De l'incipit à l'épilogue

Le début d’un roman (les premières pages) constitue l’incipit. La fin du roman constitue l’épilogue.

 

L’incipit

L’incipit a deux fonctions : présenter et plaire.

L’incipit présente tout d’abord le contexte spatio-temporel : où l’histoire va se dérouler et à quelle époque. Il présente également les personnages, leur caractère, leur statut, etc ; ainsi que la relation de ces personnages entre eux. Enfin, l’incipit présente le début de l’intrigue qui doit donc également plaire et donner envie au lecteur afin que celui-ci continue sa lecture.

 

L’épilogue

L’épilogue a pour fonction de conclure une histoire. L’épilogue donne ainsi la fin de l’histoire et raconte le devenir des personnages : ce que les personnages deviennent après le roman. On parle de fin ouverte si le destin des personnages n’est pas abouti. On parle de fin fermée si le destin des personnages est scellé. Il peut être scellé soit par leur mort, soit, par exemple dans les contes, par les formules de type « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ».

Narration et ordre du récit

Temps du récit et temps de la narration

Il ne faut pas confondre le récit (l’histoire racontée), l’intrigue (ce qui se passe) et la narration (le moment où l’on raconte l’histoire).

Le temps du récit n’est donc pas la même chose que le temps de la narration. La narration est soit postérieure au récit, soit simultanée au récit.

Par exemple, si on raconte un événement qui s’est passé hier : le temps de la narration est le moment présent (on raconte aujourd’hui) mais le temps du récit est antérieur à la narration (l’événement s’est déroulé dans le passé). La narration est ainsi postérieure au récit. Dans le roman donc, l’histoire est écrite au passé.

En revanche, par exemple, si on raconte un événement qui se déroule maintenant, alors la narration est simultanée au récit. Dans le roman donc, si l’histoire est écrite au présent, alors la narration est simultanée au récit.

 

Progression du récit

Il ne faut pas confondre la progression du récit et le temps de narration ou le temps du récit.

Le récit progresse dans un certain ordre. Soit :

– Par ordre chronologique : elle suit alors le schéma narratif : situation initiale, élément perturbateur, péripéties et enfin situation finale. Si le récit suit un ordre chronologique, on raconte alors le jour 1, puis le jour 2, puis le jour 3, etc.

– Par anticipation, par prolepse : le narrateur fait un bond dans le futur, il raconte ce qui se passe plus tard. Cela suscite alors l’intérêt du lecteur, crée du suspense. Le lecteur se demande en effet comment il s’est retrouvé dans cette situation.

– Par retour en arrière, par analepse : il s’agit d’un flash-back, le narrateur fait un saut dans le passé. Le narrateur raconte ce qui s’est déroulé plus tôt. L’analepse a une visée explicative : le narrateur revient sur des événements passés pour expliquer la situation présente du personnage.

Rythme du récit

Attention à ne pas confondre la progression du récit, qui est vue sous un angle chronologique, et le rythme du récit, qui constitue la vitesse à laquelle est racontée l’histoire. La narration peut connaître des variations de vitesse : on peut raconter de manière plus ou moins lente ou plus ou moins rapide.

 

L’accélération

L’accélération, peut avoir lieu lorsque le narrateur raconte rapidement des événements qui s’enchaînent. Le narrateur ne s’attarde pas, il ne donne pas de détails, il raconte simplement des événements qui se déroulent les uns à la suite des autres dans un rythme de plus en plus rapide.

Une autre forme d’accélération, plus radicale, s’appelle l’ellipse. Il peut y avoir deux type d’ellipses :

– La première, lorsqu’on résume tout un pan de l’action en une phrase, par exemple : « il vécut dix ans à Paris ».

– La seconde, lorsqu’on passe simplement sous silence tout un pan de l’histoire, par exemple : « il naquit à Paris, et il devint médecin à Rouen ». On ignore ici ce qui s’est passé entre le moment où le personnage est né à Paris et celui où il est devenu médecin à Rouen, il manque plusieurs années dans l’histoire.

L’effet d’une accélération est une impression de vivacité, cela rend le récit très vivant.

 

Le ralenti

Il existe deux moments dans lesquels on peut ralentir une narration :

– La scène : c’est un événement qui est conté en temps réel. Autrement dit, la durée de la narration (le temps où on écrit) est égale à la durée de l’action dans la fiction. Par exemple, si on raconte le récit d’un voyage en train qui dure 20 minutes (le temps du récit est donc de 20 min), le temps de la lecture (le temps de la narration) dure aussi 20 min. Cet effet donne l’impression que la scène se déroule sous nos yeux : on a par exemple le sentiment d’être avec le personnage dans son train.

– La pause descriptive : ce sont des moments de la narration où l’histoire n’avance plus, il y a simplement une description d’un lieu ou d’une personne.