La Peste, Camus - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1947. Deux ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

 

Genre

Roman, mais il s’agit aussi d’un roman argumentatif qui peut se lire comme le récit d’une épidémie mais aussi comme la parabole d’un temps de guerre. L’épidémie peut être aussi celle des idées totalitaires.

 

Mouvement

Cette œuvre s’inscrit dans le mouvement de l’absurde. On parle plus souvent de théâtre de l’absurde mais c’est un mouvement presque philosophique qui est investi autant dans le genre théâtral que romanesque. Si l’on peut parler de l’absurde concernant La Peste c’est car l’histoire peint une humanité en proie à une tragédie et pour laquelle se pose la question du sens de l’existence humaine.

 

Auteur

Albert Camus est un célèbre romancier et dramaturge de l’après-guerre, aussi très connu aux États-Unis. Il est un des représentants de l’absurde. Il est souvent mis au même rang que Sartre comme écrivains représentatifs de la pensée française d’après-guerre. Il est originaire d’Algérie, ce qui est important dans le contexte de l’époque de la guerre d’Algérie et de la décolonisation. Sa connaissance de l’Algérie transparaît dans plusieurs de ses textes.

 

Moments-clés

– La description d’Oran, ville algérienne dans laquelle se déroule l’histoire de l’épidémie de peste. Cette description ouvre le roman, elle fait donc partie de l’incipit (le début d’un roman). Camus décrit la ville comme habituée à une certaine routine qui entraîne un sentiment de lassitude. Le lecteur sent que cette routine va être cassée pour nouer l’intrigue d’une tragédie. Le titre La Peste est programmatique : on devine dès la couverture du livre qu’il va être question de cette épidémie.

– Toujours au début du roman, la découverte du rat mort par le Docteur Rieux qui indique qu’il se passe quelque chose. Cette découverte n’est pas habituelle et fait prendre conscience au Docteur Rieux que les rumeurs d’épidémie sont fondées.

– À la fin du roman, le dévoilement de l’identité du narrateur. Tout le roman est écrit comme un récit et on comprend au fur et à mesure qu’il s’agit du témoignage d’une des personnes ayant pris part à la quarantaine de la ville d’Oran. Le narrateur est donc le Docteur Rieux lui-même, se posant comme témoin volontaire du comportement humain en temps de crise.

 

Thématiques

– L’Homme en temps de crise. Camus souhaite montrer comment se comportent les êtres humains en temps de crise. Pour décrire ces comportements, il est fort de son expérience de la guerre qui vient de s’achever.

– L’enjeu porte sur l’existence, ou non, d’une solidarité. La persistance d’un espoir ou au contraire le désespoir et le désenchantement pouvant mener à un sentiment d’absurdité de la vie. Ainsi que sur la menace de la folie, en effet l’un des personnage (Cottard), devient fou au cours de l’intrigue.

 

Citation

« La bêtise insiste toujours. » C’est une manière pour Camus de faire un parallèle entre la bêtise humaine (par exemple dans l’adhésion à des idées totalitaires) et l’épidémie qui elle aussi progresse, si l’on n’y fait pas barrage avec volonté et solidarité.

 

Bonus

Sur le thème du temps de crise et de l’épidémie (choléra) : Jean Giono, Le Hussard sur le toit (1951).

Un Barrage contre le Pacifique, Duras - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1950. Ce livre a été publié au XXe siècle, durant la période de l’après-guerre.

 

Genre

Cet œuvre appartient au genre du roman. On peut ajouter un second genre à ce roman, celui d’autofiction. L’autofiction désigne les textes de littérature contemporaine dont l’histoire se rapproche du vécu de l’auteur. Il s’agit d’un genre à mi-chemin entre la fiction et l’autobiographie.

 

Mouvement

Le roman Un barrage contre le Pacifique s’inscrit dans le mouvement du Nouveau Roman. Ce mouvement est apparu en France durant la période de l’après-guerre. Il s’agit plus d’une appellation regroupant un certain nombre d’écrivains que d’un réel mouvement littéraire puisque les auteurs qui le composent ne se revendiquent pas de ce mouvement. Marguerite Duras entre dans cette catégorie d’auteurs, elle qui n’a jamais prétendu appartenir à ce mouvement et son écriture est très singulière.

 

Auteur

Marguerite Duras est née en 1914, en Indochine. Elle a grandi dans cette colonie française avec sa mère et ses frères. Ses romans retracent son vécu en Indochine, notamment Un barrage contre le Pacifique mais aussi L’Amant. Elle y raconte le contexte politique au travers de son adolescence, période charnière de la vie. Marguerite Duras est également scénariste.

 

Moments-clés

– La description de la tenue et du comportement des colons. Marguerite Duras a été très sensible aux différences de traitement entre les personnes originaires d’Indochine et les colons, Français venus s’installer en terre colonisée. Ces différences étaient visibles par l’habillement et le comportement. Certains colons portent des tenues blanches. Marguerite Duras se moque de ces tenues, symbole de pureté morale portées par des personnes peu scrupuleuses de cette pureté morale.

– La mort du cheval appartenant à la famille. Sa mort n’est que la première d’une série de déboires touchant la famille, qui mènent la mère à la folie. La mère est une française venue pour installer des cultures sur une terre colonisée. Ses cultures sont régulièrement englouties par le Pacifique. Cette femme est incapable de faire barrage au Pacifique. 

 

Thématiques importantes

– Vice et vertu. Marguerite Duras raconte les actes de chacun sans a priori. Elle ne cherche pas à distinguer les bons des mauvais, mais cherche la place de la morale dans ce monde si particulier.

– Folie. La folie de la mère devenue folle en cherchant à faire barrage à cette mer vorace. Après des années d’acharnement pour vivre décemment, elle en devient folle. Cela pose également la question du sens de la vie, comme l’explique Camus dans sa philosophie de l’Absurde.

 

Citation

« Il ne faut pas enfermer les hommes, c’est dans la rue qu’ils sont le mieux »

Cette phrase se rapproche plus du langage oral que de l’écrit. C’est une volonté de l’écrivaine. Sa citation met en opposition l’enfermement à la liberté, à l’image de son auteur et de son écriture libre. Cette opposition est aussi celle d’une mère libre d’élever ses enfants face à une société qui ne lui permet pas de vivre tel qu’elle l’entend.

 

Bonus

Deux films peuvent permettre de compléter cette lecture.

Hiroshima mon amour, scénarisé par Marguerite Duras, et réalisé par Alain Resnais.

L’Amant adaptation cinématographique d’un autre roman de Marguerite Duras, réalisé par Jean-Jacques Annaud. Ce second roman reprend le contexte et les mêmes personnages que le roman Un barrage contre le Pacifique.

Le Père Goriot, Balzac - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1835, première moitié du XIXe siècle.

 

Genre

Cette œuvre est un roman.

 

Mouvement

Ce roman s’inscrit dans le mouvement réaliste. Le mouvement réaliste, né au XIXe siècle, est fondé en opposition au romantisme qui prône une idéalisation de la vie. Les écrivains réalistes veulent peindre la réalité de leur temps. Ils représentent l’ensemble des milieux sociaux même les plus défavorisés.

 

Auteur

Honoré Balzac est appelé, à la fin de sa vie, Honoré de Balzac en raison de son anoblissement. Balzac est un écrivain et un homme de son temps. Il a entrepris de nombreux projets pour pouvoir s’assurer des revenus réguliers lui permettant de se livrer librement à sa passion, l’écriture. Il a tenté d’ouvrir notamment une imprimerie, au début de sa vie. Il alternait entre fortune et faillite. Balzac est l’auteur de La Comédie humaine, grande fresque romanesque de plusieurs romans dans laquelle on trouve des personnages récurrents. Ce modèle littéraire sera repris par Zola avec les Rougon-Macquart.

 

Moments-clés

– Incipit : Le dîner de Rastignac. Étant le début du roman, cette scène est également la scène de rencontre entre le personnage principal du roman et le lecteur. Rastignac est un jeune provincial venu s’installer à Paris. Il loge dans la pension de la mère Vauquer. Le dîner de Rastignac permet de présenter tous les protagonistes du roman et l’intrigue. Le lecteur est initié, comme Rastignac, à une réalité qu’il ne connaît pas.

– Explicit : La mort du père Goriot. Le père Goriot est un des pensionnaires de la mère Vauquer. Rastignac assiste à la mort du père Goriot, tandis que les filles de l’homme sont absentes. Le père Goriot a sacrifié sa fortune pour ses filles. L’enterrement du père Goriot se déroule, une fois encore, sans ses filles, en seule compagnie de Rastignac. Rastignac règle les frais du croque-mort. Cet enterrement fonde le désir de vengeance de Rastignac, comprenant l’inhumanité de la société de son temps. Il devient ambitieux et se rend à un dîner organisé par la fille du père Goriot, mariée à un riche banquier. Le roman prend fin sur ce dîner, formant une boucle, reliant le début et la fin du roman.

 

Thématiques importantes

– Héroïsme romanesque. Eugène de Rastignac incarne un personnage naïf au début du roman grandissant au fil des péripéties auxquelles il est confronté. Son caractère héroïque apparaît au cours du roman. Il est important de cerner l’élément changeant le personnage principal en héros romanesque.

– Roman d’initiation. Le héros perd ses illusions pour devenir averti et lucide.

– Thème de l’amour intéressé, récurrent dans les œuvres de Balzac, il est ici au cœur de l’intrigue.

 

Citation

« À nous deux maintenant ! »

Phrase de Rastignac à la fin de l’enterrement du père Goriot, lorsqu’il surplombe Paris dans le cimetière du Père Lachaise. Il domine cette ville de par sa vue élevée de la capitale.

 

Bonus

Pour amplifier la connaissance du roman, il est possible de regarder l’adaptation cinématographique de J.-D.Verhaeghe avec, dans le rôle du père Goriot, Charles Aznavour. Ce film permet de comprendre l’organisation sociale du XIXe siècle et la vie en pensionnat.

Madame Bovary, Flaubert - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1857

 

Genre

C’est un roman avec une prédominance du récit.

 

Mouvement

Cette œuvre s’inscrit dans le mouvement réaliste. Le réalisme s’applique à certains textes du XIXe et du XXe, il désigne le fait de décrire fidèlement la réalité sans l’idéaliser et en cherchant à être le plus précis possible dans la description, que ce soit par des éléments historiques, techniques ou scientifiques.

 

Auteur

Gustave Flaubert, auteur du XIXe siècle, originaire de la ville de Rouen dont il est encore aujourd’hui une figure importante. Il publie en 1857 Madame Bovary et un procès fut intenté contre lui et son œuvre pour atteinte aux bonnes mœurs.

 

Moments-clés

– La description de la casquette de Charles Bovary : c’est le moment où est décrit le futur mari d’Emma. Il est décrit enfant à l’école alors qu’il est le souffre-douleur de ses camarades. Ce portrait du futur époux d’Emma dès l’entrée du roman pose ce personnage comme étant faible et n’étant pas à la hauteur des aspirations d’Emma qui voit en lui un prince charmant et qui sera détrompée assez rapidement.

– La rencontre avec Rodolphe : Emma fuit la vie avec Charles, médecin de campagne, pour Rodolphe, jeune séducteur, qui devient son amant. Ils se rencontrent pendant les comices (foire agricole) et cette rencontre est intéressante car on a, au premier plan, la discussion amoureuse de séduction et à l’arrière plan, la foire agricole, qui instaure un sentiment de désillusion par rapport à ce qu’il se passe entre les deux jeunes gens.

– Rêve d’évasion d’Emma avec Rodolphe : passage intéressant sur le plan de l’écriture car on met un certain temps à comprendre qu’il s’agit d’un rêve et non de la réalité puisque ce moment est écrit au discours indirect libre. S’ensuit la lettre de rupture écrite par Rodolphe et reçue par Emma. On apprend, juste avant, la manière dont Rodolphe la pensée et avec quel cynisme il la rédige. On assiste à sa lecture par Emma et à son désespoir amoureux.

– La mort d’Emma par suicide : à rebours des codes romantiques car elle s’empoisonne et le lecteur a le droit à une description précise des symptômes (comme les vomissements). Flaubert, car il est réaliste, cherche le détail et la véracité et donc décrit la scène précisément sans éluder les détails prosaïques.

 

Thématiques

– Rejet du romantisme et de l’idéalisation de la vie au nom de la réalité et de la dure réalité de la vie. C’est ce que l’on appelle le bovarysme, à savoir le fait de préférer les rêves à la réalité : ce que dénonce Flaubert. Le bovarysme est un terme inventé au XXe siècle : prétention qu’on les lecteurs de livres sentimentaux à projeter ce qu’ils ont lu sur la vraie vie. Cette notion peut être rapprochée de la figure de Don Quichotte dans la littérature espagnole.

– Condition féminine : L’héroïne principale est une femme et l’on suit ses déboires et désillusions en tant que femme.

 

Citation

« Madame Bovary c’est moi », cette citation n’est pas dans le texte mais a été prononcée par Flaubert qui s’identifie à son personnage et éprouve de l’empathie pour son héroïne (ou anti-héroïne), Emma.

 

Bonus

L’adaptation cinématographique Madame Bovary de Claude Chabrol montre un style très convergent avec Flaubert grâce à un cinéaste qui s’attachait aussi à dépeindre la réalité dans son côté anecdotique mais aussi significatif et important.

Germinal, Zola - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1885, fin du XIXe siècle.

 

Genre

Cette œuvre appartient au genre romanesque.

 

Mouvement

Ce roman et l’ensemble de l’œuvre d’Émile Zola font partie du mouvement naturaliste.

Zola a lui même créé et définit le mouvement naturaliste. Il s’agit de faire une description réaliste de la nature en s’appuyant sur des informations fiables, techniques et scientifiques. On peut considérer ce mouvement est une sous-catégorie du mouvement réaliste. Émile Zola n’hésitait pas à aller sur le terrain, prendre des notes et rechercher des témoignages.

 

Auteur

Émile Zola (1840-1902) est né à Marseille. Il était d’origine italienne par son père, décédé dans l’enfance de Zola. Sa famille déménage ensuite à Paris. Zola échoue deux fois à son bac puis travaille dans la librairie Hachette, puis dans la publicité, la librairie Hachette étant la première a avoir développé la publicité autour des livres. Il se tourne ensuite vers le journalisme. Zola profite de l’essor du monde du livre pour s’imposer, d’abord comme rédacteur puis comme écrivain.

 

Moments-clés

Le titre Germinal fait référence au septième mois du calendrier Républicain. Il s’agit du calendrier adopté après la Révolution française lors de la Première république. Le mois de germinal s’étendait de la mi-mars à la mi-avril c’est-à-dire au début du printemps. D’où l’idée de germer qui a donné le nom germinal.

Le personnage principal est Étienne Lantier. Le nom de Lantier apparaît dans d’autres œuvres de Zola, notamment L’Assommoir, Auguste Lantier et Gervaise Macquart, les personnages principaux, étant les parents d’Étienne. Un roman est aussi consacré au personnage éponyme Nana alias Anna Lantier la soeur d’Émile. Germinal est le treizième tome de la saga des Rougon-Macquart, l’œuvre principale de Zola.

– L’incipit : Le roman s’ouvre sur la description de l’arrivée d’Étienne Lantier dans une mine de houille c’est-à-dire du charbon, située dans la ville minière de Montsou.

– L’excipit : Le roman se ferme sur le départ de Montsou d’Étienne. Les seuils d’entrée et de sortie du roman forment donc une boucle.

– La grève des mineurs : Zola décrit les conditions de travail difficiles des mineurs de l’époque et montre les différences de condition de vie entre le patron de la mine et ses ouvriers. Étienne est celui qui va créer le mouvement de grève qui va aboutir dans la dernière partie du roman au chapitre 4, à l’écroulement du Voreux. Il s’agit du puit d’extraction de la houille. Cette description spectaculaire de l’écroulement est une scène d’anthologie où la machine est personnifiée, elle est décrite comme une personne. Cet écroulement signe la fin de la grève qui a causé plusieurs morts chez les ouvriers. Le départ d’Étienne symbolise la désillusion due a l’échec de la grève mais aussi l’espoir que de nouveaux combats provoquent les changements désirés.

 

Thématiques importantes

– Le déterminisme, terme utilisé par Émile Zola,  signifie que chacun d’entre-nous est programmé à penser et agir d’une certaine façon en fonction du milieu social dans lequel il naît, on parle alors de déterminisme social. Mais aussi de l’héritage familial, génétique, culturel et idéologique, on parle alors de déterminisme familial. Cependant, le déterminisme ne signifie pas enfermement ou fatalité, car un personnage déterminé peut vouloir s’affranchir et se libérer de ses conditions sociales et familiales. C’est le cas d’Étienne Lantier qui malgré son appartenance à la condition ouvrière cherche à se libérer des injustices sociales et amener les ouvriers qui l’accompagnent à se révolter contre leur sort.

– La description comme enjeu littéraire. C’est à travers des descriptions fines et précises que Zola donne accès au monde des mineurs, chose inédite à son époque car il n’était pas d’usage de dépeindre ces sujets.

 

Citation

« Des hommes poussaient (…) dont la germination allait faire bientôt éclater la terre ».

Il s’agit d’une métaphore où les hommes sont comparé à des plantes. Elle fait référence au titre du livre et symbolise l’espoir des hommes d’obtenir de meilleures conditions de vie et de travail, grâce à une succession de combats.

 

Bonus

Adaptation au cinéma (affiche ci-contre) : Germinal, réalisé par Claude Berri.

L'Œuvre, Zola - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1887, deuxième moitié du XIXe siècle.

 

Genre

Cet ouvrage est un roman. Il s’inscrit dans la série des Rougon-Macquart.

 

Mouvement

Ce roman s’inscrit dans le mouvement littéraire du naturalisme, mouvement inventé par Émile Zola. Zola a fondé l’école des naturalistes en s’inspirant du mouvement littéraire réaliste, promu par Balzac. Ces deux mouvements ont pour point commun de dépeindre la réalité. Le naturaliste cherche à représenter la réalité de manière presque scientifique. Le naturaliste effectuait un travail journalistique en se rendant auprès de travailleurs afin de recueillir leurs témoignages et de les exploiter dans son roman.

 

Auteur

Émile Zola est né à Marseille en 1840. Il se lie d’amitié avec le peintre Cézanne au lycée, également originaire du sud de la France. Les deux hommes s’installent à Paris, Cézanne pour accomplir sa carrière de peintre et Zola, suite à la mort de son père. Zola entreprend l’écriture d’une série de romans intitulée Rougon-Macquart, nom de la famille au coeur des romans. Dans son roman L’Œuvre, Zola raconte l’histoire du peintre raté Claude Lantier. Il s’inspire de son ami Cézanne pour inventer le personnage de Claude Lantier. Cézanne, se reconnaissant dans le personnage se dispute avec Zola.

 

Moments-clés

– Conversation entre Claude Lantier le peintre et son ami écrivain Sandoz. Sandoz représente Zola dans le roman. Ils désirent peindre la vie moderne, au sens propre dans le cas de Lantier et au sens figuré dans le cas de Sandoz. Les deux hommes veulent représenter cette vie moderne, en opposition aux romantiques, autre courant artistique et littéraire de la seconde moitié du XIXe siècle, qui représente la vie de manière idéalisée. Ils cherchent à représenter la vie moderne dans sa complexité et sa technicité. Le roman se situe au moment de la révolution industrielle en France, d’où l’usage du terme technicité, puisque cette révolution bouleverse les habitudes de vie et de travail.

– Chapitre V : Présentation de l’œuvre de Claude au Salon. Le Salon est une exposition annuelle à Paris durant laquelle les œuvres, réalisées durant l’année qui venait de s’écouler, étaient présentées. Un jury sélectionnait les œuvres exposées, les autres étant refusées. En 1863 est organisé exceptionnellement par Louis Napoléon Bonaparte, le Salon des Refusés, en raison du grand nombre de refus de toiles cette année-là et du mécontentent général. Zola situe la scène dans ce contexte. Claude Lantier expose sa toile durant le Salon des Refusés. Son tableau est jugé scandaleux par le public. Claude est ridiculisé. Ce passage est cruel envers le peintre. Toutefois le lecteur n’est pas surpris par ce passage et puisque Zola raconte les étapes de réalisation du tableau, en induisant l’idée que ce tableau risque de ne pas faire l’unanimité.

– Chapitre X : Deuxième Salon, quelques années plus tard. Cette scène se déroule dans un des Salons annuels et non au Salon des Refusés qui n’a eu lieu qu’une seule année. Claude Lantier s’y rend et réalise que sa toile, autrefois huée, inspire d’autres peintres. Son thème du pique-nique en plein air, a été repris et adapté au goût du lecteur. Le résultat est meilleur que la toile de Claude. Cela fait ressortir le désespoir du peintre réalisant la qualité de son idée mais la médiocrité d’exécution.

 

Thématiques importantes

– L’artiste maudit. Un des thèmes phares du roman est la création artistique, plus exactement la souffrance qu’elle peut susciter chez un peintre. Claude Lantier incarne ce peintre maudit, tout comme, dans la réalité, Cézanne incarnait de son vivant l’artiste maudit. L’artiste maudit est un thème privilégié dans le mouvement romantique mais, dans L’Œuvre, ce thème est réactualisé.

– La vie moderne. Zola dépeint son temps, celui du Second Empire et de la Révolution industrielle. En cela Zola est moderne.

 

Citation

« Est-ce donc impossible de créer ? »

Cette phrase est dite par Claude Lantier. Elle révèle les difficultés auxquelles est confronté un artiste, entre le projet initial et sa réalisation.

 

Bonus

Il est conseillé d’aller voir les œuvres de Cézanne, notamment ses premières toiles et celles réalisées à son retour dans sa région natale.

 

La montagne Sainte-Victoire, Cézanne

Dans cette œuvre la montagne devient un personnage et, à ce titre, il est possible de parler de portrait. Il a réalisé plusieurs peintures de cette montagne, aujourd’hui reconnues comme des chefs-d’œuvre de la peinture.

 

L’Olympia, Manet

Œuvre contemporaine de celle de Cézanne qui fit scandale au Salon de 1865. Zola a défendu cette toile dans un texte car, mis à part sa carrière de peintre et de journaliste, Zola était aussi critique d’art.   

Manon Lescaut, Prévost - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1731, au début du XVIIIe siècle.

 

Genre

Il s’agit d’un roman. Ce roman peut être qualifié de roman mémoire puisqu’il s’agit des mémoires du chevalier des Grieux, écrit à la première personne, aux nombreux points communs avec son auteur faisant de ce roman presque une biographie. Néanmoins il s’agit d’une fiction donc un roman mémoire.

 

Mouvement

Ce roman est souvent rapproché du mouvement des Lumières. Les écrivains des Lumières s’engagent afin de répandre le savoir et de favoriser l’exercice de la raison. Dans Manon Lescaut l’histoire sert de cadre pour une satire sociale, c’est pourquoi ce roman se rattache au mouvement des Lumières. En raison de sa thématique centrale, la rencontre amoureuse, et en sachant qu’au XVIIIe siècle, il existait déjà un courant proche du romantisme, Manon Lescaut peut aussi s’inscrire dans le mouvement romantique.

 

Auteur

L’Abbé Prévost est un homme d’Église. Au cours de sa vie, il a pris alternativement les fonctions de soldat, religieux et voyageur. Il débute sa carrière d’homme religieux chez les Jésuites. Il quitte cet ordre à plusieurs reprises, de son plein gré et à la demande de ses confrères. Il part en Hollande ouvrir un café. Il s’installe ensuite à Londres où il traduit des romans anglais. L’Abbé Prévost est un homme de lettres. Il publie quelques ouvrages. Il est connu pour publier des romans scandaleux. Manon Lescaut est perçu comme le plus scandaleux d’entre tous.

 

Moments-clés

– La rencontre des amants. Il existe des recherches sur les rencontres amoureuses dans la littérature qui ont donné naissance à des termes techniques dont celui servant à définir cette rencontre : le topos de la rencontre amoureuse. Généralement ce topos débute par un échange de regards avant de prendre la forme d’un coup de foudre. Le passage de la rencontre amoureuse dans Manon Lescaut correspond tout à fait à cette définition. Le chevalier des Grieux, à la vue de Manon, en tombe éperdument amoureux. Lors de leur premier échange verbal, le chevalier se surprend à lui parler aisément, sans timidité.

– La mort de Manon Lescaut dans le désert. Au cours du roman, le personnage de Manon perd son innocence. Elle se prostitue au besoin tandis que son frère joue aux jeux. Ces deux protagonistes entraînent le chevalier dans leur débauche en le dépouillant de ses sous et en nuisant à sa réputation. Manon Lescaut est envoyé à la Nouvelle-Orléans, aux État-Unis puisqu’il s’agit d’un exil, remplaçant le bagne, en terre peuplée de bagnard et de filles de mauvaises vies. Le chevalier des Grieux la suit. Ils parviennent à s’échapper jusque dans le désert. Le désert est un élément symbolique. Il décrit un état d’âme d’errance et de solitude. C’est dans ce décor que Manon meurt et des Grieux l’enterre.

 

Thématiques importantes

– L’amour est au cœur du roman. L’amour est la force qui se joue de toutes les contraintes. En cela, il s’agit d’un amour romantique plus qu’un amour de raison proche des Lumières.

– Les personnages sont stéréotypés. Le chevalier des Grieux représente le candide ou l’ingénu, terme faisant référence aux textes de Voltaire, le candide est un personnage apprenant la vie au contact d’événements douloureux. Manon Lescaut représente la femme fatale puisqu’elle entraîne son amant à sa perte.

 

Citation

« On ne ferait pas une divinité de l’amour s’il n’opérait des prodiges »

Cette phrase est tirée du topos de la rencontre amoureuse. Il s’agit d’une pensée de des Grieux, à posteriori. « Un divinité de l’amour » fait référence à la divinité gréco-latine Eros, dieu de l’Amour représenté comme un petit angelot. La fin de la citation « opérait des prodiges » fait référence aux nombreuses péripéties du roman, les déboires du chevalier et l’ascension morale de Manon.

 

Bonus

Il existe un opéra, intitulé également Manon Lescaut de Giovanni Puccini. Les décors de l’Abbé Prévost ont suscité un intérêt profond pour le roman, facilement transposable dans un espace scénique.

Pour étudier la figure de la femme fatale, un roman du XIXe siècle peut compléter ce modèle de femme. Il s’agit de La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas (fils).

Le Père Goriot, Balzac - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

À quels mouvements littéraires peut-on rattacher l’œuvre de Balzac ?

L’ensemble de l’œuvre de Balzac appartient aux mouvements réaliste et romantique. Balzac s’est essayé, au début de sa carrière, au romantisme. Le roman Le Père Goriot n’appartient qu’au mouvement réaliste.

 

Qui est le personnage principal de ce roman ?

Le personnage principal est Rastignac, jeune provincial arrivé à Paris. Le lecteur suit l’histoire du Père Goriot au travers du regard de Rastignac.

 

II. Questions sur l’incipit

 

En quoi cet incipit remplit-il sa fonction ?

La fonction d’un incipit romanesque est de présenter les personnages, le lieu et le temps ainsi que l’intrigue. Dans le cas du Père Goriot l’incipit remplit sa fonction. Il s’agit de l’arrivée de Rastignac à la pension Vauquer dans laquelle se trouve un certain nombre de personnages. Tous les pensionnaires sont présentés à tour de rôle. Les personnages parlent du contexte temporel, ce qui informe le lecteur du temps où se déroule le roman.

 

Que va devenir Vautrin dans la suite du roman ?

Vautrin est un des convives du dîner à la pension Vauquer. Vautrin porte une perruque dissimulant ses tatouages de bagnard. Il s’est échappé du bagne et est recherché par la police. Ce personnage se dissimule et se livre, puisqu’il est l’initiateur de Rastignac. Il lui apprend l’organisation de la société de son temps, afin de lui faire perdre ses illusions.

 

III. Questions sur l’explicit

 

Comment qualifier le fait de s’adresser à un être inanimé comme à un être humain ?

La question porte sur un extrait précis. Elle fait référence à la phrase « À nous deux maintenant » prononcée par Rastignac à l’égard de Paris qui se déploie sous ses yeux. En lançant cette phrase il s’adresse à la ville de Paris comme à un homme, paraissant s’attendre à recevoir une réponse. Cet extrait est une prosopopée.

 

Est-ce seulement le Père Goriot qu’on enterre ?

La réponse est négative. L’enterrement est celui du père Goriot physiquement mais il est également symbolique puisque Rastignac enterre par la même occasion ses illusions. Il comprend que l’humanité peut être intéressée et que la société parisienne exige des ruses et de l’immoralité, ce qu’il fera dans la suite des romans de Balzac.

La Peste, Camus - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

À quel mouvement littéraire se rattache cette œuvre ?

On associe souvent Albert Camus au courant de l’absurde, qui se développe après la Seconde Guerre mondiale et qui tend à montrer la vie comme une succession de faits sans cohérence, face auxquels il s’agit de se débattre, sans horizon vraiment heureux. C’est une vision quelque peu pessimiste de l’existence née de l’expérience de la guerre.

La Peste peut être rattaché à ce mouvement littéraire, même s’il faut rester prudent puisque le livre raconte la lutte d’une ville contre une épidémie. En ce sens, cette lutte n’est pas radicalement désenchantée car on finit par vaincre cette épidémie.

 

Quelle est la focalisation adoptée dans ce texte ?

La focalisation est la manière dont est racontée le texte, à la première personne, à la troisième personne ou de manière extérieure à l’intrigue.

Ici, la focalisation est interne car c’est une chronique : une personne témoigne d’une histoire et s’exprime en son nom en décrivant les événements avec une certaine distance. Même si le « je » du chroniqueur n’est pas forcément employé, il est donné à entendre au début du texte que ce chroniqueur ne fait pas partie de l’histoire ce qui se révèle faux à la fin.

 

II. Questions sur l’incipit

 

Quelle est la fonction de cette description dans l’histoire ?

Le roman s’ouvre sur la description de la ville d’Oran qui est volontairement placée sous le signe de la routine et de l’habitude. Sa fonction est donc, à la fois, d’informer sur le lieu où se passe l’intrigue (fonction d’exposition et de précision du décor) mais aussi d’indiquer la tonalité du texte à savoir l’apparente normalité. Cela permet d’enclencher l’événement perturbateur qui est l’apparition de l’épidémie.

 

La ville est-elle traitée comme un personnage ou comme un décor ?

L’argumentaire peut être développé dans les deux sens : il faut faire un choix et le défendre.

Traitée comme un personnage

On remarque que cette ville est présentée dès le début avec beaucoup de précisions (tout un chapitre y est consacré), alors qu’habituellement c’est au protagoniste qu’on consacre le début du roman. Cela confère à cette ville un statut particulier qui la rapproche de celui d’un personnage principal d’un roman.

Traitée comme un décor

C’est tout d’abord un lieu (un décor) car ce sont les habitants de la ville qui sont décrits, on ne peut pas faire abstraction d’eux.

 

III. Question sur l’explicit

 

En quoi cette fin change-t-elle notre regard sur Rieux ?

Dans l’avant dernier paragraphe du texte on apprend que le Docteur Rieux était le chroniqueur responsable de l’écriture du texte. Cela lui donne un double statut : il est à la fois un personnage à l’intérieur de l’histoire (personnage intradiégétique) et à l’extérieur car il raconte ce dont il a été témoin (personnage extradiégétique).

Le personnage de Rieux est à la fois un personnage de fiction et un double d’Albert Camus qui écrit, comme lui, pour enseigner à ses lecteurs la position à adopter face à un danger imminent, celui de la peste mais aussi celui de toute nouvelle guerre ou de toute nouvelle lutte à venir. Il est son porte-parole.

Manon Lescaut, Prévost - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

Est-il un roman ou des mémoires ?

Cet ouvrage est un roman et un mémoire. Il s’agit d’un roman car l’histoire est fictive. Elle raconte les aventures d’un personnage. Il s’agit aussi d’un mémoire car le roman est rédigé comme les mémoires du personnage chevalier des Grieux, avec une focalisation interne et présenté comme un compte rendu des événements de la vie du personnage.

 

Comment qualifier ce roman ?

Au XVIIIe siècle, plusieurs types de romans se développent. Le roman libertin représente les passions exacerbées, lui offrant une fin moralisatrice à l’issue négative pour les personnes ayant succombé à leurs passions. Le roman sentimental expose les passions de manière plus nuancée, et à la condamnation moins sévère. Manon Lescaut s’apparente plus au roman sentimental.

 

II. Questions sur la première rencontre

 

Cette scène est-elle topique ?

L’adjectif topique vient du terme topos. Topos désigne en grec un lieu commun à cliché. La question porte sur les codes d’une scène de rencontre amoureuse afin de définir si l’extrait correspond à ces codes. La rencontre amoureuse débute par l’échange d’un regard, conduisant à un coup de foudre et à un rapprochement spatial des deux personnages. Par exemple, dans La Princesse de Clèves, la princesse et le duc de Nemours se sont échangés des regards au cours d’une première rencontre et lors d’une seconde rencontre, ils sont amenés à danser ensemble, entraînant un rapprochement des corps. Dans le cas de Manon Lescaut tous les codes ne sont pas respectés. Des Grieux regarde Manon mais le narrateur n’insiste pas sur le retour de regard de Manon envers des Grieux. L’échange des regards est à sens unique. Leur rapprochement est très rapide. Ils engagent la conversation avec un naturel qui étonne des Grieux. La scène de rencontre du chevalier et de Manon est bien topique.

 

Que présage cette rencontre entre des Grieux et Manon ?

Cette scène est marquée par la rapidité. Les personnages, s’étant à peine aperçus, se mettent à discuter avec une grande familiarité. Cette scène présage la démesure, la précipitation et le manque de raison entourant leur relation tout au long du roman. Cette rencontre présage le tumulte de la passion, la précipitation de décisions malheureuses.

 

III. Question sur l’explicit (la mort de Manon)

 

En quoi le paysage est-il important ?

La mort de Manon intervient après qu’elle soit partie pour le Nouveau Monde, l’Amérique, en tant que fille de joie et prisonnière et que le chevalier, l’ayant suivi, la libère et la fasse fuir dans le désert. Manon meurt aux côtés du chevalier, dans ce désert. Le paysage est à la fois un décor et une métaphore du sentiment, de l’état d’âme du personnage. Le désert représente l’isolement et la solitude puisque ses deux personnages, livrés à eux-mêmes, sont incompris du monde entier et leur couple est condamné. Cette mort se reflète dans le paysage.

Un Barrage contre le Pacifique, Duras - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

Ce texte est-il une autobiographie ou une autofiction ?

Une autobiographie est un livre racontant la vie de son auteur. Une autofiction est un livre racontant une fiction mêlée d’éléments réels importés du vécu de l’auteur. Dans le cas d’Un barrage contre le Pacifique, il est difficile de faire la différence. Les deux genres peuvent se défendre avec des arguments.

 

En quoi cette écriture est-elle moderne ?

La modernité des romans de Marguerite Duras sont visibles dans son écriture singulière. Marguerite Duras utilise un langage familier, plus proche dans sa syntaxe de l’oral que de l’écrit, avec notamment l’emploi de nombreux marqueurs d’oralité. Elle utilise des phrases sans verbes, dites averbales. Marguerite Duras veut se rapprocher de la réalité et du concret. Cette recherche de modernité apporte du dynamisme à son propos.

 

II. Question sur l’incipit

 

Mort du cheval : Quelle est la fonction de cet événement dans l’intrigue romanesque ?

L’achat de ce cheval, par la mère, veuve, et son frère Joseph, devait permettre à la famille de relier le domaine au monde extérieur. Ce cheval meurt en quelques jours et le projet échoue.

Cette scène est un incipit, c’est-à-dire le début du roman. Dans son commencement un roman expose les éléments essentiels de l’histoire, composés des personnages, du lieu et du temps ainsi que du nœud de l’intrigue. La mort du cheval paraît dérisoire pour une scène d’exposition. Cet événement est prophétique puisqu’il annonce la série de mésaventures qui s’abat sur la famille et la fin tragique de l’un des personnages. En cela, ce début de roman s’éloigne de la fonction de l’incipit. Il s’agit aussi d’un élément perturbateur, forçant la famille à agir et engendrant l’intrigue du roman. Ce caractère se rapproche plus de la fonction de l’incipit. Cet événement a deux fonctions, en étant à la fois un élément perturbateur et un élément prophétique.

 

III. Questions sur la ville coloniale

 

Quel est le rapport entre cette description de la ville et l’intrigue ?

La description de la ville est complète. Le rapport entre cette description et l’intrigue est métaphorique. L’agencement de la ville illustre l’organisation de la société coloniale. La société coloniale est organisée hiérarchiquement entre les natifs et les colons, les différences de richesses entre les colons. Cette organisation décrite permet de mieux cerner les raisons des difficultés auxquelles est confrontée la mère.

Il s’agit aussi d’un rapport symbolique entre la description et l’intrigue. Marguerite Duras veut représenter la société de son temps. Lorsqu’elle publie son roman ont lieu les guerres d’indépendance. Elle en donne sa vision.

 

Quelle est la symbolique des couleurs ?

Les couleurs s’opposent entre elles, entre le clair et l’obscur, entre le blanc et le foncé. Ces oppositions de couleurs, au-delà de la symbolique de la couleur de peau, ont une symbolique morale. En décrivant la tenue blanche des colons, elle met en avant l’hypocrisie des colons qui exacerbent la bonne morale alors qu’ils ont des rapports extrêmement violents avec l’ensemble des habitants natifs. Il s’agit d’une symbolique politique.

Madame Bovary, Flaubert - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

À quel mouvement littéraire se rattache cette œuvre ?

Cette œuvre se rattache au mouvement réaliste. Cette question peut être un peu ambiguë dans la mesure où Emma Bovary se comporte elle-même comme une héroïne romantique. Elle cherche des amours idéalisées et rêve de grandeur tout en étant toujours ramenée à sa vraie vie, beaucoup moins idyllique. C’est ce que voulait montrer Flaubert : il existe un fossé énorme entre ce qu’on nous présente comme sublime et la réalité. Il illustre le mouvement réaliste : un mouvement littéraire qui s’attache à décrire les choses de manière précise dans ce qu’elles ont de plus quotidien et parfois aussi de moins noble, par opposition au romantisme.

 

Pourquoi Flaubert a-t-il dit « Madame Bovary c’est moi » ?

C’est une phrase qu’il a écrite dans sa correspondance et qui semble un peu énigmatique. Interprétation ouverte : comme Emma Bovary, Flaubert avait un projet assez démesuré de son écriture et une certaine vision de la vie (quand il était jeune), qui correspond à celle d’Emma Bovary, c’est-à-dire qu’il cherchait l’exaltation, l’excès. Puis avec le temps et la lucidité, il s’est rendu compte que c’était une fuite en avant. S’il a gardé ses ambitions sur le plan de la littérature, il a renoncé à ce côté sublime pour la vie quotidienne.

 

II. Question sur la séduction d’Emma par Rodolphe

 

En quoi les circonstances de cette rencontre annoncent-elles l’issue de leur relation ?

La rencontre (au sens amoureux du terme) se fait lorsqu’ils sont tous seuls au premier étage de la mairie. Rodolphe essaie de séduire Emma en lui parlant d’amour et en la gratifiant de discours assez conventionnels. Toutes ces déclarations se font sur fond de comices agricoles dont on entend les bruits ou phrases provenant de l’extérieur. Ces fragments de discours viennent interférer avec le discours amoureux de Rodolphe, ce qui fait perdre en grandeur à ce discours. Emma, complètement subjuguée par Rodolphe, ne s’en rend pas compte. C’est le lecteur qui a la lucidité de voir que ces circonstances-là annoncent qu’il s’agit d’un faux discours amoureux qui décevra nécessairement Emma.

 

III. Question sur la lecture par Emma de la lettre de Rodolphe

 

Cette lettre est-elle une surprise pour le lecteur ?

Après avoir été amants, Emma et Rodolphe se séparent à l’initiative de celui-ci en lui envoyant une lettre de rupture. Cette lettre n’est pas une surprise pour le lecteur car on assiste à la rédaction de la lettre par Rodolphe juste avant. À un moment, il ouvre une boîte où se trouvent les mèches de cheveux de ses conquêtes. On suit ses pensées pendant son écriture. Il se présente presque comme un Don Juan. On assiste ensuite à sa lecture qui va être un choc pour Emma.

 

IV. Question sur l’explicit

 

Comment qualifier cet explicit ?

On ne qualifie pas cet explicit de tragique, même si on assiste à la mort d’Emma. Cela ne suffit pas à définir le tragique qui s’emploi surtout quand il y a des Dieux par rapport auxquels le personnage s’est mis en porte-à-faux avec la fatalité d’un côté prédestiné. Ici, ce n’est pas le cas d’Emma.

L’explicit n’est pas non plus romantique, comme le voudrait Emma puisqu’elle se suicide suite à un dépit amoureux et à des dettes. Mais cela n’a rien de sublime car elle meurt dans d’atroces souffrances en vomissant (avec des détails sur lesquels appuie Flaubert et qui ne sont pas sublimes) pendant qu’un ivrogne chante une chanson à l’extérieur.

Au final, on peut dire que c’est un explicit réaliste, qui insiste sur le côté prosaïque du quotidien.

L’Œuvre, Zola - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

A quelle  « œuvre » ce titre fait-il référence ?

La question a plusieurs réponses. L’œuvre peut être comprise comme l’Œuvre de Claude Lantier dans son ensemble, c’est-à-dire l’intégralité des tableaux qu’il peint. L’œuvre peut également désigner la toile intitulée Plein Air, que Claude Lantier expose au Salon des Refusés.   

 

Que savez-vous de la peinture dans la seconde moitié du XIXe siècle ?

Il s’agit d’une question de culture générale. L’étude en classe de L’Œuvre de Zola, nécessite la connaissance de certaines œuvres. Pour répondre à cette question, il faut se référer à ces oeuvres étudiées durant la lecture. La peinture de la  moitié du XIXe siècle se caractérise par deux mouvements artistiques :

– la peinture romantique, très idéalisée, à l’aspect léché, dont les sujets, empreints de lyrisme, sont ceux du rêve, de la peur et la relecture du monde médiéval.

– la peinture réaliste, inventée par Courbet et qui va devenir un mouvement très important touchant les artistes comme Manet, Cézanne, Bazille.

 

Qui est Claude Lantier ?

Claude Lantier est le personnage principal du roman. Il appartient à la famille Rougon-Macquart, famille éponyme de la série romanesque développée par Emile Zola sur un ensemble de vingt romans. Claude Lantier a des liens de filiation avec des personnages issus d’autres livres de cette série. Il est le fils de Gervaise, héroïne de L’Assommoir, et le frère Étienne Lantier, personnage principal de Germinal et d’Anna Lantier personnage principal de Nana, Nana étant le pseudonyme d’Anna Lantier. Autrement dit, Claude Lantier est le frère d’un ouvrier, d’une prostituée, et, le fils d’une blanchisseuse.

 

II. Question sur le Salon des Refusés

 

Le narrateur est-il solidaire ou distant de Claude Lantier ?

Ce passage raconte la réception du tableau de Claude Lantier, intitulée Plein Air, par le public du Salon. La réception de la toile par le public est mauvaise. Les spectateurs ne la comprennent pas et en sont indignés. La réaction de Claude est changeante. Il passe du choc à la déception et finit par rejeter les réactions du public considérant que l’incompréhension de son œuvre est due au fait que le public n’est pas apte à comprendre son art. Le narrateur semble donc solidaire de Claude Lantier. Le narrateur prend également une distance vis-à-vis du peintre puisque un personnage l’accompagnant à la réception exprime le mécontentent du public. Il fait remarquer à Claude qu’il devait s’attendre au scandale en présentant une telle œuvre. L’intervention de ce personnage permet à Zola de nuancer l’aspect d’artiste maudit que Claude Lantier se donne. Claude Lantier est ambivalent dans sa démarche puisqu’il prend mal les critiques, alors qu’il les a provoquées en montrant cette œuvre scandaleuse. La réponse apportée peut être nuancée, en montrant l’ambivalence du narrateur à l’égard du peintre.

 

III. Question sur le Salon deuxième Salon, 1870

 

Que dit ce passage sur la vision qu’a Zola de la peinture ?

Suite aux critiques reçues pour sa toile Plein Air lors du premier Salon, Claude Lantier réalise durant le second que sa toile fait école, c’est-à-dire que son œuvre est désormais considérée comme une référence. Son sujet, le pique-nique en plein air, a été repris par d’autres artistes. Claude Lantier se sent trahi. Les œuvres reprenant son thème ont été adaptées au goût du public et reçoivent de bonnes critiques. Ce passage révèle la vision de Zola concernant la peinture. Zola a un regard assez critique sur l’art de son temps. Sa critique se dirige contre le public qui perçoit les œuvres non pour leurs qualités, mais au travers des codes établis. Zola critique l’instinct grégaire d’un public qui ne réfléchit pas et ne dépasse pas ses intuitions premières.

La réponse porte sur le roman mais elle peut être étayée par de véritables faits puisque Zola connaissait personnellement Cézanne, artiste dont il s’est inspiré pour le personnage de Claude Lantier, qu’il connaît depuis son enfance. Zola ne comprenait pas la peinture de son ami et les deux hommes se sont disputés après la publication de ce roman. Zola connaît également Manet, dont la toile Le Déjeuner sur l’herbe a servi d’inspiration pour Plein Air, œuvre de Claude Lantier. Zola avait une grande admiration pour ce peintre. Le personnage de Claude Lantier s’inspire donc des deux peintres. L’ambiguïté de langage de Zola envers le peintre du roman témoigne de cette inspiration, puisqu’il adhère à la peinture de Manet et se dissocie de la peinture de Cézanne, au travers du héros du roman.

Germinal, Zola - Oral

I. Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

À quel mouvement littéraire appartient ce texte ?

Cette œuvre appartient au mouvement littéraire naturaliste. C’est Zola qui va développer cette école d’écriture en partant du mouvement réaliste. Le mouvement réaliste est représenté par Balzac dont Zola est un grand lecteur. Zola emprunte donc à Balzac ce souci du réel qui s’éloigne d’une représentation idéalisée des choses, pour plutôt les montrer telles quelles sont. Zola cherche donc le naturel qui va jusqu’à des détails techniques concrets et précis. Pour cela, il enquête sur le terrain pour nourrir ses romans de détails, de techniques et de métiers. Dans Germinal, Zola dépeint le milieu des mines, le travail des mineurs. Ce roman est donc une fiction puisque les personnages sont inventés mais c’est aussi un document sur ce qu’était le travail dans les mines au XIXe siècle.

 

Qui est Étienne Lantier ?

Étienne Lantier est le protagoniste, c’est-à-dire le personnage principal du roman. La famille Lantier parcourt la saga des Rougon-Macquart, l’oeuvre de Zola. Étienne Lantier est le fils de Gervaise Macquart, l’héroïne de L’Assommoir, une blanchisseuse, dont le deuxième mari va la faire sombrer dans l’alcoolisme. Étienne est le frère de deux autres personnages : Claude Lantier est dépeint dans L’Oeuvre et Anna Lantier, surnommée Nana dans le roman éponyme, c’est-à-dire qui porte en titre le nom du personnage principal, ici Nana.

 

II. Questions sur l’incipit : description de la mine du Voreux

 

Que nous apprend cet incipit sur le personnage d’Étienne Lantier ?

L’incipit informe sur le lieu, le temps, le protagoniste et éventuellement l’intrigue. Zola décrit des réalités qui lui sont contemporaines, l’action se passe donc au XIXe siècle. Étienne Lantier est seul, et marche vers la mine du Voreux. Le terme ouvrier est utilisé pour le qualifier et plus précisément le terme de journalier, c’est-à-dire un ouvrier qui travaille à la journée. Il n’est pas assez couvert pour se protéger du froid.

 

En quoi cet incipit est-il naturaliste ?

Il décrit précisément un itinéraire entre deux villes, que Zola a surement parcouru ou étudié sur une carte.

 

III. Questions sur l’explicit

 

Étienne Lantier est-il un héros de roman ?

Le personnage principal n’est pas forcément un héros. Un héros est un personnage qui a une grandeur, une stature qui le distingue des autres personnages. La notion de héros induit que le personnage soutient des valeurs, qu’il va mener des combats ou poursuivre une quête, passer des obstacles et en sortir vainqueur. À la fin du roman, Étienne Lantier repart de l’endroit où il arrive au début du roman, en étant toujours démuni. Cependant, il a mené un combat en conduisant la grève des ouvriers. La grève va échouer et être meurtrière, mais ce n’est pas le fait d’Étienne Lantier. Même si Lantier échoue on peut le considérer comme un héros de roman de par sa grandeur d’âme, son courage, sa détermination et malgré tout sa capacité à aller de l’avant malgré son échec. Il n’est donc pas un héros romantique mais un héros naturaliste.

 

Quel est le lien de l’explicit avec le titre du roman ?

Germinal est le mois d’avril dans le calendrier républicain. À ce titre germinal est le mois de la renaissance, de ce qui germe. C’est dans le dernier paragraphe, qu’est développée cette idée de la germination, image de la nature qui s’apprête à renaître suite à un hiver ayant été très difficile. L’hiver symbolisant la mort et la destruction. À travers cette image du printemps, Zola décrit le mécanisme de la révolte, le fait que la révolte a été écrasée et qu’elle va éclater à nouveau. Dans une métaphore filée, Zola fait référence à la fois à la germination, symbole du renouveau, et au caractère républicain et révolutionnaire de la révolte à venir des ouvriers de la mine.

La Ferme des animaux, Orwell - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1945, durant la Seconde Guerre mondiale.

 

Genre

Cette œuvre appartient au genre du roman satirique. Un roman satirique est une critique dissimulée au travers du comique. Cette œuvre est aussi un apologue. Un apologue est un texte servant à illustrer une morale. En d’autres termes, un apologue est une fable.

 

Mouvement

Ce roman ne peut pas être rapproché d’un mouvement littéraire, en raison de sa singularité.

 

Auteur

George Orwell est un pseudonyme. Le véritable nom de l’auteur est Éric Blair. Il est né en 1903, en Birmanie, colonie britannique et a la nationalité britannique. Il a fait ses études en Angleterre. Il retourne en Asie à la fin de ses études. Orwell rejette l’impérialisme anglais, le système colonialiste et prend la décision de rentrer définitivement après son séjour en Asie. Il prend également la résolution de se consacrer à l’écriture.

 

Moments-clés

– Les sept commandements. La ferme des animaux raconte la rébellion des animaux contre les fermiers et la prise de pouvoir des animaux de l’étable. Pour organiser la ferme de manière égalitaire et pacifiste, ils éditent sept commandements. L’acte de réaliser des commandements est une référence explicite aux commandements religieux dans la Bible de l’Ancien Testament. Mais très vite, l’idéal politique de départ s’efface, laissant place à un groupe d’animaux, les cochons et son leader politique un cochon du nom de Napoléon.

– Accession au pouvoir des cochons. George Orwell cite, par ce nom Napoléon, les événements politiques en France à la fin du XVIIIIe siècle, lorsque Napoléon Bonaparte et l’Empire succède à la Ire République, née de la Révolution française. George Orwell propose une lecture de l’histoire de France selon laquelle Napoléon aurait tiré profit de la Révolution française. Dans La Ferme des animaux ce changement de régime engendre un changement également au niveau des commandements édités.

– Changement de commandements. Les nouveaux commandements enjoignent les habitants de la ferme à travailler toujours plus pour le bien commun mais, le lecteur comprend rapidement le caractère aliénant de ces obligations. La révolution des animaux avait mis fin à ce rapport de force entre hommes et bêtes. L’arrivée des cochons au pouvoir change drastiquement la situation, instaurant un nouveau rapport de force au sein de la ferme.

 

Thématiques importantes

– Ce roman interroge les rapports de force. Ces rapports de force prennent formes lorsque des individus qui, originairement ont pris part à la révolution et aux commandements prônant une égalité parfaite, ont récupéré le pouvoir et ont totalement changé les rapports entre les animaux, à leur profit. Ce changement se caractérise par le travail toujours plus dur et aliénant que les bêtes se mettent à réaliser, à la demande de ce groupe d’individus, reprenant, sans le remarquer, leur état de soumission à une puissance.

– La manipulation par la propagande politique est aussi au cœur de ce roman. Sous couvert des animaux, Orwell représente les gouvernements et la manière de gouverner. Pour être plus précis, Orwell veut, par le biais de son roman, dénoncer le régime soviétique, fondé suite à la révolution de 1917. Au moment où Orwell écrit son roman, Staline est déjà au pouvoir et le régime soviétique est un régime totalitaire. Sa critique est en avance par rapport à son temps puisque en 1945, date de publication, le bloc soviétique est vital à l’Europe pour mettre fin au conflit mondial et est donc un allié du Royaume-Uni. C’est pourquoi, au moment de sa sortie, son roman est rejeté.

 

Citation

« les révolutions n’engendrent une amélioration radicale que si les masses sont vigilantes »

C’est une citation de George Orwell, au sujet de son roman, dans une interview. Elle met en valeur l’intrigue de La ferme des animaux.

 

Bonus

Il existe une adaptation animée, datée de 1954, très proche du texte. Il s’agit d’un dessin animé pour adultes, offrant une réflexion politique et philosophique sur les rapports entre les hommes.

Bel-Ami, Maupassant - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1885, à la fin du XIXe siècle.

 

Genre

Cette œuvre appartient au genre du roman.

 

Mouvement

Ce roman s’inscrit dans le mouvement réaliste. Le réalisme vise à retranscrire fidèlement la réalité. 

 

Auteur

Guy de Maupassant est né en 1850, en Normandie. Il fréquente Flaubert qu’il tient pour son maître. Il s’installe à Paris pour accomplir ses ambitions d’écrivain. Il travaille à l’administration de plusieurs ministères. Il fréquente également les soirées littéraires. Son roman Bel-Ami est un des premiers livres de sa carrière.

 

Moments-clés

– L’ascension de l’escalier par Georges Duroy. Ce passage se situe au début du roman. Georges Duroy, personnage principal, rentre après son service militaire effectué en Algérie, durant la guerre. Il n’a pas réussi à trouver d’emploi et se retrouve en difficulté financière. Il rencontre, par hasard, un ancien camarade de régiment, Charles Forestier. Ce dernier l’invite au dîner mondain qu’il organise. Georges Duroy décide de se rendre au dîner, louant un costume pour l’occasion. Il monte l’escalier pour arriver à la salle du dîner. Il a l’espoir de s’y faire remarquer. Cette ascension de l’escalier est une métaphore de l’ascension sociale que Georges Duroy réalise au cours du roman. À l’issue de cette réception, Georges Duroy débute une nouvelle vie et gravit les échelons, en commençant par écrire un article sur son expérience de soldat en Algérie, pour le journal La vie française.

– Mort de Forestier. Cette thématique est l’un des sujets de prédilection de Guy de Maupassant. Ce passage intervient au moment où Georges Duroy est parvenu à s’imposer dans le milieu du journalisme, grâce à son ami Charles Forestier. Alors que Georges Duroy rejoint son ami dans le sud, la maladie de Charles Forestier se complique et il décède. Maupassant raconte la mort de cet homme, dans un long passage consacré aux questions existentielles. Forestier a une réflexion philosophique sur la vie et la mort. Il s’interroge sur les priorités qui s’imposent à lui au moment de sa mort, en exhortant Georges Duroy de bien employer sa vie. Ce passage est un moment clé du roman puisque Georges Duroy est amené à se questionner lui-même sur les choix qu’il fait. En effet, pour parvenir à gravir les échelons, il s’est servit de femmes, notamment Madeleine Forestier, épouse de Charles Forestier, qui l’aidait à rédiger des articles. Georges Duroy use de son charme pour s’attirer les charmes de femmes.

– Mariage avec la fille d’une ancienne maîtresse. L’ancienne maîtresse de ce passage est Mme Walter, épouse du directeur du journal La vie française, où travaille Georges Duroy. Il l’a séduit pour parvenir à obtenir une bonne place dans la rédaction. Il se marie avec la fille Walter pour asseoir définitivement sa position. Georges Duroy fait chanter le couple Walter pour contracter ce mariage. Georges Duroy devient, par cet acte, un scélérat. Ce passage fait écho à la leçon de morale Charles Forestier que Duroy choisit de ne pas suivre.

 

Thématiques importantes

– L’ambition. Bel-Ami, surnom que Georges Duroy obtient en raison des liaisons qu’il entretient, est un personnage ambitieux. Bel-Ami veut accéder à une position sociale élevée dans la société. En atteignant son but Bel-Ami s’assure une réputation, une bonne estime de lui-même et une situation matérielle enviable. Les choix que réalise Georges Duroy sont faits en vue de son objectif. On retrouve, en littérature, un profil similaire, dans Le Père Goriot, de Balzac avec le personnage de Eugène de Rastignac.

– Les rapports hommes et femmes sont au cœur du roman. Pour assouvir son ambition, Georges Duroy use des femmes influentes qu’il séduit. Le choix de Maupassant est peu conventionnel car, dans son roman Bel-Ami, ce sont les femmes qui ont le pouvoir. Ce pouvoir n’est pas synonyme d’émancipation des femmes puisqu’elles ne peuvent en jouir seules. Leurs influences ne peuvent, en outre, que servir à leurs amants ou à leurs proches. En cela, Maupassant s’inscrit dans une vision contemporaine de son temps.

 

Citation

« En voilà un trésor pour un homme qui veut parvenir »

Cette phrase est prononcée par Mme de Marelle, amante de Bel-Ami, à propos de Madeleine Forestier, femme de Charles Forestier et amie influente de Georges Duroy. Cette phrase signifie que la réussite de Georges Duroy n’est pas due à sa personne mais à celle de Madeleine Forestier. Ce « trésor » n’est pas destiné à cette femme mais à Georges Duroy qui l’utilise pour parvenir. « Parvenir » signifie là « gravir l’échelle sociale ».

 

Bonus

Pour approfondir le travail sur cette œuvre littéraire, il est possible de visionner l’adaptation cinématographique Bel-Ami de 2012.

L'Assommoir, Zola - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1876, deuxième moitié du XIXe siècle.

 

Genre

Cette œuvre appartient au genre du roman.

 

Mouvement

Cette œuvre s’inscrit dans deux mouvements littéraires : le réalisme et le naturalisme. Ce roman appartient au mouvement réaliste parce que son auteur s’attache à dépeindre, le plus fidèlement possible, la réalité. On peut également considérer ce roman comme une œuvre naturaliste en raison de sa méthode d’écriture. Zola effectue un travail journalistique. Il se rend sur le terrain, prend des notes et constitue des carnets de recherches. Ces notes vont lui servir lors de la rédaction de ses romans.

 

Auteur

Émile Zola (1840-1902) est né à Marseille. À la mort de son père, Émile Zola se rend à Paris afin de soutenir financièrement le reste de sa famille. Il s’installe chez la famille de sa mère, dans les quartiers pauvres de la capitale. Il rate son baccalauréat et se met à travailler. Dans les premiers temps, Émile Zola est commis, c’est-à-dire coursier, pour la librairie Hachette. La librairie se met à développer un pôle publicité et propose à Zola un poste. C’est par le biais de son travail dans la publicité qu’Émile Zola grimpe les échelons et devient journaliste.

 

Moments-clés

– Description de l’assommoir. Zola s’attache à décrire la population issue des quartiers populaires de Paris. Dans son roman L’Assommoir Zola s’intéresse particulièrement au quartier de la Goutte d’Or, où il a vécu. Il place sa narration autour d’un personnage principal du nom de Gervaise Macquart. Cette dernière, paysanne venue s’installer à Paris, partage sa vie avec Coupeau. Elle est blanchisseuse et son mari couvreur charpentier. Tout deux sont menacés par ce qu’on appelle l’assommoir. L’assommoir est le nom donné à l’alcool, qui « assomme » le consommateur. L’alcool est perçu comme une échappatoire. Zola introduit l’assommoir au début du roman. Gervaise le découvre dans un « troquet » ce qui signifie un café, un bar. L’assommoir se présente sous la forme d’un réservoir de boisson alcoolisée. Elle est terrifiée et fascinée par cette vision, l’assommoir étant à la fois une menace et une promesse de plaisir immédiat.

– La chute de Coupeau. Au travail, Coupeau tombe d’un toit et reste par la suite boiteux. Cela l’empêche de reprendre le travail. Pour se consoler, Coupeau se met à boire. Il devient alcoolique et est interné plusieurs fois à Sainte-Anne, hôpital psychiatrique parisien, appelé à l’époque de Zola « une maison de fous ».

– La mort de Coupeau. Coupeau décède lors d’un de ses séjours à Sainte Anne.

– La mort de Gervaise. Après la chute de Coupeau, Gervaise décide d’ouvrir une blanchisserie pour subvenir aux besoins financiers du foyer. Son établissement prospère, avant de déchoir en raison des nombreuses dettes qui furent accumulées par Coupeau et Auguste Lantier (ancien amant de Gervaise). Gervaise sombre à son tour dans l’alcoolisme. Sa mort est plutôt sordide puisqu’on la retrouve morte sous l’escalier de son immeuble. Personne n’avait remarqué sa disparition et la découverte du corps est due à l’odeur qui s’en dégage. Cet épisode est la fin du roman. Zola dépeint un climat très difficile que l’on peut qualifier de violent. On a reproché à Zola ce climat jugé exagéré.

 

Thématiques importantes

– Déterminisme social. On peut définir le déterminisme social comme étant le phénomène selon lequel les gens sont conditionnés par le milieu dont ils sont issus. Ce déterminisme s’applique au niveau des comportements et des choix réalisés au cours de la vie. Dans L’Assommoir de Zola, Gervaise est conditionnée en raison du milieu populaire où elle a grandi et en raison de son lieu de vie situé dans les quartiers populaires de Paris. C’est en raison de son milieu social que Gervaise tombe dans l’alcoolisme.

– Morale. On peut se demander après la lecture : qui est fautif ? Est-ce la faute de Gervaise ? Est-ce la faute du milieu dont elle est issue ? Ces questions ont suscité un désaccord chez les lecteurs de l’époque de Zola. Certains ont rejeté ce roman jugé trop noir, sordide et vulgaire.

 

Citation

« Ce serait faire preuve de courage que de dire la vérité »

Émile Zola désire montrer la réalité sans la masquer ou l’enjoliver.

 

Bonus

Deux portraits de femmes pouvant évoquer le personnage de Gervaise.

 

Edgar Degas – La repasseuse

 

Edgar Degas – Absinthe

Les Liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1782

 

Genre

C’est un roman qui présente une histoire fictive par lettres, qui relève du genre épistolaire.

 

Mouvement

Ce texte appartient au mouvement du libertinage de moeurs. C’est une conception de l’existence qui incline à aller chercher le plaisir immédiat et à long terme et donc à tout faire pour profiter le plus possible de la vie. Cette conception se développe au XVIIIe siècle et avait déjà connu des prémices au siècle précédent. On l’oppose souvent au libertinage érudit, car le libertinage de moeurs porte sur la manière de se comporter, avec une grande liberté, et parfois même une indifférence pour les règles et les lois alors que le libertinage érudit porte sur les idées et notamment sur l’athéisme, le fait de d’adhérer ou pas à une religion, et le plus souvent de critiquer la religion en place.

 

Auteur

Choderlos de Laclos (nom de famille), Pierre de son prénom est un officier. Il s’est rapidement ennuyé dans sa carrière militaire et a mis à profit des périodes de congés pour écrire Les Liaisons dangereuses. Si le roman est plutôt sulfureux, la vie de Choderlos de Laclos est plutôt sage. Il s’est marié, a eu trois enfants et une vie sans vague, sans être un séducteur comme ceux que l’on rencontre dans son ouvrage.

 

Moments clés

– La pari entre Mme de Merteuil et Valmont. Ce sont les deux personnages principaux de l’oeuvre qui sont dès le début du roman dans une relation de compétition et de séduction. L’un comme l’autre ont des problème dans leurs relations aux autres, ils souhaitent les régler par la vengeance et s’utilisent pour assouvir leur vengeance. Quel est ce pari ? Valmont souhaite séduire Mme de Tourvel, femme très vertueuse, fidèle à son mari et donc difficile à séduire. Mme de Merteuil, veuve, rencontre un autre problème : elle est en relation avec un homme dont elle apprend qu’il va se marier avec la fille de sa meilleure amie (Cécile de Volanges). Elle est ainsi vexée que cet homme la délaisse au profit d’une jeune fille et veut se venger de cet homme. Valmont et Merteuil scellent un pacte : elle lui demande de séduire la jeune fille promise à son amant. Valmont accepte à la condition que Merteuil accepte d’avoir une relation avec lui.

– Lettre de Cécile de Volanges à Danceny. Danceny est son maître de musique dont elle est amoureuse. Cécile est promise au mariage à l’amant de Mme de Merteuil et est visée par la séduction de Valmont. Cette lettre est importante car Cécile l’écrit après avoir perdu sa virginité avec Valmont. Celui-ci dicte à Cécile la lettre qu’elle va envoyer à celui qu’elle aime, ce qui se présente comme un dispositif assez pervers qui constitue un des points de scandale de l’ouvrage.

– Duel entre Danceny et Valmont. Danceny va apprendre toute la vérité et en être scandalisé. Il reproche à Mme de Merteuil ce pari et va affronter en duel Valmont et le tuer.

 

Thématiques

– Amour et morale dans leur confrontation : Mertueil, veuve, toujours déçue en amour. Valmont, courant de femme en femme qui cherche la femme idéale. Cécile de Volanges, naïve, qui vient de découvrir la vie amoureuse. Danceny qui aime Cécile mais qui ne peut pas être avec elle. Tous les personnages ont un rapport contrarié à l’amour et y accorde beaucoup d’importance. Ils en viennent à avoir des comportements immoraux et à se poser des questions sur ce qui est moral ou pas.

– Rapports hommes / femmes : Choderlos de Laclos était intéressé par ce thème, il a même rédigé un traité sur l’éducation des femmes quelques années plus tard.

 

Citation

« Je suis née pour venger mon sexe » : Mme de Merteuil met en avant cette idée car elle ne veut pas se laisser dominer par les hommes, notamment au moment où elle ne veut pas être délaissée par son amant.

 

Bonus

Les Liaisons dangereuses, adaptation cinématographique de Stephen Frears (1988).

Valmont, adaptation cinématographique de Miloš Forman (1989).

Dans les deux cas, ce sont des adaptations en costumes, contextualisées, conformes à l’époque. Il en existe d’autres qui transposent le roman à un contexte contemporain (Roger Vadim).

Les Liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos - Oral

Questions pour l’oral

 

A quel mouvement littéraire se rattache ce texte ?

Il s’agit de celui de libertinage de moeurs, attitude dans la vie qui met à l’écart les normes morales imposées par la société et chaque individu se crée sa morale, notamment dans les rapports hommes/femmes, et ici dans les rapports amoureux. Cela implique souvent un certain vagabondage amoureux, une certaine attitude de séduction et plus précisément une notion de divertissement. On cherche le divertissement pour échapper à l’ennui. Cela a été théorisé par Pascal qui a beaucoup fréquenté de libertins dans sa jeunesse.

 

Quel est le genre littéraire de ce texte ?

Il s’agit du roman mais plus particulièrement du roman épistolaire. C’est un roman par lettres, qui n’est pas assumé par un narrateur mais comme un collection de lettres qui serait parvenues à un lecteur clandestin.

 

Le personnage de Mme de Mertueil est-il bon ou mauvais ?

C’est une question à traiter avec précaution car il y a un jugement moral qui peut être développé avec notre point de vue à nous, ou avec le point de vue interne à l’histoire. Il faut distinguer les deux points de vue. Au niveau de la diégèse (de l’histoire), Merteuil est à la fois bonne et mauvaise. Bonne, car elle se présente comme une victime des hommes et de la société comme le montre la citation « Je suis née pour venger mon sexe ». Elle a une dette dont elle veut être remboursée : elle a été mal aimée, mal mariée, etc. Elle a besoin de récupérer l’honneur perdu et d’être aimée comme elle le souhaiterait. Mais elle est aussi mauvaise car elle manipule les autres pour parvenir à ses fins : elle dit à Valmont de séduire Cécile pour se venger de son amant à elle, qui l’a trahie. Elle met donc de côté les sentiments et les intérêts des autres pour faire primer les siens. Ensuite, il est possible de développer son opinion personnelle en se demandant : qu’est-ce que je pense de ce personnage et comment je pourrais argumenter mon avis ?

 

Le personnage de Valmont vous semble être un héros ou un anti-héros ?

Un héros est quelqu’un qui fait de grandes choses. Valmont peut être amené à faire de grandes choses dans le sens où il va, par exemple, se battre en duel en perdant et en mourant par amour pour quelqu’un.  En cela, il y a de l’honneur, de la dignité comme avec Rodrigue dans Le Cid. D’un autre côté, ce duel, ce n’est pas lui qui le choisit : on le provoque car il a fait perdre sa virginité à Cécile de Volanges. Il perd non pas après s’être battu vaillamment mais car il arrive ivre au duel. Il se fait donc tuer un peu volontairement, on pourrait dire que c’est un suicide déguisé.

A la différence de la question précédente, on ne demande pas votre propre opinion car les notions de héros et de anti-héros sont des notions littéraires caractérisées et qui ne prêtent pas à des discussions personnelles.

Bel-Ami, Maupassant - Oral

Questions sur l’ensemble de l’œuvre

 

À qui vous fait penser le personnage principal ?

Le personnage principal est Georges Duroy. Son surnom est Bel-Ami. L’expression Bel-Ami fait référence aux chansons de troubadours du Moyen Âge : ami désigne l’amant, dans l’amour courtois et bel en vieux français signifie cher, pour insister sur le caractère tendre, affectueux. Bel-Ami est un surnom donné affectueusement à un homme entretenant une relation avec une femme mariée. Cette expression correspond au personnage de Georges Duroy qui entretient des relations amoureuses avec des femmes mariées et que ces femmes chérissent. La question fait appel aux connaissances littéraires. La réponse attendue est de comparer Georges Duroy à un personnage de littérature ayant les mêmes caractéristiques. Georges Duroy est ambitieux. Au début du roman, il est en bas de l’échelle sociale. Grâce aux femmes qu’il fréquente, tout au long du roman, il gravit les échelons. Il n’y a pas d’équivalent, dans la littérature, d’un personnage se servant des femmes pour se hisser socialement. Il faut donc se concentrer sur l’aspect ambitieux du personnage comme par exemple Eugène de Rastignac, étant le type de l’ambitieux, dans le roman Le Père Goriot de Balzac. Comme Eugène de Rastignac, Georges Duroy est un personnage ambitieux, arrivé de la province qui, en s’installant à Paris, gravit les échelons de manière peu traditionnelle. 

 

Que dit ce roman sur les rapports entre hommes et femmes ?

Cette question est d’autant plus intéressante qu’elle fait écho à l’actualité au sujet des rapports entre hommes et femmes dans la société. Dans Bel-Ami, Maupassant s’intéresse à ces rapports et les traite de manière assez peu conventionnelle pour un roman du XIXe siècle. D’ordinaire, les rapports entre hommes et femmes sont marqués par la domination masculine. Cette domination masculine est établie au XXe siècle, par le sociologue Pierre Bourdieu. Dans sa théorie, Pierre Bourdieu explique que l’homme domine et que la femme est inférieure, sur le plan juridique, financier et professionnel. Dans Bel-Ami, au contraire, la femme est influente. Georges Duroy se hisse socialement grâce aux femmes qu’il côtoie. La première femme qu’il fréquente, Madeleine Forestier, l’aide dans la rédaction d’un article pour le journal La vie française. C’est grâce à l’intelligence de Madeleine que Georges Duroy parvient à produire son article. Cet épisode renverse les codes établis puisque Madeleine devient alors supérieure. En même temps, elle n’obtient pas de reconnaissance pour son travail. Maupassant montre donc l’ambivalence de ces rapports entre hommes et femmes. Cette vision est peu conventionnelle car dans le cas de Bel-Ami, c’est l’homme qui utilise les femmes pour parvenir à ses fins. Or dans la littérature du XVIIIe et du XIXe siècles, les femmes ont souvent le rôle de courtisanes et elles utilisent les hommes pour parvenir à leurs fins. Un roman contemporain, Nana de Zola, sorti cinq ans auparavant, décrit une demie-mondaine du nom de Nana qui utilise les hommes pour gravir l’échelle sociale. Au XVIIIe siècle, le roman Manon Lescaut de l’Abbé Prévost, retrace un parcours similaire.

 

Le personnage de Georges Duroy est-il présenté positivement ?

La réponse attendue doit souligner le rapport de l’auteur vis-à-vis de son personnage, d’où la formulation de la question qui emploie le verbe « présenter ». La question induit le lecteur à se demander si Maupassant présente Georges Duroy comme un personnage pouvant susciter de l’admiration ou, au contraire, provoquer une détestation. La réponse attendue tend plutôt à montrer que Georges Duroy est digne de détestation, en raison de son opportunisme et de sa lâcheté. Georges Duroy est à la fois spectateur de son siècle et acteur en gravissant l’échelle sociale. Maupassant cherche à distinguer, chez son personnage, la réussite de son ascension sociale et les moyens, plus que discutables, qu’il utilise pour y parvenir. Georges Duroy peut ainsi être comparé au personnage de Frédéric Moreau, personnage principal de L’Education sentimentale du roman de Flaubert. Ces deux personnages principaux sont issus du même milieu et tendent à gravir l’échelle sociale mais ils se distinguent sur le plan sentimental puisque Frédéric Moreau est éperdument amoureux d’une femme tandis que Georges Duroy ne ressent pas de sentiments pour les femmes qu’il fréquente. Cette comparaison est pertinente en raison des points communs des deux protagonistes et en raison des liens d’amitié qui unissent ces deux auteurs.

La Ferme des animaux, Orwell - Oral

Questions pour l’oral

 

À quel genre littéraire se rattache ce texte ?

Le genre littéraire de ce texte diffère dans la littérature anglaise et française ; il n’est pas considéré de la même façon. Il s’agit d’un roman. Ce roman pourrait être perçu également comme une nouvelle, la différence entre les deux genres étant très fine, mais compte tenu de la taille de l’ouvrage et de son intrigue, il est préférable de considérer ce livre comme un roman. Il s’agit d’un certain type de roman. Orwell utilise des animaux anthropomorphiques, c’est-à-dire des animaux humanisés, afin de représenter une situation réelle dans un cadre fictif et pouvoir librement critiquer la situation réelle. Le lecteur tire un enseignement moral de ce roman. Il s’agit donc d’une parabole. Le terme de parabole est un terme argumentaire, souvent associé à la Bible mais pouvant être employé dans d’autres circonstances. Le terme le plus précis pour définir ce type de roman est l’apologue, équivalent de la fable. Un apologue est une courte histoire ayant à l’issue une morale. La Ferme des animaux est un apologue puisqu’il raconte l’organisation politique au sein d’une ferme, entre animaux, servant à raconter l’organisation politique entre les hommes.

 

À quelle autre œuvre vous font penser ces personnages d’animaux ?

Ces animaux sont anthropomorphes, ce qui signifie humanisés. Ce type de personnages rappelle les Fables de La Fontaine. La Fontaine n’est pas le seul auteur français à utiliser des animaux raisonnant et agissant comme des humains, ni le premier puisqu’il s’inspire des fables antiques d’Ésope et de Phèdre, mais il est, sans aucun doute, le plus représentatif de ce genre de procédé d’écriture. La fable est un apologue et La Fontaine explique son procédé dans sa fable Le pouvoir des fables.

 

Dans quel contexte historique a été rédigée cette œuvre ?

Ce roman est publié durant la Seconde Guerre mondiale, en 1945. Dans l’œuvre littéraire, la Seconde Guerre mondiale intervient peu, mis à part un chapitre consacré à la guerre. Ce roman critique l’URSS, c’est-à-dire l’Union soviétique, jeune régime politique allié durant la Seconde Guerre mondiale. Cette critique envers un peuple allié a été très mal reçue par les lecteurs. L’apport de connaissances historiques personnelles peut être ajouté à cette réponse.

L'Assommoir, Zola - Oral

Questions pour l’oral

 

À quel mouvement littéraire se rattache ce texte ?

Zola a créé son propre mouvement littéraire. Ce mouvement est le naturalisme. C’est un dérivé du réalisme. Le réalisme et le naturalisme ont pour point commun de représenter la réalité. La différence entre ces deux mouvements réside dans l’approche. Le naturalisme a une démarche scientifique. Le terme naturalisme provient de l’appellation « science naturelle ». La démarche de Zola est d’aller enquêter sur le terrain, afin de recueillir des informations, pour pouvoir décrire, le plus fidèlement possible, les milieux qu’il dépeint. Dans le cas de L’Assommoir, qui se déroule dans les milieux populaires du XVIIIe arrondissement de Paris, Zola s’y est rendu. Il connaissait déjà ce quartier pour y avoir vécu durant sa jeunesse. Il se rend dans les bistrots, les blanchisseries et va à la rencontre des couvreurs afin de comprendre les modes de vie. Ces lieux sont dépeints dans L’Assommoir.

 

Le personnage de Gervaise suscite-t-il votre admiration ou votre pitié ?

Le personnage principal de L’Assommoir est Gervaise. La question posée permet de définir le statut d’héroïne de Gervaise, et d’émettre un avis personnel à l’aide d’arguments. Dans le roman, une héroïne suscite l’admiration tandis qu’un personnage pathétique suscite de la pitié. Gervaise correspond aux deux critères. Gervaise peut susciter l’admiration en raison du passage où elle se bat contre la fatalité et les obstacles. Gervaise lutte contre l’adversité lorsque son compagnon Coupeau, couvreur, tombe d’un toit durant son travail et reste infirme, en ouvrant sa propre blanchisserie. En ouvrant son commerce, Gervaise progresse financièrement et socialement. Cette ascension peut susciter chez le lecteur de l’admiration. Gervaise peut également susciter de la pitié car, à la suite de cette réussite survient une période de déchéance durant laquelle Gervaise sombre dans l’alcoolisme. C’est à ce moment que son ancien amant et père de deux de ses enfants, Auguste Lantier, la séduit de nouveau. Cédant à la pression des deux hommes, son mari Coupeau et son amant, Gervaise règle les dettes et s’endette elle-même. Gervaise sombre alors dans l’alcoolisme à son tour. Cette descente de Gervaise peut susciter la pitié du lecteur. Cette évolution entraîne un changement dans la perception de Gervaise par le lecteur, qui passe du statut d’héroïne à celui de victime responsable de ses échecs. La réponse apportée devrait être nuancée en raison de l’évolution de l’histoire dans le roman, mais il est possible de pencher pour un avis plus que l’autre à l’aide d’arguments construits.

 

Quel est le thème principal de cette œuvre et comment est-il traité ?

L’Assommoir traite plusieurs thèmes, tels que la société, la relation entre les Hommes, et la classe ouvrière du XVIIIe siècle. Le thème de la société sert à montrer que la société est soumise au déterminisme. Le déterminisme est le fait que les relations entre les Hommes et leur progression sociale sont déterminés par le milieu dans lequel ils évoluent. Zola défend ce déterminisme, selon lequel il n’y a pas de hasards et que les choix dépendent du milieu social. Les choix seront différents selon le milieu social ainsi que les comportement adoptés. Dans L’Assommoir, l’alcoolisme de Gervaise est une conséquence du milieu social dont elle est issue, milieu populaire et ouvrier. La réponse apportée doit se rattacher au mouvement littéraire du roman, ainsi qu’au titre du roman L’Assommoir. L’Assommoir désigne l’alambic, c’est-à-dire l’appareil qui sert à la distillation d’alcool.

L'Étranger, Camus - Écrit

Résumé pour l’écrit

 

Date de publication

1942, durant la Seconde Guerre mondiale.

 

Genre

Cette œuvre s’inscrit dans le genre du roman.

 

Mouvement

Cette œuvre s’inscrit dans le mouvement littéraire de l’absurde. Albert Camus a inventé une notion qu’il appelle philosophie de l’absurde. Pour Albert Camus notre vie et nos actions ne répondent à aucune logique. Puisque nos actions et nos vies ne répondent à aucune logique, il est inutile d’en chercher un sens. Pourtant l’Homme ne cesse de rechercher ce sens. Le fait de chercher perpétuellement un sens à nos vies rend l’Homme absurde.

 

Énonciation 

L’Étranger met en scène un narrateur interne, c’est-à-dire un narrateur qui est aussi un personnage. Le narrateur, personnage principal, s’appelle Meursault. Il vit en Algérie française. Meursault s’exprime à la première personne du singulier. Le point de vue est interne. Cela permet de transmettre au lecteur ses pensées et ses émotions. Dans le cas de Meursault cela permet de se rendre compte qu’il est indifférent à tout ce qui se passe.

 

Moments-clés

Première partie

– L’incipit : le premier paragraphe du roman. Cet incipit annonce la mort de la mère de Meursault. Ce paragraphe est également la première rencontre entre le lecteur et le personnage principal.

– La rencontre avec Marie, personnage féminin du roman. Meursault rencontre Marie le lendemain de la mort de sa mère. Cette rencontre lui est reprochée lors du procès car compte-tenu des circonstances, Meursault ne devrait pas être en mesure de rencontrer une femme. Marie demande en mariage Meursault qui accepte. Cette demande en mariage est absurde puisque le narrateur ne semble pas amoureux de cette femme, ce qui ne l’empêche pas d’accepter la demande, sans raison.

– Le meurtre. Marie et Meursault sont poursuivis par une bande de malfrats qui leur veut du mal, à cause du personnage de Raymond. Une bagarre éclate et à la suite de cette bagarre, alors que les esprits se sont calmés, Meursault prend une arme et tire sur l’un des hommes à plusieurs reprises. Cet acte de sang froid est absurde. En raison du point de vue interne, le lecteur a accès aux sentiments de Meursault qui ne pense qu’au soleil éblouissant. Il n’exprime aucune émotion quant à son acte. Ses seules pensées sont des descriptions cliniques, factuelles.

 

Deuxième partie

– Le meurtre conduit le personnage principal en prison. L’emprisonnement montre le détachement du personnage vis-à-vis de ce qu’il vit. Il est indifférent à la privation de liberté ainsi que de ne plus voir Marie. Le seul élément qui importe au narrateur est sa possession matérielle. Il liste les objets qu’il possède dans son appartement.

– Le procès. Ce passage sert à expliciter la théorie de l’absurde de Camus puisque le narrateur personnage, étranger à toute logique, va découvrir la logique par le biais de la justice. Les acteurs de la justice, l’avocat et le procureur, cherchent à comprendre le geste et l’attitude du personnage. Le roman repose sur la tension entre l’électron libre que représente Meursault et la société qui est fondée sur la logique. Cette société ne peut faire abstraction de la logique et la seule solution face à l’absence de logique est de l’écarter de la société. C’est pourquoi Meursault est condamné à mort, et par cette condamnation, écarté de la société.

L'Étranger, Camus - Oral

I. Question sur l’ensemble de l’œuvre

 

Comment, dans son roman L’Étranger, Albert Camus défend-il sa philosophie de l’absurde ?

La réponse doit être introduite par la définition de la philosophie de l’absurde. La philosophie de l’absurde, inventée par Albert Camus, est une théorie selon laquelle la vie ne répond à aucune logique. Cet absence de sens n’empêche pas les Hommes de chercher un sens à leur vie, ce qui est absurde. Selon Albert Camus, il faut accepter que notre vie ne répond à aucune logique. Pour comprendre comment le roman répond à cette philosophie, il faut centrer sa réponse sur l’étranger. Le personnage de l’étranger incarne cette philosophie de l’absurde puisqu’il est dépourvu de sentiments. La mort de la mère de l’étranger montre le recul et l’absence de sentiment de ce dernier. Par exemple, dans l’incipit, lorsqu’il apprend, par télégramme, la mort de sa mère, il ne ressent rien. La scène de la veillée funèbre, reflète le détachement de l’étranger, où au lieu de se recueillir, il boit des cafés en fumant des cigarettes. La scène de l’enterrement est frappante également puisqu’il ne ressent rien et se contente d’étudier les invités. Pour faire ressortir l’absence de sentiments qu’éprouve l’étranger, Camus n’écrit que des descriptions cliniques pour remplacer toute forme d’émotions.

D’autre part, l’étranger échappe à toute logique. Il épouse Marie alors qu’il ne ressent pas de sentiments pour elle. Son geste meurtrier n’est pas plus explicable. On ne sait pas pourquoi l’étranger tire quatre coups de feu dans le corps de l’homme mort.

Enfin cet étranger, qui incarne la philosophie de l’absurde, va s’opposer à la société lors de la scène du procès. La société est incarnée par la justice qui cherche à comprendre le geste de l’étranger et impose son explication du geste, au détriment de la réalité. Le procès qui jugeait initialement l’étranger pour son meurtre se transforme en véritable procès contre sa personne. Le procureur et l’avocat font remonter les faits à la cérémonie funèbre de la mère de l’étranger, durant laquelle il n’a pas manifesté de tristesse et lui reproche son manque de sentiments. L’étranger est ainsi condamné pour son crime et parce qu’il ne correspond pas aux codes de la société. Face à la société l’individu seul ne peut faire face. Le procès est un combat idéologique dont le centre est la philosophie de l’absurde. 

 

I. Question sur l’incipit

 

En quoi cet incipit présente-t-il un personnage à rebours des constructions sociales ?

L’énonciation est centrale dans ce roman. Le narrateur est interne, c’est-à-dire que le point de vue est interne. Ce point de vue sert en littérature à avoir accès aux émotions du personnage mais dans le cas de L’Étranger ce point de vue interne est un moyen de montrer l’absence d’émotions du personnage. Par exemple la mort de sa mère n’émeut pas le narrateur ce qui est choquant. Socialement, le lien entre la mère et son enfant est une notion essentielle et logique. Cette absence de tristesse et plus généralement de sentiments le fait immédiatement passer pour un monstre. Dans L’Étranger de Camus, l’énonciation est liée à l’absence de sentiments. Le titre du roman fait sens au moment du procès : l’étranger est étranger à ce qui l’entoure, et ce qui l’entoure correspond autant à ses sentiments que la société. Le verdict du procès condamne non pas un meurtrier mais un étranger dont la vie échappe à toute logique et qui incarne, par là même, la philosophie de l’absurde de Camus.