Comment notre corps détecte-t-il le non-soi ?

Notre organisme a la capacité de repérer des anomalies qui viennent perturber son fonctionnement et qui peuvent être dangereuses. Mais, il a aussi la capacité à repérer le non-soi. En effet, notre corps possède la capacité de repérer des cellules, des éléments extérieurs, qui sont pathogènes, c’est-à-dire qui rendent plus ou moins malade. C’est le cas des pollens qui ne rendent pas malade mais qui, chez certaines personnes, provoquent des allergies. Cela peut être le cas également des bactéries, des virus, etc.

Cette capacité à repérer le non-soi repose sur des mécanismes cellulaires et moléculaires. En effet, il y a dans notre corps des cellules qui sont des sentinelles circulant dans tout le corps (dans la circulation sanguine mais parfois en dehors des vaisseaux sanguins) qui vont repérer les cellules malades ou étrangères. A la surface des cellules, il y a des marqueurs que les sentinelles vont capter, reconnaître et analyser.

 

detection-non-soi

 

Cellule du soi

Cellule eucaryote, elle possède un noyau. A sa surface, accolés ou qui traversent sa membrane plasmique, il y a des marqueurs : les marqueurs du soi (comme des étiquettes moléculaires). En général ce sont des molécules de nature protéique qui marquent l’appartenance au soi. Ces molécules sont différentes ou modifiées si la cellule n’est pas du soi ou dans son état normal.

 

Deux cellules malades

Une cellule du soi modifié (par exemple cancéreuse) et une cellule du soi infectée (par exemple par un virus). On remarque dans les deux cas que les marqueurs de surface sont différents de ceux de la cellule témoin (saine).

Pour la cellule du soi modifié, on a les mêmes marqueurs mais légèrement transformés. Le fait que ces marqueurs soient transformés va permettre de repérer les cellules malades et de les traiter par le système immunitaire.

La cellule du soi infecté comporte des marqueurs en surface identiques à la cellule saine, en revanche, certains marqueurs sont occupés par des fragments du pathogène. Par exemple, des morceaux de virus qui se retrouvent en surface de la cellule et qui sont des sortes de petits drapeaux qui avertissent le système immunitaire que la cellule est infectée par le virus.

 

Cellule du non-soi

Elle est repérable puisqu’il a à sa surface des marqueurs totalement différents. Le non-soi est composé de cellules ou d’éléments qui ne contiennent pas les marqueurs du soi à sa surface. Ce non-soi peut être une cellule étrangère, une bactérie, dans tous les cas les marqueurs de surface sont facilement repérables par le système immunitaire car différents des marqueurs du soi.

Immunité et système immunitaire

I. Définition de l’immunité

 

L’immunité est la capacité de l’organisme à se défendre contre une agression qui peut être de différents types. La première agression à laquelle on pense est l’infection. Une infection est une attaque de notre corps par un pathogène. Un pathogène est un micro-organisme (de toute petite taille, microscopique) capable d’infecter le corps et donc de provoquer une maladie. Cela peut-être des bactéries, des virus, des champignons ou tout autre micro-organisme qui nous rend malade.

L’immunité, c’est aussi la capacité du corps à se défendre contre les attaques chimiques, par exemple par les poisons, par des molécules étrangères ; tout ce qui peut nous créer un malaise, une maladie ou un dysfonctionnement du corps. C’est aussi une protection mécanique contre, par exemple, les piqures, les coupures, des chocs très violents ou des frottements qui abimeraient le corps et le mettraient en danger. Enfin, l’immunité c’est aussi la capacité à se défendre contre des dysfonctionnements internes. Le corps se met à dérailler, comme lorsque l’on est atteint d’un cancer.

 

II. Définition du système immunitaire

 

Le système immunitaire est l’ensemble des organes capables de repérer ces agressions, ces dysfonctionnements et de mettre en place des mécanismes de défense. Ce système immunitaire est représenté ci-dessous.

 

 

Il est fait de plusieurs organes, par exemple la rate dans le ventre, ou encore les ganglions, comme les ganglions lymphatiques que l’on trouve tout le long du corps, symétriques à gauche et à droite. Ces ganglions, c’est ce que le médecin tâte lorsqu’on consulte, car ils grossissent quand on est malade. Il y en a dans le cou mais aussi à l’aine ou bien au niveau des aisselles.

Le corps est capable, grâce à un certain nombre d’organes qui collaborent, de repérer les dysfonctionnements et de mettre en place des mécanismes de défense. Pour ça, notre corps a la capacité de distinguer le soi, c’est-à-dire ce qui fait partie de ce corps, et le non soi, ce qui n’en fait pas partie, ce qui vient l’agresser et perturber son fonctionnement.

 

Conclusion

 

Au final, l’immunité et le système immunitaire servent à nous protéger. Cette protection parfois ne suffit pas. Il faut l’aider grâce aux médicaments que l’on prend quand on est malade. Parfois, cette protection contre le non soi, se met aussi en place par exemple quand on fait une greffe. Lorsqu’on reçoit un organe greffé comme un cœur, des poumons, etc., le corps le repère comme du non soi. Il se défend contre cette greffe et éventuellement la rejète si on ne prend pas les médicaments adaptés qui permettront de supporter ce non soi qui pourtant est nécessaire.

Repérer une infection par des analyses sanguines

Quand on est malade, il arrive qu’on doive faire une prise de sang. Voyons à quoi cela peut servir et en quoi cela consiste exactement d’analyser le contenu du sang d’une personne.

Quand on fait une prise de sang, on prélève quelques millilitres. En général, un petit tube prélevé fait 5 mL mais on peut prélever plusieurs tubes. On compte les cellules mais aussi les autres molécules qui se trouvent dans le sang. Les tubes de sang prélevés sont centrifugés, on les fait tourner à haute vitesse, ce qui permet de séparer différentes phases dans chaque tube.

 

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En bas, ce qui pèse le plus lourd, ce sont les globules rouges. Ils donnent la couleur rouge au sang et représentent à peu près 44 % du volume de l’échantillon. Ces globules rouges, on les appelle aussi des hématies. Ils servent à transporter le dioxygène dans notre organisme et ne sont pas impliqués dans l’immunité et les défenses.

Ensuite, il y a les grands acteurs du système immunitaire : les globules blancs ou leucocytes. En volume, ils sont peu nombreux : environ 1 % du volume de notre sang. On trouve aussi, associés aux leucocytes, les plaquettes. Ce sont des débris cellulaires. C’est une petite partie qui se retrouve entre les globules rouges et la partie la plus volumineuse : le plasma.

Le plasma est le liquide du sang, il représente environ 55 % du volume. Dans ce plasma, on peut chercher des molécules dissoutes notamment les anticorps, un des moyens de défense de notre organisme.

Ces anticorps, on les appelle aussi des immunoglobulines comme les IgA, IgM, etc. Ce sont différents anticorps qui nous protègent contre différentes maladies.

Dans des analyses sanguines, on peut aussi faire une recherche d’infection par des parasites, soit parce qu’ils sont présents directement dans le sang, soit parce que lorsqu’on est infecté par un parasite la formule du sang, la répartition cellulaire, change un peu.

 

Exemple d’analyses sanguines associées à différentes maladies

 

 

Ce tableau présente une analyse sanguine chez une personne normale (en bonne santé), puis ensuite dans trois cas malades : une angine bactérienne, une angine virale et une plaie infectée. Il faut s’intéresser aux valeurs de globules blancs puisque les hématies et les plaquettes ne sont pas concernées par les réactions immunitaires. Les valeurs données sont en nombre de cellules par mm3 de sang.

On remarque que chez une personne en bonne santé, le total des globules blancs est d’environ 7 000 cellules/mm3. Chez les trois malades, il y a beaucoup plus de globules blancs. Ils se sont multipliés, cela permet de défendre l’organisme. Par exemple, pour une angine bactérienne, on voit qu’il y a 19 800 cellules/mm3 de sang. Chez les autres, cela a aussi augmenté.

Ensuite, on remarque que la variété des globules blancs qui augmente n’est pas exactement la même en fonction du type de maladie. Par exemple, pour l’angine bactérienne, on remarque une très nette augmentation des granulocytes, les polynucléaires neutrophiles. On passe de 4 445 cellules/mm3 chez une personne saine à plus de 17 000/mm3 chez le malade atteint d’angine bactérienne. Pour l’angine virale, ce sont les lymphocytes qui sont beaucoup plus nombreux. Pour la plaie infectée, ce sont les monocytes qui sont beaucoup plus nombreux que chez la personne saine.

A chaque fois, il y a une augmentation très forte des globules blancs, et on voit que selon la maladie, la classe de globules blancs augmentée n’est pas la même.

Cela va permettre au médecin qui analyse les résultats de la prise de sang d’avoir une première idée du type de maladie dont son patient peu souffrir. Par exemple, s’il a beaucoup de granulocytes neutrophiles, cela peut mettre sur la piste d’une angine bactérienne. En analysant précisément les valeurs de chaque type de globules blancs, on peut retrouver la maladie dont souffre le patient.

Présentation du fonctionnement du système immunitaire

Le système immunitaire est l’ensemble des organes du corps qui participent à sa défense, contre tout ce qui peut l’agresser, le mettre en danger et le rendre malade. Il y a deux grands types de défense de l’organisme, qui se complètent. Le premier qui est plus généraliste se manifeste plus rapidement et le deuxième peut intervenir si besoin est.

 

I. L’immunité innée

 

Le premier type de défense est un ensemble de mécanismes non spécifiques. On parle aussi de l’innée ou bien parfois, mais moins souvent, d’immunité naturelle. Dans cette immunité innée, le corps se défend contre tout ce qui peut l’attaquer. Il se défend rapidement, en quelques heures (environ 24h) et surtout on l’appelle innée car il n’y a pas besoin d’avoir rencontré au préalable l’agent qui attaque pour que ses mécanismes soient efficaces. Cela se fait de façon spontanée.

Ces mécanismes non spécifiques passent par l’utilisation de barrières physiques qui limitent l’attaque du corps par des agents pathogènes. Cette barrière physique est par exemple notre peau, qui est une barrière relativement imperméable et solide lorsqu’elle n’est pas abimée. Ce sont aussi les muqueuses, à l’intérieur de la bouche par exemple.

Ces mécanismes non spécifiques font aussi intervenir la phagocytose : c’est l’utilisation de certaines cellules de notre corps qui viennent attaquer des agents extérieurs et les manger, les digérer.

Ces mécanismes non spécifiques font intervenir des réactions inflammatoires, par exemple quand on a une plaie qui est rouge, gonflée et chaude. Tout cela se fait de façon innée.

 

II. L’immunité adaptative

 

Si le corps en a besoin, des mécanismes spécifiques peuvent aussi être mis en place. Ces mécanismes spécifiques constituent ce qu’on appelle l’immunité adaptative ou bien l’immunité acquise. Ce terme acquis s’oppose à innée, vu précédemment. C’est-à-dire que cela se met en place au contact des agents pathogènes.

Ces mécanismes spécifiques font intervenir des cellules spécialisées du système immunitaire dans la défense et dans la destruction de ce qui nous rend malade, la reconnaissance précise du non soi. Par exemple, une bactérie qui rentre dans notre corps ne fait pas partie de notre corps, elle est reconnue comme étrangère et est attaquée par notre système immunitaire. Cela fait intervenir des cellules sentinelles qui circulent en permanence dans le corps et qui sont capables de repérer une agression. Ces cellules sentinelles effectuent une veille : elles repèrent en permanence ce qui ne va pas dans l’organisme.

Cela fait aussi intervenir la production de cellules et de molécules défensives, par exemples les anticorps qui sont des molécules produites par notre corps pour se défendre contre l’agent pathogène.

Cette immunité spécifique ou adaptative fait intervenir une mémoire immunitaire. C’est-à-dire que lorsqu’il y a eu une maladie et que le corps se défend, il en garder une mémoire. Certaines cellules servent de mémoire, sont présentes et capables de défendre l’organisme de façon plus rapide et plus efficace si le même pathogène attaque le corps. Cette mémoire immunitaire permet donc à l’organisme au fur et à mesure de notre vie de conserver une trace du vécu et de se défendre de façon encore plus efficace.