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L’EUROPE ENTRE RESTAURATION ET RÉVOLUTION

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Expérience de la monarchie constitutionnelle en France

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En 1814 prend fin l’Empire napoléonien. Napoléon a été vaincu et la France est sous surveillance européenne. Il faut terminer la Révolution française commencée depuis 1789. Les contemporains ont le sentiment qu’elle n’est peut-être pas arrivée à son terme, notamment en matière de justice sociale.

La solution qui apparaît est la monarchie constitutionnelle. À la différence de la monarchie absolue, c’est un régime de compromis avec une souveraineté nationale. C’est un compromis entre le pouvoir du roi et de la nation. Il s’agit de s’interroger sur l’échec de cette monarchie puisqu’elle est renversée en 1848.

 

I. La Restauration

 

Elle dure de 1814 à 1830 et correspond au régime de deux rois issus de la dynastie des Bourbons.

 

A. La Charte, un compromis

La monarchie constitutionnelle repose sur une Charte : un texte à valeur constitutionnelle octroyé par le roi Louis XVIII qui règle les rapports entre le roi et la nation. C’est n’est plus une monarchie absolutiste. Il veut cependant « renouer la chaîne des temps » et effacer la rupture révolutionnaire qui le sépare de son frère Louis XVI. Il prend le numéro « XVIII » pour montrer la continuité dynastique.

Le régime accorde donc beaucoup d’importance au pouvoir du roi. Néanmoins la souveraineté nationale est respectée et les acquis de la Révolution sont maintenus (égalité civile devant la loi, acquisition des biens nationaux, code civil napoléonien).

La Charte met en place un suffrage censitaire qui n’autorise que les plus riches à voter (seuls 10 000 électeurs votent). Ainsi, plus qu’une vraie monarchie constitutionnelle on a plutôt une monarchie limitée.

 

B. Une impossible réconciliation

Une réconciliation est souhaitée par les politiques. La Révolution française a débouché sur des guerres civiles entre partisans de la république et ses adversaires donc on souhaite pacifier les relations entre les Français.

Le premier obstacle à cette pacification est que les Bourbons voient leur légitimité contestée.

À l’époque de la révolution, ils sont « rentrés dans les fourgons de l’étranger » (ils ont été replacés à la tête de la France par les vainqueurs de Napoléon lors du congrès de Vienne). De plus, lorsque Napoléon tente de reprendre le pouvoir durant l’épisode des Cent-Jours (en 1815), Louis XVIII fuit la France.

Le successeur de Louis XVIII, Charles X, pose encore plus de problèmes lorsqu’il prend le pouvoir en 1824. Il s’agit d’un roi « ultra », proche de l’Église, à tel point qu’il se fait sacrer selon la tradition à Reims et choque les contemporains. Il adopte des mesures favorables pour les nobles ayant émigrés pendant la Révolution. Charles X fait craindre un retour de l’Ancien Régime.

 

C. L’offensive libérale

Contre ces velléités de retour en arrière, il y a une offensive libérale. Les libéraux, qui siègent à l’Assemblée, constituent d’abord une opposition. Ils souhaitent une monarchie plus assouplie et respectueuse des évolutions modernes de la France. Il y a aussi des républicains. Ils se rencontrent dans des sociétés secrètes telle que la Charbonnerie et mènent une alliance avec les libéraux pour mettre fin aux Bourbons.

Cela débouche sur les Trois Glorieuses : trois journées révolutionnaires du 27 au 29 juillet. Eugène Delacroix a immortalisé ces événements dans son célèbre tableau (ci-dessous) : La Liberté guidant le peuple (1830).

 

Au terme de ces journées, le roi Charles X est contraint à l’exil. Doit-on continuer dans la monarchie ou instaurer la république ?

 

II. La monarchie de Juillet

 

Les libéraux prennent le dessus sur les républicains. Ils continuent de penser que la monarchie constitutionnelle est le meilleur des régimes.

 

A. « Le roi règne mais ne gouverne pas »

Louis-Philippe appartient à la dynastique des Orléans, une branche cousine des Bourbons qui a déjà régné temporairement dans le passé. L’hésitation entre monarchie absolue et constitutionnelle n’existe plus. La France ne connaîtra plus que des régimes libéraux : l’absolutisme de droit divin n’existe plus. Le suffrage censitaire permet à un nombre plus important de citoyens de voter. Ils sont tout de même une minorité mais le vote n’apparaît pas comme un droit à l’époque mais comme une capacité que seuls les plus éminents sont en droit d’exercer.

 

B. Un régime de père de famille

Ce régime à la fois libéral et autoritaire, peut être caractérisé comme un régime de père de famille. Les individus au pouvoir favorisent les intérêts économiques et le développement industriel de la France. Ces nouvelles aspirations concordent avec l’émergence d’une nouvelle aristocratie de « capacité ».

François Guizot (1787-1874), homme politique du XIXe siècle, annonce à ses pairs (la bourgeoisie) : « Enrichissez-vous par le travail et par l’épargne ». Cette phrase ne traduit pas un amour du profit mais, au contraire, un appel à l’enrichissement pour devenir électeur.

Ce régime politique est popularisé par les arts, tradition politique de la monarchie, qui met en avant la dynastie régnante.

 

C. L’inévitable république ?

Ce régime n’est pas satisfaisant et trois problèmes se conjuguent pour amener un nouvel événement révolutionnaire :

- Le suffrage censitaire ne tient plus : les citoyens aspirent à une représentativité plus large.

- Le problème des affaires extérieures : il y a des insurrections nationales en Italie, Pologne, Belgique, etc. Louis-Philippe n’intervient pas pour aider les insurgés et les républicains lui reprochent.

- La question sociale : le développement industriel crée des situations de misère qui posent problème.

En février 1848, l’interdiction d’une campagne de banquet (d’une liberté de se réunir) provoque la chute de Louis-Philippe. Avec cette chute, la monarchie s’éteint en France.

Cette période de monarchie constitutionnelle est une longue période de transition entre la révolution et la république. Les fondamentaux de la Révolution, notamment l’égalité civile, ont été maintenus.