Cours Stage - La France défaite et occupée, régime de Vichy, collaboration, Résistance

Exercice - Discours du Maréchal Pétain et de de Gaulle

L'énoncé

Document 1 : Discours du Maréchal Pétain du 17 juin 1940

Français !

A l'appel de Monsieur le Président de la République, j'assume à partir d'aujourd'hui la direction du gouvernement de la France. Sûr de l'affection de notre admirable armée qui lutte, avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires, contre un ennemi supérieur en nombre et en armes. Sûr que par sa magnifique résistance, elle a rempli nos devoirs vis-à-vis de nos alliés. Sûr de l'appui des Anciens Combattants que j'ai eu la fierté de commander, sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.

En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés qui, dans un dénuement extrême, sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude. C’est le cœur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat. Je me suis adressé cette nuit à l'adversaire pour lui demander s'il est prêt à rechercher avec nous, entre soldats, après la lutte et dans l'Honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités. Que tous les Français se groupent autour du Gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n'écouter que leur foi dans le destin de la Patrie.

Source : http://hist-geo.ac-rouen.fr/doc/txt/discours_petain.htm


Question 1

Dresser une courte biographie du Maréchal Pétain avant le 17 juin 1940.

Philippe Pétain est né en 1856. Diplômé de l’Ecole de Guerre de Saint-Cyr, il participe à la Première Guerre mondiale. Il se distingue notamment par son sens de l’organisation à Verdun, qui lui vaut le titre de « vainqueur de Verdun ». Il est nommé Maréchal de France, la plus haute distinction de l’Armée Française, en 1918. Nommé ministre de la Guerre en 1934, il devient Président du Conseil le 16 juin 1940, suite à la démission de Paul Reynaud, favorable à la poursuite du combat.

Question 2

Relever et commenter la phrase centrale de ce discours.

« C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat. »

« Il faut cesser le combat » : c’est parce qu’il était favorable à la demande d’un armistice aux Allemands que le Maréchal Pétain arrive au pouvoir, il annonce donc ce choix dès le premier jour de sa Présidence du Conseil.

« C’est le cœur serré » : néanmoins, ce n’est pas de gaieté de cœur que Pétain se résout à l’armistice. Il est militaire, patriote : il aurait préféré continuer le combat. Néanmoins, il demande l’arrêt des combats pour éviter une catastrophe annoncée selon lui.

Question 3

Lister les principaux ressorts du discours du Maréchal Pétain.

Le patriotisme.

Les valeurs militaires : honneur, tradition, héroïsme.

L’unité : « se groupent autour du gouvernement ».

La solidarité : « je pense aux malheureux », « ma compassion et ma sollicitude ».

Question 4

Expliquer les raisons qui poussent Pétain à l’armistice.

La supériorité numérique et technique de l’ennemi, c’est-à-dire des Allemands et des Italiens.

L’échec de la résistance : c’est la débâcle, face à la Blitzkrieg allemande. La ligne Maginot est prise à revers, l’armée encerclée. La bataille n’a pas été évitée, mais elle se solde par un échec.

La référence aux Anciens combattants : Pétain a connu les horreurs de la Première Guerre mondiale, il veut éviter une nouvelle boucherie de ce type, et veut préserver armée et civils.

Les réfugiés : de nombreux Français sont contraints à l’exode face à l’avancée des troupes ennemies, Pétain veut mettre fin à leur supplice et leur permettre de regagner leur domicile.

Question 5

Grâce à vos connaissances, commenter : « Je fais don à la France de ma personne ».

Cette citation est une première marque de la monopolisation du pouvoir par Pétain.

En indiquant, faire de don de sa personne, c’est-à-dire cesser de vivre pour lui-même mais consacrer sa vie à la France, Pétain sous-entend que la France peut se reposer sur lui seul à partir de maintenant, car il s’y consacrera entièrement.

C’est donc les prémices du nouveau régime politique mis en place par Pétain après l’obtention des pleins-pouvoirs le 10 juillet 1940.

Question 6

Document 2 : Discours du Général de Gaulle du 18 juin 1940

Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.

Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat.

Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites l’immense industrie des Etats-Unis.

Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.

Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la Radio de Londres.

Source : http://www.ecrireundiscours.com/discours-le-general-de-gaulle-18-juin-1940/

 

Expliciter le premier reproche fait par le Général de Gaulle dans les deux premières phrases.

La logique des deux premières phrases est : chefs de l’armée = gouvernement = responsables de la défaite.

Par cette logique, le Général de Gaulle sous-entend donc que le Maréchal Pétain et ses ministres sont les responsables de la défaite française, et qu’ils sont donc responsables de l’armistice. Le problème ne réside pas dans l’armée, mais dans ses dirigeants.

Question 7

Résumer le principal argument de de Gaulle répondant au Maréchal Pétain.

Pour Pétain, il y a deux causes à la défaite : l’infériorité numérique et l’infériorité technologique.

Pour de Gaulle, pas question de supériorité numérique. Ce qui compte, c’est la technologie et la tactique. La défaite n’est pas tant due à des problèmes quantitatifs qu’à des problèmes d’organisation. La puissance allemande peut donc être combattue par une réorganisation des forces armées et un renforcement de l’alliance avec les Britanniques et les Américains, le tout piloté depuis l’Empire colonial français.

Question 8

Commenter : « Cette guerre est une guerre mondiale. »

Alors que Pétain, dans son discours du 17 juin, ne parle que de la France et de la situation française, de Gaulle lui ne voit la défaite de la France que comme une bataille d’un conflit plus général, une guerre mondiale. Autrement dit, sans nier la situation de la France, ni la souffrance de la population qui subit la Débâcle, il croit à une future victoire d’une coalition dans laquelle la France doit prendre part.

Question 9

Conclure en résumant en une phrase chacun, les priorités des deux hommes.

Pour Pétain, la priorité est d’éviter de plus grande souffrance : pour cela, il faut cesser le combat et essayer de trouver un terrain d’entente avec l’ennemi pour limiter les conséquences du conflit.

Pour de Gaulle, la souffrance ne justifie par l’arrêt du combat : c’est une souffrance nécessaire pour se libérer définitivement du joug ennemi. La guerre doit continuer, la France ne doit pas se soumettre, mais au contraire continuer le combat depuis ses colonies.