Cours Stage - Genres et registres

Exercice - Genres et registres littéraires

L'énoncé

Texte 1

Les sanglots longs

Des violons

De l’automne

Blessent mon cœur

D’une langueur

Monotone.

Tout suffocant

Et blême, quand

Sonne l'heure,

Je me souviens

Des jours anciens

Et je pleure (…)

 

Texte 2

Et, tournant à gauche, ils pénétrèrent dans une espèce de jardin couvert, que deux grandes fontaines de mauvais goût rafraîchissaient. Sous des ifs et des thuyas en caisse, des hommes et des femmes buvaient sur des tables de zinc.
"Encore un bock ? demanda Forestier.
Oui, volontiers."
Ils s'assirent en regardant passer le public.
De temps en temps, une rôdeuse s'arrêtait, puis demandait avec un sourire banal : "M'offrez-vous quelque chose, monsieur ?" Et comme Forestier répondait : "Un verre d'eau à la fontaine", elle s'éloignait en murmurant : "Va donc, mufle !" (…)

 

Texte 3

Le 18 mars 1916
Ma chérie,
Je t’écris pour te dire que je ne reviendrai pas de la guerre. S’il te plaît, ne pleure pas, sois forte. Le dernier assaut m’a coûté mon pied gauche et ma blessure s’est infectée. Les médecins disent qu’il ne me reste que quelques jours à vivre. Quand cette lettre te parviendra, je serai peut-être déjà mort. Je vais te raconter comment j’ai été blessé.

Il y a trois jours, nos généraux nous ont ordonné d'attaquer. Ce fut une boucherie absolument inutile. Au début, nous étions vingt mille. Après avoir passé les barbelés, nous n'étions plus que quinze mille environ. C'est à ce moment-là que je fus touché. Un obus tomba pas très loin de moi et un morceau m'arracha le pied gauche. (…)

Je t'aime, j'espère qu'on se reverra dans un autre monde, je te remercie pour tous les merveilleux moments que tu m'as fait passer, je t'aimerai toujours.

Adieu
Soldat Charles Guinant

 

Texte 4

TOINETTE, en médecin - Monsieur, je vous demande pardon de tout mon cœur.

ARGAN - Cela est admirable !

TOINETTE - Vous ne trouverez pas mauvaise, s'il vous plaît, la curiosité que j'ai eue de voir un illustre malade comme vous êtes ; et votre réputation, qui s'étend partout, peut excuser la liberté que j'ai prise.

ARGAN - Monsieur, je suis votre serviteur.

TOINETTE - Je vois, Monsieur, que vous me regardez fixement. Quel âge croyez-vous bien que j'aie ?

ARGAN - Je crois que tout au plus vous pouvez avoir vingt-six, ou vingt-sept ans.

TOINETTE - Ah, ah, ah, ah, ah ! j'en ai quatre-vingt-dix.

ARGAN - Quatre-vingt-dix ?

TOINETTE - Oui. Vous voyez un effet des secrets de mon art, de me conserver ainsi frais et vigoureux.

ARGAN - Par ma foi ! voilà un beau jeune vieillard pour quatre-vingt-dix ans. (…)


Question 1

Identifier le genre littéraire de ces quatre textes.

Texte 1 - Genre poétique

Texte 2 - Genre romanesque

Texte 3 - Genre épistolaire (lettre)

Texte 4 - Genre théâtral

Question 2

Quel registre est utilisé dans le texte 1 ? Justifier.

Le texte 1 utilise le registre lyrique : en effet on ressent la tristesse du poète et les champs lexicaux du temps « Des jours anciens », de la nature « l’automne » et des sentiments « suffocant / Et blême » évoque un lyrisme simple et touchant.

Question 3

Pourquoi peut-on dire que le texte 3 relève du registre pathétique, voire du registre tragique ?

Le texte 3 relève du registre pathétique car le lecteur est ému à la lecture de la lettre grâce à l’utilisation du champ lexical des émotions : « Ma chérie », « ne pleure pas, sois forte », « je t’aime », « je t'aimerai toujours », « adieu », ainsi que celui de la douleur et de la mort : « blessure », « mort », « quelques jours à vivre », « blessé », « m'arracha le pied gauche », « boucherie ». Le lecteur ressent la souffrance du mourant ainsi que celle de la femme qui va lire la lettre, il y a donc un effet de compassion.

La lettre est presque tragique, car il émane un sentiment d’impuissance devant les événements de la guerre : le soldat sait qu’il va mourir : « Je t’écris pour te dire que je ne reviendrai pas de la guerre. », il fait donc face à la fatalité de son destin.