Annale – Questions sur un texte : La Boue, Maurice Genevoix

Formes du récit aux XXe et XXIe siècles

Les formes de récit se divisent en deux grandes catégories. D’abord les récits d’enfance et d’adolescence, et ensuite le récit porteur d’un regard sur l’histoire et le monde.

 

I. Récits d’enfance et d’adolescence

 

Un récit d’enfance et d’adolescence est tout simplement un récit qui relate la jeunesse d’un personnage. Très souvent, ce personnage est le narrateur lui-même. Lorsque l’auteur est narrateur qui est lui-même le personnage, alors il s’agit d’une autobiographie. Auto veut dire en latin « soi-même », bio renvoie à « la vie » et graphie signifie « l’écriture ». Une autobiographie, c’est donc faire le récit de sa propre vie.

Le récit d’enfance et d’adolescence appartient le plus souvent au genre de l’autobiographie, qui est plus ou moins authentique. Le récit peut être en effet complètement fictionnel, l’auteur invente tout du début à la fin et les personnages n’existent pas réellement. Il peut s’agir aussi d’une autofiction : l’auteur s’inspire de sa propre vie pour inventer un nouvel univers et de nouveaux personnages. Autrement dit, il transforme, sublime ses souvenirs, sa vie, de façon à écrire un roman. L’autofiction a ainsi une part de vérité et une part de fiction. Enfin, le témoignage véridique correspond aux auteurs qui essaient de raconter leur propre vie en se rapprochant le plus possible de leurs souvenirs et de la réalité.

 

II. Le roman porteur d’un regard sur l’histoire et sur le monde

 

Un roman porteur d’un regard sur l’histoire et sur le monde appartient très souvent au genre de la littérature engagée. La littérature engagée a pour but de faire passer des idées. Un auteur fait donc de la littérature engagée lorsqu’il a un avis sur un événement, sur une période, qu’il souhaite diffuser.

La littérature engagée peut avoir un caractère plus ou moins authentique. Lorsque la littérature engagée est totalement fictionnelle, on parle de science-fiction. Par exemple, La Ferme des animaux de George Orwell, où l’auteur invente un monde qui est régi par les animaux d’une ferme.

Il existe également le roman idéologique. Il s’agit d’un roman où les événements sont plus ou moins vrais et où l’auteur, encore une fois, essaie de transmettre ses idées.

Le roman historique est celui qui se rapproche le plus de la réalité, l’auteur dépeint des événements qui se sont réellement déroulés et dans lequel il livre son avis personnel sur ces événements.

Le dénominateur commun de toutes ces formes de littérature engagée est le regard critique de l’auteur. L’auteur peut essayer soit de prévenir le lecteur, dénoncer, ou au contraire encenser, faire l’éloge de ce qui l’entoure.

 

Le saviez-vous ?

Un récit peut être soit un roman, soit une nouvelle. La différence est tout simplement que la nouvelle est beaucoup plus courte qu’un roman, elle fait généralement moins de 20 pages. Par conséquent, dans une nouvelle il y a moins de personnages et l’intrigue est plus resserrée que dans un roman.

Auteur, narrateur, personnages

I. Différences entre auteur, narrateur et personnages

 

Dans les textes littéraires, il faut distinguer les trois notions d’auteur, de narrateur et de personnage.

– Auteur : celui écrit le texte.

– Narrateur : celui qui raconte l’histoire. Lorsqu’un narrateur dit « je », cela ne donne pas le droit de l’assimiler à l’auteur. C’est une distinction très importante puisque dans le cas de l’ironie ou du regard naïf, le narrateur a une opinion qu’il exprime à la première personne et qui n’est pas nécessairement celle de l’auteur. L’auteur peut même penser l’inverse de ce que pense le narrateur.

– Personnages : ceux dont on parle.

– Quand les trois notions sont les mêmes : c’est-à-dire où l’auteur = le narrateur = le personnage. Ce cas est le récit de soi ou le genre de l’autobiographie. Dans ce cas, l’auteur fait un pacte avec son lecteur : il dit qu’il va parler de lui-même et qu’il va raconter sa propre histoire.

 

II. Les points de vue narratifs

 

Une autre confusion à ne pas faire est celle des points de vue narratifs (ou focalisations). Les focalisations ne concernent que le narrateur. Il peut avoir trois statuts dans un récit :

– Omniscient : il sait tout des personnages, leurs pensées, leur passé, leur histoire et parfois ce que les personnages ne connaissent pas sur eux-mêmes. Donc, il en sait plus que n’importe quel personnage du récit.

– Externe : il regarde la scène comme s’il était à l’extérieur, comme une caméra qui filme la scène. Il ne sait que ce qu’il voit, il ne connaît pas l’histoire des personnages, leurs pensées, il en connaît moins que n’importe quel personnage.

– Interne : le narrateur se met à la place d’un personnage, il raconte l’histoire du point de vue d’un personnage. Il connaît les pensées de ce personnage particulier, mais pas des autres, qu’il voit de l’extérieur. Donc, il en sait autant que le personnage dont il adopte le point de vue.

Le narrateur interne peut s’exprimer à la première personne : il peut dire « je », mais pas forcément, il peut y avoir une narration interne à la troisième personne (« il »). Dans ce cas-là, le narrateur adopte le point de vue d’un des personnages qu’il présente, tout en gardant la troisième personne.

 

Dans un texte narratif, le point de vue narratif peut changer souvent, c’est-à-dire qu’il peut y avoir un point de vue globalement omniscient, et puis avoir un narrateur qui se glisse dans la peau d’un personnage le temps d’une phrase, d’un paragraphe. Il peut donc y avoir des variations dans le point de vue narratif.