénonce un rapport de force au désavantage des femmes.

 

Citation

« Depuis un mois que je suis ici, je n’y ai encore vu marcher personne. »

Cette citation est extraite de la lettre de Rica sur les Parisiens. Elle dénonce le fait que les Parisiens ne s’arrêtent jamais de courir, cette expression est une exagération du comportement des Parisiens.

 

Bonus

Candide de Voltaire où un personnage naïf, comme Rica et Usbek, découvre les mœurs de pays différents à travers l’Europe.

L’Ingénu de Voltaire, où un indien d’Amérique du Nord, un huron, arrive en Europe et s’étonne de toutes les nouveautés qu’il découvre et qui diffèrent des ses propres habitudes.

Fables, La Fontaine - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1678

 

Genre

Ces œuvres appartiennent au genre argumentatif (apologue).

 

Mouvement

Ces œuvres sont rattachées au mouvement classique, qui caractérise l’époque de Louis XIV. Le mouvement se définit par une certaine rigueur, un respect du cadre. Cela peut se voir à travers l’emploi de vers dans des formes qui reprennent des fables antiques.

 

Auteur

Jean de La Fontaine (1621 – 1695) est un auteur noble. Il avait la charge de forêts et il a dédié ses fables à l’éducation des enfants des personnalités importantes de la cour. Il cherche aussi à édifier moralement les adultes/

 

Moments-clés

– « Le Loup et l’agneau », qui ouvre le premier livre de fables. Le loup va chercher à justifier auprès de l’agneau le fait qu’il le mange alors qu’il n’en a pas besoin puisqu’il est le plus fort de deux. A travers cet apologue on cherche à démontrer comment s’organisent les rapports de dominations des uns sur les autres et comment la raison peut toujours être détournée de manière que l’on légitime la force plutôt qu’on ne la discrédite.

– « Le Savetier et le financier ». On a deux personnages dont l’un prône l’accumulation de biens (le financier) et la stabilité économique ; quand l’autre (le savetier) est quelqu’un qui s’intéresse seulement à jouir des activités qu’il exerce. Ils vont s’affronter jusqu’à ce que l’un de deux ait le dessus et que La Fontaine dresse une morale à ce sujet.

– « Le Pouvoir des fables » est un texte où La Fontaine fait un retour sur sa propre écriture de fables. Il prend l’exemple d’un orateur antique qui cherche à intéresser son public sans y parvenir et qui finit par raconter une histoire mettant en scène des animaux, comme La Fontaine le fait. En cela, le fabuliste indique que c’est par le détour par l’histoire que l’on peut intéresser et éduquer les hommes.

 

Thématiques importantes

– La société humaine : la manière dont les hommes, sous-couvert des animaux qui les représentent, vivent entre-eux.

– La politique : comment cette société est gouvernée par ceux qui sont choisis.

– Le bonheur humain qui est toujours lié à la morale, au bien et au mal et aux choix qu’il faut faire pour être heureux.

– Le maître et valet et tous les rapports de domination entre les hommes.

 

Citation

« Si peau d’âne m’était conté, j’y prendrai un plaisir extrême ».

« Si peau d’âne m’était conté  est devenue une phrase idiomatique en français ; on ne sait même plus qu’elle vient de La Fontaine. C’est une manière d’indiquer que la fable est plus forte que les textes argumentatifs.

 

Bonus

Regarder sur internet les vidéos de Fabrice Luchini.

Candide, Voltaire - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1759, deuxième partie du XVIIIe siècle.

 

Genre

C’est un texte argumentatif et plus précisément un conte philosophique. À travers une histoire construite comme un conte de fée, il s’agit de donner à réfléchir pour faire l’éloge ou le blâme de quelque chose ou pour amener le lecteur à réfléchir à un sujet.

 

Mouvement

Ce texte appartient au mouvement des Lumières, mouvement du XVIIIe siècle prônant l’usage de la raison contre les vérités reçues sans réflexions préalables de la foi. Rousseau, Diderot et Voltaire, les principaux représentants du mouvement des Lumières se prononcent pour l’usage de la raison et pour des décisions éclairées des hommes au cours de leur vie.

 

Auteur

Voltaire, de son vrai nom François-Marie Arouet, critique la société et le gouvernement de son temps (Louis XV). Voltaire est engagé, terme à utiliser avec précaution car il apparaît seulement après la Seconde Guerre mondiale, mais applicable à Voltaire puisque c’est intellectuel qui lance des campagnes d’opinion pour sauver ou réhabiliter des personnes (affaire Calas ; affaire du chevalier de la Barre).

 

Moments-clés

– Candide chassé du château de Thunder-der-Tronck. La prononciation du nom de ce château est compliqué ce qui est fait exprès par Voltaire (comique). Candide est chassé car il a embrassé sa cousine Cunégonde, ce qui apparaît comme quelque peu disproportionné. De plus, cela entre en contradiction avec ce que lui a appris son maître Pangloss, pour qui tout est toujours pour le mieux dans le meilleur des mondes, de ce fait Candide ne comprend pas ce qui lui arrive et constate que la réalité contredit les principes qui lui on été inculqués.

– Tremblement de terre de Lisbonne. Cet événement historique a dévasté la ville de Lisbonne et Voltaire décrit ce qu’il se passe grâce à Candide qui s’y trouve avec Pangloss au même moment : tremblement de terre, tsunami, incendie. L’un comme l’autre s’interrogent donc sur le fait que ce monde n’est peut être pas le meilleur qui existe.

– Retraite en Turquie. À la fin de leur péripéties, Candide et Pangloss se retrouvent en Turquie à Constantinople où il achèvent leur voyage semé d’embûches. Lors de cette retraite, ils consultent un sage qui saura leur dire si oui ou non ce monde est le meilleur qui soit.

 

Thématiques

– Personnage de l’ingénu (Candide). À travers ce personnage, Voltaire pose un type de personnage qui sera repris par beaucoup d’auteurs. L’ingénu est un terme qui désigne celui qui n’est pas doué de génie. Candide est celui qui ne comprend pas, il est naïf et perd ses illusions au fur et à mesure de ses expériences. Le texte se présente presque comme un « roman » d’initiation avec un jeune personnage, plein d’idéaux, qui les perd petit à petit.

– L’optimisme et l’opposition entre la foi et la raison. On ne soutient l’idée que tout est bien dans le meilleur des mondes que si l’on croit en Dieu et si l’on croit que Dieu est bon. En effet, s’il est bon, il ne peut vouloir que le bien des hommes et donc il doit tout prévoir pour que tout se passe pour le mieux (récompenser les gentils et punir les méchants). Or, cela entre en contradiction avec ce que vivent les personnages. Le problème de la bonté de Dieu se pose ainsi que celui de la théodicée (comment comprendre que le mal existe si l’on croit en Dieu, problème posé par le philosophe Leibniz).

 

Citations

« Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. » Principe constamment remis en question et discuté.

« Il faut cultiver notre jardin. » Morale finale édictée lors de la retraite en Turquie qui pousse les personnages à s’occuper d’eux-mêmes avant d’aller courir le monde.

 

Bonus

L’Ingénu, de Voltaire. Autre personnage de naïf : un indien d’Amérique du Nord va, lui aussi, perdre ses illusions sur le monde qui l’entoure.

De la servitude volontaire, La Boétie - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

De quel auteur La Boétie était-il proche ?

Il s’agit de Michel de Montaigne. Etienne de La Boétie et lui étaient amis, quoi que ce fut une amitié courte puisque La Boétie est mort jeune et ils ne se sont connus que quatre ans. Mais c’est une amitié qui a laissé un forte trace dans l’œuvre de Montaigne qui a décidé d’éditer les poèmes de La Boétie ainsi que le Discours de la servitude volontaire

 

À quel mouvement se rattache ce livre ?

Ce livre se rattache au courant de l’humanisme, qui s’ancre dans la période de la Renaissance.

 

I. Questions sur le texte « Contre la monarchie »

 

Quel régime politique défend La Boétie ?

Le régime politique que défend La Boétie en critiquant la monarchie, c’est la république. Etienne de La Boétie est quelqu’un qui a beaucoup étudié la République vénitienne et qui a trouvé dans ce modèle politique un idéal qu’il voulait propager en France.

 

Comment l’auteur construit-il son argumentation ?

C’est un texte qui est construit par apostrophes : La Boétie interpelle ses lecteurs à travers un certain nombre de questions. Ces questions peuvent être rhétoriques ou oratoires, c’est-à-dire que ce sont des questions qui n’appellent pas forcement à des réponses puisqu’elles les contiennent dans leur propre formulation. La Boétie va ainsi demander « comment peut-on accepter de rester sous le joug d’un tyran qui ne tire son pouvoir que de ses esclaves ? ». La réponse est dans la question : on ne peut pas.

 

La Boétie cherche-t-il à convaincre ou à persuader ?

« Convaincre » veut dire faire accéder quelqu’un à une théorie ou thèse par sa raison. « Persuader » c’est faire accepter à quelqu’un une position en jouant sur ses émotions. La Boétie cherche à la fois à convaincre et à persuader, puisqu’il fait appelle à une argumentation solide et structurée à travers une série d’arguments, et parce qu’il veut jouer sur le sentiment d’indignation de ses lecteurs en révélant une injustice dont ils sont les victimes et que, souvent, ils n’avaient pas perçu comme telle avant de lire le texte. Il s’agit de faire appel aux émotions et à la raison du lecteur pour le pousser à se défendre face à l’injustice.

Essais, Montaigne - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

À quel mouvement littéraire et intellectuel se rattache cet auteur ?

Au mouvement humaniste qui est caractéristique de la Renaissance. L’humanisme, en tant que mouvement littéraire, se caractérise par l’adoption de la forme de l’essai. Sur le plan intellectuel, ce mouvement prône la croyance en la perfectibilité de l’Homme et en la transmission fertile du savoir de génération en génération.

 

Qu’est-ce qu’un essai ?

L’essai est un genre de l’argumentation. Cela signifie que c’est un texte argumentatif et qu’il va présenter des caractéristiques en particulier. Il s’agit d’un texte qui est libre, qui ne présente pas une structure prédéfinie. L’auteur va présenter une idée qui est, soit la sienne, où qu’il va examiner pour savoir s’il va y adhérer, et qui va cumuler des exemples et anecdotes ainsi que des arguments de manière libre.

L’essai est un genre inventé par Montaigne qui va prospérer puisque encore aujourd’hui on écrit des essais. C’est un des genres phares de l’argumentation au XXe et XXIe siècle.

 

II. Questions sur « Des Cannibales »

 

Quel est le point de vue développé par Montaigne : celui des Indiens ou des Européens ?

C’est un texte qui parle de l’arrivée des Portugais au Brésil et de la manière dont les peuples se rencontrent. Alors que dans beaucoup de récits de voyages de l’époque on privilégie le point de vue des Européens, Montaigne privilégie le point de vue des Indiens et il va montrer comment la cruauté supposée des Indiens n’a rien à envier à celle des colonisateurs portugais.

 

Ce passage tient-il plus du récit ou de l’argumentation ?

On a un passage où Montaigne décrit la torture infligée par les Indiens aux Portugais et celle infligée par les Portugais aux Indiens. On a donc deux passages du récit qui sont insérés dans l’argumentation. On peut dire que ces passages s’inscrivent sous la forme de l’apologue : le fait de raconter une histoire pour aboutir à une morale ou à une thèse. Montaigne utilise l’apologue pour construire une argumentation.

 

III. Questions sur « Au lecteur »

 

Quelle est la fonction de ce texte ?

Ce texte ouvre les Essais : c’est la préface ou l’avant-propos. C’est le moment où l’écrivain s’adresse directement à son lecteur et où il va lui indiquer comment lire et comprendre ce qu’il a écrit. Montaigne propose un pacte de lecture à ceux qui le liront, qui implique d’être indulgent envers l’écriture et qui relève de l’autobiographie. L’écrivain s’engage à écrire des choses sincères et vraies et il engage son lecteur à croire en sa parole.

Candide, Voltaire - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

Qu’est-ce qu’un conte philosophique ?

Il s’agit d’un sous-genre de l’argumentation. Genre narratif et bref qui s’inscrit dans les codes du conte de fée. Il y a une situation initiale, un élément perturbateur, une quête poursuivie par un héros, des opposants et des adjuvants à cette quête, des péripéties et une situation finale. Ces codes sont repris mais déplacés, Candide est le héros, Pangloss l’adjuvant mais on ne peut pas vraiment parler de quête car on ne sait pas trop ce que cherche Candide sinon une certaine forme de bien-être ou de bonheur. L’objectif de la narration reste donc assez flou. Néanmoins, il s’agit bien d’un conte par ces événements merveilleux, par les multiples péripéties traversées par les protagonistes et par la dimension brève de la narration.

Le conte est philosophique dans la mesure où il développe une argumentation et où il s’agit d’une histoire qui démontre une thèse soutenue par l’auteur.

 

Résumez l’intrigue.

L’intrigue est complexe car les péripéties sont nombreuses. Pour structurer la réponse, il faut appuyer sur la situation initiale : qui est Candide ? Où vit-il ? Qui sont les personnages qui l’entourent au début ? Ensuite, rappeler quelques péripéties et conclure en rappelant pourquoi les personnages se situent tous ensemble lors de la situation finale alors qu’ils s’étaient dispersés au cours du récit (rencontre avec le sage turc à Constantinople).

 

À quel mouvement appartient ce texte ?

Voltaire est un auteur du XVIIIe siècle, illustre représentant du mouvement des Lumières. Le texte de Candide s’inscrit dans ce mouvement notamment à travers sa critique de la religion puisqu’on croise notamment des procès en inquisition et en hérésie.

 

II. Questions sur le tremblement de terre de Lisbonne

 

Cet événement est-il réel ? Que pouvez-vous en dire ?

Oui, c’est un événement historique réel du XVIIIe siècle qui a dévasté la capitale du Portugal, Lisbonne (tremblement de terre, tsunami, incendie). Cet événement dévastateur a fait réfléchir les philosophes de l’époque sur l’idée que tout serait pour le mieux (idée philosophique défendue et propagée par des penseurs comme Leibniz) et Voltaire critique cette idée en montrant qu’il n’est pas possible de penser cela si on assiste à des tragédies comme celle qui a touché la ville de Lisbonne. Dans le texte de Candide, cet événement prend la même fonction que dans la vie réelle : il vient remettre en cause les certitudes des personnages.

 

Quelle est la fonction de cet événement dans l’intrigue ?

Cet événement vient perturber la psychologie des personnages et remet en question leurs certitudes sur leur confiance en la vie (leur optimisme).

La « fonction » désigne le stade de la narration où se passe l’intrigue. Ici, on se demande s’il s’agit d’un élément perturbateur qui lance l’intrigue ou s’il s’agit d’une des péripéties. L’événement perturbateur de Candide c’est plutôt le fait que le personnage éponyme soit chassé du château. On peut donc considérer le tremblement de terre comme une péripétie.

 

III. Question sur l’explicit

 

Comment comprenez-vous la dernière phrase ?

Il s’agit de « Il faut cultiver notre jardin. » C’est une phrase utilisée à deux reprises sans que Voltaire ne l’explique. On peut la mettre en relation avec la métaphore agricole mais aussi avec la culture de l’esprit, chère aux philosophes des Lumières.

Lettres persanes, Montesquieu - Oral

I. Questions pour l’oral sur l’ensemble de l’œuvre

 

À quel genre romanesque appartient ce texte ?

Cette œuvre appartient au genre du roman épistolaire, comme Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos.

 

En quoi ces lettres sont-elles persanes ?

Les personnages auteurs des lettres sont Persans, ils viennent de la Perse située dans le Moyen-Orient. La Perse était un territoire très étendu au XVIIIe siècle et tenu en haute estime par l’Occident. La Perse entretenait de nombreux échanges commerciaux, qui favorisent une mode orientale au XVIIIe. Beaucoup de motifs orientaux sont utilisés dans des contes philosophiques comme dans Zadig de Voltaire mais aussi par des traductions de textes venus d’Orient comme Les Mille et Une Nuits. La Perse a aujourd’hui disparu et ce territoire est divisé en plusieurs pays.

 

II. Question sur la lettre de Rica sur les Parisiens

 

Quel est le type de comique employé dans cette lettre ?

Le comique déployé dans cette lettre est un comique satirique. Rica se moque des Parisiens, notamment du fait qu’ils sont toujours pressés et qu’ils n’ont pas le même rapport au temps que les Orientaux. Rica fustige une société occidentale basée sur des affaires, des préoccupations permanentes qui s’opposent au mode de vie oriental tel que le conçoivent les occidentaux comme Montesquieu.

 

III. Question sur la lettre de Roxane à Usbek, dernière lettre de l’œuvre

 

En quoi cette lettre est-elle surprenante ?

Roxane décrit la révolte des femmes du harem d’Usbek. La correspondance d’Usbek et de Rica révèlent les mœurs occidentales d’un point de vue oriental, ce qui permet de prendre du recul pour mieux critiquer la société. Cette lettre propose aux lecteurs d’avoir un avis critique aussi bien sur leurs mœurs occidentales que sur celles des Orientaux vis-à-vis des femmes. En effet, cette lettre marque un retournement de situation puisque l’action ne se déroule pas à Paris mais en Perse où Roxane, la première épouse du sultan Usbek, lui révèle qu’elle l’a trompé depuis plusieurs mois et qu’elle n’en conçoit aucune honte, bien qu’elle ne l’ait révélé à personne pour ne pas tacher l’honneur d’Usbek. Dans les lettres précédentes Rica et Usbek considéraient les femmes comme des êtres inférieurs qu’il faut dominer. Cette lettre est donc un retournement puisqu’elle agit comme un plaidoyer en faveur des femmes, pensée conforme à l’esprit des Lumières, dont fait partie Montesquieu.

Histoire d'un voyage fait en terre du Brésil, Jean de Léry - Oral

Fables, La Fontaine - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

A quel genre de l’argumentation appartiennent les fables ?

Les fables appartiennent au genre de l’argumentation de l’apologue. On propose une histoire en illustration d’une morale ou d’une opinion qui va être défendue de manière persuasive. L’auteur fait appel aux émotions des lecteurs pour lui faire adhérer à une idée.

 

A quel auteur La Fontaine emprunte-t-il cette forme littéraire ?

Cette forme littéraire vient d’Ésope, qui est un auteur latin de l’Antiquité. La Fontaine emprunte donc cette forme à Ésope : c’est de lui qu’est née toute la tradition de la fable en littérature française.

 

II. Question sur « Le Loup et l’agneau »

 

A la lecture de cette fable, la morale liminaire est-elle sincère ou ironique ?

« Liminaire » veut dire ce qui est au seuil ou au début de quelque chose. La morale liminaire, dans cette fable, c’est « la raison du plus fort est toujours la meilleure ». C’est la première phrase qui ouvre la fable. D’une part, La Fontaine nous montre que c’est bien le loup qui va l’emporter sur l’agneau, même si ses raisons ne tiennent pas. On peut dire qu’en ce sens, la raison du plus fort n’est pas forcément la meilleure, sachant qu’au XVIIIe siècle, « raison » veut simplement dire « argument ». La fable illustre donc que le loup peut l’emporter parce qu’il est le plus fort même si ses arguments ne marchent pas. C’est donc à la fois sincère et ironique et il y a une ambiguïté pour comprendre le terme de « raison ».

 

III. Question sur « Le Pouvoir des fables »

 

Quels arguments pouvez-vous opposer à La Fontaine ?

La Fontaine finit cette fable en disant que la meilleure manière de toucher le public, c’est l’apologue, qui utilise une argumentation indirecte. On pourrait dire, par exemple, qu’argumenter directement est mieux parce que l’argumentation indirecte détourne l’attention ou ce n’est pas toujours assez claire pour présenter une idée de manière efficace.

Histoire d'un voyage fait en terre du Brésil, de Léry - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1578, fin du XVIe siècle, à la Renaissance.

 

Genre

Cette œuvre appartient au genre de l’argumentation.

 

Mouvement

Cette œuvre ne se rattache pas à un mouvement littéraire clair, il appartient au sous-genre du récit de voyage.

 

Auteur

Jean de Léry est un réformé c’est-à-dire un protestant. La Renaissance est une période marquée par les guerres de religion, où plusieurs formes de compréhension de la religion chrétienne se sont développées. Il part vivre au Brésil pendant un an dans une colonie de réformés. Il observe ainsi les différences de vie entre les Brésiliens qu’il appelle les Américains, et les Européens. Il décrit aussi des espèces de la faune et de la flore, inconnues en Europe, comme les poissons volants.

 

Moments-clés

Jean de Léry étudie les manières de vivre et de se comporter des américains. Le texte le plus connu, extrait du chapitre 7 de cette œuvre, détaille les différences vestimentaires entre les deux peuples. Les Américains ont un rapport à la nudité différent de celui des Européens, ces derniers préfèrent se couvrir par pudeur alors que les Américains du Brésil sont peu vêtus.

 

Thématiques importantes

– Humanité et convenances. Il s’agit de l’opposition nature/culture. Est-il naturel d’avoir honte de se promener nu, ou cela est-il culturel ? Diderot aborde les mêmes questions dans Le supplément au voyage de Bougainville, avec les Tahitiens.

– L’égalité en droit est-elle accordée de la même manière aux Européens qu’aux Américains ?

– La moralité. Sur quels principes sont basés le bien et le mal ?

– La question de la rencontre de l’autre est soulevée au XVIe siècle par la découverte du Nouveau Monde en 1492 par Christophe Colomb.

 

Bonus

La Controverse de Valladolid écrit par Jean-Claude Carrière et son adaptation au cinéma par Jean-Daniel Verhaeghe. Par un débat polémique, cette œuvre illustre les principes rhétoriques de l’argumentation. La question posée lors de ce débat qui a réellement eu lieu en 1550 était : Les indiens ont-ils une âme?

Rouge Brésil de Jean-Christophe Rufin est un roman où deux enfants sont enlevés pour servir d’interprètes au Brésil et assistent aux rapports conflictuels entres européens et américains.

Histoire d'un voyage fait en terre du Brésil, de Léry - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

Que savez vous de Jean de Léry ?

Jean de Léry est né au XVIe siècle, il est protestant et décide de partir au Brésil pour participer à la fondation d’une colonie protestante, ce qui était courant à la Renaissance avec la découverte du Nouveau Monde, en réaction avec les guerres de religions en Europe. Certains protestants persécutés décidaient d’émigrer vers le Nouveau Continent.

 

À quel genre narratif ce rattache ce texte ?

Le type de récit est ici un récit de voyage. Dans les récits de voyage, l’auteur est souvent le narrateur du texte et décrit les étapes du voyage, le transport, la faune et la flore observés sur place, ainsi que les mœurs des habitants.

 

II. Questions sur le chapitre 7, extrait traitant de la manière de se vêtir des Européens et des Indiens

 

La position adoptée par Jean de Léry est-elle surprenante ?

Dans cet extrait, Jean de Léry, prend parti pour la manière de se vêtir des Indiens, alors que ses compatriotes étaient troublés que les Indiens soient peu vêtus. Au contraire, Jean de Léry défend cette nudité comme étant adaptée à la vie des Indiens. Il met en opposition cette manière de se vêtir avec celle des Européens, qu’il pense trop préoccupés par la mode et par des habits qui ne sont pas fonctionnels. La position adoptée par Jean de Léry est donc surprenante à l’époque. Elle est surprenant aujourd’hui par le fait qu’il marque son désaccord avec ses contemporains.

 

Quelle est la cible de la critique de l’auteur ?

Ici, il s’agit donc des Européens. Chassé d’Europe par ses compatriotes catholiques, Jean de Léry se fait ensuite chasser de la colonie protestante par le fondateur, qui se convertit au catholicisme. Jean de Léry part ensuite vivre avec les Indiens qui l’accueillent. Cela explique le regard critique qu’il porte sur les Européens, habitants d’une terre dont il s’est fait chassé, alors que les Indiens l’ont accueilli.

 

Jean de Léry cherche-t-il à convaincre ou à persuader ?

Convaincre signifie faire admettre à quelqu’un une idée, une position ou une opinion grâce à des arguments logiques. Persuader signifie faire admettre quelque chose à quelqu’un par le biais des sentiments. Jean de Léry cherche à convaincre en donnant des arguments rationnels. Il explique qu’il y a plus d’impudeur à se cacher le corps ou mettre en valeur certaines partie comme les seins des femmes avec des décolletés, alors que la nudité des Indiens est naturelle et n’est pas pour eux une manière de se distinguer les uns des autres. Cependant Jean de Léry utilise aussi la persuasion en essayant de culpabiliser les Européens en leurs montrant la vanité dont ils font preuve. Il reprend un message religieux pour avertir les Européens qu’avant de critiquer autrui il faut se critiquer soi-même. C’est au nom de la religion qu’il fait l’éloge des Indiens et le blâme des Européens.

Zadig, Voltaire - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

Cette œuvre a été publiée en 1747, au milieu du XVIIIe siècle.

 

Genre

Cette œuvre est un conte philosophique.

 

Mouvement

Cette œuvre fait partie du mouvement des Lumières. Les Lumières est un mouvement philosophique, littéraire et artistique. Ce mouvement met en avant l’importance de la raison et de la rationalité sur les questions que la philosophie pose sur l’homme, sur le bien et le mal. Le mouvement croit en l’idée du progrès dans l’Histoire. C’est-à-dire que l’Histoire avance, les hommes sont perfectibles, les erreurs passées ne se reproduiront pas grâce à la culture et au savoir.

 

Auteur

François-Marie Arouet se donne pour nom de plume Voltaire, qui est en réalité un anagramme de son nom écrit en latin : Arovet LJ (le jeune). Il est le fils d’un notaire, c’est donc un roturier. Très jeune, Voltaire veut faire une carrière d’homme de lettres tandis que son père le destine à faire carrière dans le droit. Cependant, il parvient, en tissant des relations, à se faire protéger par plusieurs nobles, et devient historiographe du Roi Louis XV, c’est-à-dire qu’il a la charge d’écrire les actions et décisions du Roi.

Zadig est un conte qui ressemble à Candide, un autre conte philosophique de Voltaire. Zadig et Candide sont de jeunes hommes qui découvrent la vie à travers plusieurs mésaventures. Contrairement à Candide, l’action ne se passe pas en Occident mais au Moyen-Orient, notamment à Babylone.

 

Moments-clés

– Chapitre 1, l’incipit. Zadig aime une femme enlevée. Zadig cherche à la retrouver, il est blessé en combattant et devient borgne. C’est ensuite pour cette raison que la femme le quitte. Cette première mésaventure mêle ironie et absurdité puisque le personnage, en faisant un acte de bravoure pour sauver celle qu’il aime, reçoit l’inverse de ce qu’il souhaitait.

– Chapitre 7. Les adeptes d’un temple se disputent pour savoir s’il faut entrer par le pied droit ou gauche dans le temple. Zadig résout la question en sautant à pieds joints pour entrer. Cette démarche illustre celle des Lumières qui cherche à contrer les préjugés liés à l’adhésion à une foi pour montrer que c’est la raison qui doit prévaloir dans l’action humaine et la conception du monde.

 

Thématiques importantes

– La ruse est utilisée par Zadig pour se sortir de situations complexes en utilisant sa rationalité.

– Justice et injustice. En disant la vérité ou en proposant des arguments logiques, Zadig se met à dos des personnages détenteurs du pouvoir et dont l’autorité est conservée par des croyances que ces personnages propagent et imposent. C’est ainsi que Zadig est condamné à mort puis sauvé in extremis.

 

Citation

« Il est important de se faire à l’idée que le mal est un élément nécessaire à l’ordre du monde ».

Cette phrase apparaît au dernier chapitre. Elle est dite par un ermite auprès duquel Zadig séjourne avant d’épouser la Reine et de devenir Roi. Cette phrase fait référence à celle dite par Pangloss dans Candide, où il explique que sans le mal le monde n’existerait pas. Cela répond aux questions que Zadig et Candide se posent. Par exemple : pourquoi le mal existe et quel sens faut-il lui donner ?

 

Bonus

Certains chapitres de Zadig font référence aux Trois princes de Serendip qui date de 1557. Il s’agit d’une fable ou trois princes vont trouver ce qu’ils cherchent par des chemins inattendus. Cela a donné le terme « sérendipité » utilisé notamment en sciences. Il s’agit de trouver la réponse à un problème en empruntant une voie qui n’était pas celle prévue au départ.

Zadig, Voltaire - Oral

Questions pour l’oral

 

À quel mouvement littéraire se rattache cette œuvre ?

Le mouvement littéraire auquel se rattache cette œuvre est le mouvement des Lumières. Ce mouvement prône la raison pour résoudre des questions, faire progresser les techniques, régler les différents entre les hommes grâce aux lois, à des dispositifs politiques comme la séparation de l’Église et de l’État, ou la séparation des pouvoirs. Zadig est un personnage qui va affronter plusieurs situations et personnages, et qui grâce à sa raison va proposer des résolutions de conflits qui seront la solution victorieuse in fine malgré les rebondissements éventuels.

 

À quel autre texte de Voltaire celui-ci vous fait-il penser ?

Zadig ou la destinée est un conte philosophique qui rappelle le conte philosophique Candide. Car dans Candide, comme dans Zadig, le personnage principal est un jeune homme qui, au début, va être chassé par un imprévu. Candide est chassé du château pour avoir embrassé Cunégonde. Zadig, quant à lui, va tenter de défendre maladroitement sa promise qui va le quitter. Dans les deux cas, il y a une situation amoureuse, une déception et une injustice. Ces deux jeunes hommes naïfs vont être propulsés dans un monde hostile différent de celui auquel ils avaient à faire durant leur enfance. L’un comme l’autre vont faire un apprentissage de la vie et perdre leur naïveté et leurs illusions pour développer une sagesse par rapport au monde. Le récit d’apprentissage a des origines espagnoles, Voltaire le transpose ici dans un conte philosophique.

 

À quelle littérature fait référence Voltaire ?

Le prénom Zadig est d’origine orientale, les lieux évoqués comme Babylone, sont orientaux. La littérature à laquelle Voltaire fait référence est la littérature orientale, souvent traduite au XVIIIe siècle. Voltaire s’inspire notamment des Mille et une nuits traduit au XVIIIe siècle. Dans Zadig on retrouve cet enchaînement d’histoires sans rapport entre elles qui mènent au dénouement final. Voltaire s’est aussi inspiré Des trois Princes de Sérendipe traduit au XVIIe siècle. Il s’agit de trois Princes qui vont trouver ce qu’ils cherchent par des biais inconnus et inattendus. Dans Zadig on retrouve ce principe de découverte par hasard qui amène à réfléchir sur la fatalité, la destinée et la contingence du destin.

Le Dernier Jour d'un condamné, Hugo - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1829

 

Genre

Cette œuvre appartient au genre de l’argumentation, sous forme de journal intime, de monologue intérieur. 

 

Information générale

D’un point de vue historique, il s’agit d’un roman qui marque une étape importante vers le long chemin jusqu’à l’abolition de la peine de mort, qui n’aura lieu en France qu’en 1981. D’un point de vue littéraire, c’est une forme résolument nouvelle puisque Victor Hugo défend ses idées non pas par un essai social ou politique ou un discours, mais par la fiction. Au centre de cette fiction, il place un condamné dans sa prison, il met en place une fiction qui fait que ce condamné a accès à un papier et à un stylo et il écrit continuellement du matin jusqu’au soir. Le lecteur a accès à ses pensées et à travers cette fiction c’est comme s’il pouvait entrer dans le cachot du prisonnier.

Ce prisonnier raconte son état intérieur sans se raconter lui-même. En effet, Victor Hugo évacue toutes les questions qui sont relatives au crime, au fait que le condamné soit coupable ou non ou qu’il éprouve des remords ou pas ; questions qui sont normalement centrales dans un débat sur la peine de mort.

On est donc face à un personnage qui n’a pas de passé ni d’avenir, qui est seulement pris dans son immédiat, dans un temps serré qui agit comme un compte à rebours vers la mort. Tout cela rend le livre angoissant pour le lecteur, et ce système de dépersonnalisation permet au lecteur une identification beaucoup plus simple.

 

Énonciation

L’émetteur (le condamné) parle à la première personne du singulier avec « je ». Il s’agit donc d’un narrateur-personnage avec un point de vue interne. Le récepteur est lui-même car il écrit pour lui : c’est un monologue intérieur. Au nivau spatial, on est situé dans la prison Bicêtre et au niveau temporel, cela fait cinq semaines que le condamné est en prison et il s’agit de son dernier jour. Le sujet est la mort qui approche et le but est de raconter au lecteur les souffrances que peut endurer un condamné dans cette situation.

 

Champs lexicaux et registre

Le champ lexical tourne constamment autour de la mort, de la prison, de la peur et la souffrance.

Le registre est pathétique, car il a pour but d’émouvoir le lecteur et cela va permettre à Victor Hugo de faire penser aux lecteurs que la peine de mort est inhumaine.

 

Conclusion

L’originalité de la construction, notamment par la dépersonnalisation et la foule de sentiments éprouvés par le lecteur font de ce texte un de plus grands réquisitoires de la langue française contre la peine de mort.

Le Dernier Jour d'un condamné, Hugo - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

En quoi cette fiction révèle-t-elle l’engagement de Victor Hugo dans une cause sociale et politique de son temps ?

Cette œuvre est un réquisitoire contre la peine de mort à laquelle Victor Hugo s’oppose. Au XIXe siècle, la peine de mort fait tomber encore beaucoup de têtes et Victor Hugo lui-même a assisté dans son enfance à une condamnation à mort. Il a été frappé par la violence du procédé, par la « mise en scène de la mort : la potence est placée sur une scène publique pendant que la foule crie sa haine au condamné. Cet épisode l’a traumatisé car on se rend compte que la violence est voulue, puisqu’un des arguments pour la peine de mort est la dissuasion : tout est orchestré pour qu’on puisse montrer au peuple ce qui arrive à ceux qui se comportent mal.

Victor Hugo dénonce cette violence comme étant inhumaine dans cette oeuvre, non par un discours ou un essai, mais bien par une fiction. C’est l’ensemble des procédés d’écriture qui témoignent de son engagement, car il fait rentrer le potentiel lecteur, qui croit que le condamné doit mourir, dans la cellule. L’auteur nous fait entrer dans le huis clos d’un prisonnier et presque dans sa conscience. Cela crée un lien entre le lecteur et le prisonnier qui pousse le lecteur à faire un premier pas vers la compréhension de l’autre et à se dresser contre la peine de mort.

 

En quoi cette œuvre fait-elle de Victor Hugo un héritier des philosophes des Lumières ?

Les philosophes des Lumières ont produit une œuvre littéraire qui a impacté la réalité car on dit que ces philosophes ont amené à la Révolution française. L’abolition de la peine de mort a eu lieu un siècle après la publication de cette oeuvre. On ne peut pas dire que Victor Hugo a fait en sorte qu’on abolisse la peine de mort, mais il a eu un impact sur la réalité puisque Robert Badinter a préfacé une des éditions de ce livre. Badinter est l’un des symboles de l’abolition de la peine de mort. Ainsi, Victor Hugo place l’homme au sein des préoccupations où on lutte contre un pouvoir ou une justice qui seraient en fait écrasants ou injustes.

 

II. Question sur « Il est dix heures. Ô ma pauvre petite fille », chapitre 26

 

En quoi ce texte agit-il comme un réquisitoire contre la peine de mort ?

On est dans une fiction qui est double : le personnage s’écrit à lui-même, il est dans un monologue intérieur, et d’un coup le destinateur n’est plus lui mais sa petite fille. L’énonciation est fictive, car la petite fille ne va jamais recevoir la lettre. Il y a un épanchement des sentiments et le lecteur tombe dans une angoisse qui nous amène à penser que le condamné est dans une situation horrible.

De la même façon, c’est un de seuls moments où le personnage est montré avec une vie autour de lui et pas seulement seul dans sa cellule. Il est montré comme un père aimant. Ainsi, le lecteur pense que la condamnation est double, puisqu’il va mourir et son enfant est condamné à vivre sans père. Cela remet au cœur du texte l’injustice liée à la peine de mort.

"Des coches", Essais, Montaigne - Écrit

« Des coches » est un chapitre tiré du troisième livre des Essais de Montaigne. Le terme « coche » signifie voiture en ancien français.

 

Date de publication

La première publication du troisième livre des Essais a eu lieu en 1588. Une seconde édition est parue en 1595. Cette seconde édition est dite posthume car elle a été publiée après la mort de Montaigne. Il s’agit d’une édition corrigée. Les deux éditions sont donc différentes.

 

Genre

Cette œuvre littéraire appartient à la littérature d’idées. Il s’agit d’un essai. L’essai est un genre littéraire inventé par Montaigne. Le but de Montaigne était d’éprouver ses pensées.

 

Mouvement

Montaigne appartient à l’Humanisme, un mouvement littéraire, intellectuel et artistique fondé à la Renaissance (XVIe siècle). L’Humanisme consiste à placer l’homme au centre des préoccupations, par opposition à la période médiévale durant laquelle la religion était au centre des préoccupations. L’Humanisme trouve ses origines dans les textes antiques, redécouverts à la Renaissance. Montaigne fait référence dans ses Essais à de nombreuses figures antiques, auteurs, philosophes et rois.

 

Auteur

Michel de Montaigne (1533 – 1592) était philosophe, écrivain et magistrat. Sa charge exacte était conseiller au parlement de Bordeaux.

 

Thématiques importantes

Le thème central dans le chapitre « Des coches » est la relation entre l’Occident et le Nouveau Monde.

– Montaigne émet un jugement critique envers le comportement des occidentaux vis-à-vis des indiens. Il évoque notamment les tortures infligées par les conquistadors au roi du Mexique.

– À l’inverse, il met en lumière l’ingéniosité des indiens, en s’intéressant aux peuples du Mexique et du Pérou. Montaigne est, par exemple, fasciné par l’architecture des cités indiennes.

– Montaigne insiste sur le relativisme culturel qui est la thèse selon laquelle les croyances et les activités d’un individu sont relatives à la culture à laquelle il appartient. C’est pourquoi on ne peut juger la civilisation indienne sur les critères de la civilisation européenne.

 

Citation

« Notre monde vient d’en trouver un autre. »

Cette citation correspond au parcours de lecture du programme de français au baccalauréat.

Cette phrase insiste sur la découverte du Nouveau Monde encore inconnu qu’il reste à découvrir et à comprendre. Pour pouvoir découvrir ce Nouveau Monde, il faut se détacher des incompréhensions issues du premier contact.

 

Bonus

La Controverse de Valladolid est un roman du XXe siècle écrit par Jean-Claude Carrière. Ce roman raconte un épisode historique datant du XVIe siècle. Il raconte le débat organisé par Charles Quint visant à déterminer le statut des amérindiens aux yeux de la loi et de la loi divine, c’est-à-dire de l’Église et de l’État. Ce roman a été adapté en téléfilm par Jean-Daniel Verhaeghe.

"Des coches", Essais, Montaigne - Oral

Questions pour l’oral

 

Comment la pensée de Montaigne évolue-t-elle entre « Des Cannibales » et « Des coches » ?

Il s’agit des deux chapitres étudiés dans le cadre de l’épreuve de français du baccalauréat. Ces deux chapitres n’ont pas été écrits au même moment. Ils n’appartiennent pas aux mêmes volumes : « Des Cannibales » se trouve dans le livre premier, tandis que « Des coches » se trouve dans le troisième livre. Dans les deux chapitres, Montaigne prend la défense des amérindiens. Il s’intéresse aux coutumes et à la culture des indiens en étant, sinon neutre, du moins, intéressé. La pensée de Montaigne n’a donc pas évolué dans le fond. Elle évolue dans la forme puisque Montaigne emploie dans « Des coches » de nouveaux termes. Montaigne parle par exemple d’un monde « enfant ». Il remplace le terme de  « barbarie » par le terme de  « sauvagerie ». L’emploi du terme « sauvagerie » permet à Montaigne de créer un parallèle entre la civilisation indienne et la faune qui l’entoure.

 

En quoi ce chapitre est-il humaniste ?

Ce chapitre est humaniste car Montaigne fait référence à la culture littéraire antique. L’Humanisme est un mouvement intellectuel de la Renaissance plaçant l’Homme au centre des préoccupations. L’Humanisme trouve son origine dans les textes antiques et la philosophie néo-platonicienne, c’est-à-dire la philosophie issue de la pensée de Platon.

Ce chapitre est également humaniste car il se concentre sur l’Homme. Enfin, ce chapitre est humaniste car Montaigne y défend les valeurs humaines. 

 

En quoi ce chapitre s’inscrit-il dans l’ensemble de l’essai ?

L’essai est un genre littéraire libre dont la principale caractéristique est d’éprouver des idées dans un texte argumenté. Ce chapitre s’inscrit bien dans ce genre littéraire car Montaigne éprouve ses idées sur les indiens en proposant une réflexion et en faisant preuve de relativisme culturel.