Ecosystèmes et interactions

Les interactions des espèces au sein des écosystèmes

Un écosystème est l’ensemble des espèces et des paramètres d’un milieu (par exemple la température), mais c’est également les interactions qui se passent entre les espèces et les paramètres du milieu.

 

I. Interactions entre les espèces

 

 

Espèce A

Espèce B

Neutre

O

O

Commensale

+

O

Compétition

Prédation

+

Parasitisme

+

Symbiose

+

+

 

Interaction neutre : les deux espèces n’interagissent pas ensemble. C’est le cas du moineau et du hérisson dans le milieu forestier.

Interaction commensale : si une espèce A profite d’une autre espèce B qui pas embêtée, alors l’interaction est commensale. Par exemple, le moineau profite de la présence de l’humain pour récupérer des morceaux de nourriture, mais l’humain n’est pas embêté par le moineau.

Compétition : l’interaction a un effet négatif pour les deux espèces. Par exemple, le frelon asiatique en Chine est en compétition permanente avec six autres espèces de frelons pour l’accès à la nourriture, donc les populations sont régulées. Cependant, il se retrouve en surpopulation après son introduction en Europe de par son manque de compétition.

Prédation : par exemple, le frelon asiatique en Europe se nourrit de sucre et de nectar mais il va aussi chasser d’autres insectes comme les abeilles pour les donner à manger à ses larves. Un autre exemple est celui des vaches qui mange l’herbe, les végétaux sont embêtés par ce prélèvement, il s’agit d’une activité de prédation.

Parasitisme : même type d’interaction que la prédation. L’orobanche est un végétal incapable de produire sa propre matière par la photosynthèse, il va donc plonger ses racines dans celles d’un autre végétal, et lui voler sa nourriture. C’est donc un parasite.

Symbiose : bénéfice pour les deux espèces. On peut citer la vache qui prélève l’herbe pour nourrir des bactéries qui se trouvent dans son tube digestif et ce sont ces bactéries qui servent de nourriture à la vache. Elles vivent en symbiose avec la vache.

 

II. Variations des interactions

 

Ces différents types d’interactions varient en fonction de nos connaissances.

 

 

Par exemple, l’ortie est une plante urticante qui possède des petits pics en silice qui provoquent une inflammation et une démangeaison désagréable. Avec l’expérience, hommes comme animaux apprennent qu’il ne faut pas toucher ces feuilles.

Dans la forêt, on trouve à coté des orties, une autre espèce végétale qui lui ressemble : l’agastache. Cette plante imite l’ortie pour ne pas se faire manger par les prédateurs mais sans s’embêter à former les mêmes petits pics en silice que l’ortie. À première vue, on pourrait dire qu’on est dans le cas d’un parasitisme car l’agastache n’utilise pas d’énergie pour se défendre mais imite juste l’ortie qui, elle, dépense beaucoup d’énergie pour sa défense (en formant des pics). Cependant, l’agastache secrète des tanins (substances désagréables à manger) alors que l’ortie développe des pics urticants, ces deux espèces sont donc en symbiose. Elles s’entraident et se ressemblent pour faire comprendre aux êtres vivants qu’il ne faut pas les consommer.

 

Ces interactions sont dynamiques en fonction du temps. Par exemple, le crabe petit pois (que l’on trouve dans les moules) profite de l’abri qu’offre la moule : on est dans le cas du commensalisme. Sauf que si la nourriture vient à manquer, le crabe se met à grignoter la moule : on est alors dans le cas d’un parasitisme voir d’une prédation. Ainsi, les interactions entre les êtres vivants ne sont pas fixes, mais dynamiques.

Qu'est-ce qu'un écosystème ?

Exemple d’un écosystème : la savane africaine. Observons les interactions entre les espèces et les paramètres de cet environnement. L’écosystème de la savane est semi-aride : il est soumis à une température assez élevée et à très peu d’eau, ce qui implique un stress chez les organismes vivants.

 

Les interactions dans la savane

 

 

L’acacia est une espèce d’arbre centrale dans la savane, car elle offre de l’ombre aux grands mammifères comme les koudous.

Les acacias sont également obligés de plonger leurs racines très profondément dans le sol pour essayer de capter le maximum d’eau. Leurs racines mesurent entre 10 et 30 mètres de longueur, et elles sont prolongées par un champignon présent sous forme de filaments et vivant en symbiose avec l’acacia. Ces champignons se développent dans le sol, ils donnent de l’eau et des nutriments à l’acacia, et en échange, l’acacia donne des sucres qu’il produit grâce à la photosynthèse. Ces champignons sont dit mycorhiziens car ce sont les mycorhizes qui prolongent les racines et qui se connectent à d’autres arbres. Grâce à ces champignons, il peut y avoir des interactions entre les arbres. On observe parfois des troncs qui ont été coupés par des intempéries mais qui ont cicatrisé et qui donnent naissance à de nouveaux bourgeons. Cette cicatrisation est étrange puisque l’arbre coupé ne peut plus faire de photosynthèse, et cela s’explique par ces champignons mycorhiziens qui permettent de donner des nutriments au tronc.

Il existe aussi des interactions de prédation : le grand koudou va grignoter l’acacia, qui va essayer de se défendre notamment par ses épines. Lorsqu’ils sont dérangés les acacias sécrètent aussi des tanins qui sont des molécules peu appétissantes. Le koudou a le temps de manger seulement deux ou trois feuilles avant que l’acacia devienne astringent. Dans les années 1980, on a découvert des koudous morts près de grandes propriétés. On a constaté que leurs estomacs étaient remplis de feuilles d’acacia. En effet, les acacia vont sécréter dans l’air des éthers (molécules qui fonctionnent comme message de communication entre les acacias). Lorsqu’un acacia est dérangé par un prédateur, il va sécréter des éthers pour aviser les autres arbres qui, à leur tour, vont sécréter des tanins. Ainsi, les arbres ont communiqué entre eux sur la présence de prédateurs et les koudous sont morts par intoxication

L’acacia est aussi en interaction avec les fourmis. Des fourmilières se développent à l’intérieur de l’acacia et les fourmis protègent l’acacia de certains insectes. En échange, l’acacia leur fourni un abri et des sucres de la photosynthèse.

 

Conclusion

 

Ces interactions entre les éléments de l’environnement, que ce soient les espèces ou le climat, forment un écosystème. Cet écosystème n’est pas fixe dans le temps, il est dynamique.