Cours Stage - La puissance des États-Unis dans le monde

Exercice - Le cas du nucléaire iranien

L'énoncé

Le 14 juillet 2015, furent signés les accords de Vienne, appelés également Plan d'action global commun. Cet accord, historique, concluait des décennies de tensions internationales autour du nucléaire iranien.

En mai 2018, le président Trump annonce sa décision de se retirer des accords de Vienne, et de rétablir sur l'Iran "le plus haut niveau de sanctions".

 

Photographie officielle des signataires des Accords de Vienne :

Au centre, le ministre des Affaires étrangères iranien, à droite John Kerry, ancien secrétaire d'État américain.

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Source : Wikipédia

 

Extrait du Plan d’action global commun, Vienne, le 14 juillet 2015 :

PRÉFACE

Le groupe E3/UE+3 (Allemagne, Chine, États-Unis, Fédération de Russie, France et Royaume-Uni, plus le Haut Représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité) et la République islamique d’Iran accueillent avec satisfaction le Plan d’action global commun, un accord historique qui vise à garantir que le programme nucléaire de l’Iran sera mené exclusivement à des fins pacifiques et qui marque un tournant fondamental dans l’examen de la question. Ils s’attendent à ce que l’application intégrale du Plan d’action contribue utilement à la paix et à la sécurité régionales et internationales. L’Iran réaffirme qu’il ne cherchera en aucun cas à obtenir, mettre au point ou acquérir des armes nucléaires. […]

Le Plan d’action entraînera la levée de toutes les sanctions imposées par le Conseil de sécurité des Nations Unies et des sanctions multilatérales ou nationales relatives au programme nucléaire de l’Iran, y compris des mesures relatives à l’accès dans les domaines du commerce, de la technologie, des finances et de l’énergie.

Source : Conseil de sécurité des Nations Unies.

 

Extrait du communiqué de presse du Conseil de sécurité des Nations Unies du 26 juin 2019 :

À quelques semaines du quatrième anniversaire du Plan d’action global commun, les appels se sont multipliés, aujourd’hui, au Conseil de sécurité, pour préserver cet accord sur le nucléaire iranien, entériné par la résolution 2231 (2015) et considéré par beaucoup comme un des outils les plus importants de non-prolifération et un instrument essentiel pour prévenir une escalade des tensions au Moyen-Orient. La décision des États-Unis de se retirer du Plan d’action a été une nouvelle fois décriée, de même que celle de l’Iran de renoncer à certains de ses engagements.

« Nous sommes peut-être aujourd’hui à un tournant critique pour l’avenir du Plan d’action », a dit craindre l’Union européenne, qui a décrit le Plan d’action comme un accord nucléaire réalisant les objectifs fixés. Il n’y a aucune autre alternative « crédible et pacifique », a-t-elle asséné. « Le Plan est le résultat de 12 années de diplomatie intense et de négociations techniques », a rappelé la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix. […]

« Les États-Unis, [l’Iran] a-t-il accusé, nous demandent de mener des négociations sans condition préalable. Mais pour eux, cela veut dire se retirer d’un accord considéré comme un succès majeur du multilatéralisme, réimposer des sanctions, punir les États qui mettent en œuvre la résolution 2231, appliquer une politique de pression maximale, imposer sanctions sur sanctions, punir toute une nation, mener une guerre économique d’envergure, se livrer à du terrorisme économique et à l’aventurisme militaire, envoyer des drones dans l’espace aérien iranien, renforcer la présence militaire dans le golfe Persique, fomenter des plans pour diviser les pays et aviver les tensions pour vendre plus d’armes dans la région ».

« Nous n’allons pas, et ce Conseil ne devrait pas non plus, rester les bras ballants alors que l’Iran s’attaque à nos partenaires dans la région et aux navires commerciaux dans le Golfe », ont rétorqué les États-Unis. « Les groupes soutenus par l’Iran parlent ouvertement de l’aide militaire qu’ils continuent de recevoir de Téhéran, et le coordonnateur de l’appui militaire aux terroristes et aux hommes de main se déplace librement, en violation de l’embargo sur les armes et de l’interdiction de voyager, ont-ils argué. Le défi que l’Iran lance au Conseil et son comportement irresponsable ne doivent pas être minimisés au nom d’un accord qui ne lui barre pas vraiment la route aux armes nucléaires ».

Source : Communiqué de presse du Conseil de sécurité des Nations Unies du 26 juin 2019.


Question 1

En quoi consistait le Plan d’action global commun, aussi appelé Accords de Vienne ? Qui en sont les signataires ?

Le Plan d’action global commun prévoyait la levée des sanctions économiques internationales contre l’Iran, en contrepartie de l'abandon de son programme nucléaire à des fins militaires. L’Iran obtenait le droit de conserver la technologie nucléaire, à condition que celle-ci soit destinée à un usage civil (la production d’électricité).

Ce Plan d’action global commun, négocié dans le cadre des Nations Unies, avait obtenu l’appui unanime des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (Chine, États-Unis, Russie, France et Royaume-Uni), de l’Allemagne et de l’Union européenne et de l’Iran.

Question 2

Pourquoi la signature des États-Unis aux accords de Vienne était-il historique ?

Les États-Unis et l’Iran sont en profondes rivalités depuis l’arrivée du régime islamiste dans le pays en 1979. Les États-Unis interviennent de plus très largement au Moyen Orient et au Proche Orient, et craignent donc l’influence de l’Iran et ses intentions dans la région. Ils sont par conséquent très opposés aux ambitions iraniennes de se doter de l’arme nucléaire.

La mise sur pied des accords de Vienne constitue donc un accord historique, qui met fin à de nombreuses années de tensions internationales.

Connaissez-vous la position historique des États-Unis face à l'Iran ?

Question 3

Comment pourrait-on qualifier cette politique étrangère des États-Unis au moment des Accords de Vienne ?

En associant l’Iran et les États-Unis dans une sortie de crise opérée dans le cadre de l’ONU, et en associant directement les grandes puissances du monde, y compris les puissances rivales des États-Unis et alliés de l’Iran (la Russie), les accords de Vienne sont symptomatiques de la politique multilatérale des États-Unis en vigueur lors de l’administration Obama.

Unilatérale ou multilatérale ?


Quelle était la politique étrangère de Barak Obama ?

Question 4

La décision du président Trump est-elle conforme à la résolution des Nations Unies ? Comment peut-on qualifier l’exercice de la puissance américaine sous l’administration Trump ?

Comme l’indique le communiqué de presse du Conseil de sécurité des Nations Unies du 26 juin 2019, la décision du président Trump est contraire à la résolution du Conseil de sécurité à l’origine du Plan d’action global commun sur le nucléaire iranien. La conséquence a par ailleurs été l’abandon par l’Iran de ses engagements, et donc la reprise de ses activités en vue de se doter de l’arme nucléaire.

La position de l’administration Trump est ainsi critiquée par les autres membres du Conseil de sécurité et par l’Iran et qualifiée de sortie d’un cadre diplomatique multilatéral. On peut donc dire que les États-Unis exercent aujourd’hui leur puissance dans une démarche unilatérale, ne privilégiant plus celui de l’ONU et ne cherchant pas le consentement de la communauté internationale.

La réponse se trouve dans le communiqué de presse du Conseil de sécurité des Nations Unies du 26 juin 2019.