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STAGE - L'EMPIRE NAPOLÉONIEN

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L'Empire napoléonien

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I. Le régime napoléonien

 

A. Napoléon Bonaparte

L’empire napoléonien, incarné par Napoléon Bonaparte, suit la période révolutionnaire. Napoléon est issu d’une petite noblesse corse, pas très riche. Il devient général très jeune et est considéré comme un général républicain. En 1795, il mène les troupes contre une insurrection royaliste menaçant le Directoire (régime républicain en vigueur de 1795 à 1799) et fait ainsi preuve de son républicanisme. Napoléon s’illustre plus particulièrement lors de la campagne d’Italie en 1796, en réalisant des conquêtes, et ce sans obéir aux pouvoirs parisiens mais en n’en faisant qu’à sa tête.

A cette époque, le régime en France est depuis la fin de la République jacobine, celui du Directoire. Il s’agit d’un régime faible, fortement endetté et qui doit ainsi imposer une pression fiscale forte sur les citoyens. De plus, celui-ci annule fréquemment les élections pour maintenir une majorité qui lui est favorable.

Il ne suffit donc de pas grand-chose pour mettre un terme à ce régime discrédité. Napoléon est convoqué et effectue son coup d’État du 18 Brumaire, en novembre 1799. Aidé par certains membres importants du Directoire qui sentent que ce régime agonise, Napoléon devient consul en 1799. En 1800, une nouvelle constitution est adoptée, la Constitution du Consulat qui transforme le jeune Napoléon Bonaparte en premier consul.

 

B. Un régime autoritaire

Le régime mis en place est un régime autoritaire. Dans un premier temps, il s’agit du Consulat. Dès 1802, Bonaparte obtient que le Consulat lui soit attribué à vie. La dernière étape est franchie en mai 1804, lorsque par plébiscite (une sorte de référendum), les Français acceptent l’instauration d’un empire dont Napoléon, devenant Napoléon Ier, en devient l’empereur. Il y a donc la restauration d’un système de type monarchique puisque le pouvoir devient de nouveau héréditaire : il est prévu que les descendants de Napoléon accèdent ensuite au titre d’empereur. De plus, il est créé une noblesse d’empire.

On a ainsi l’impression d’être revenu en arrière après quelques égarements républicains au cours des années 1790. L’Empire est une dictature, puisque les assemblées sont dépourvues de réel pouvoir, l’essentiel du pouvoir législatif est entre les mains de Napoléon. Il y a un suffrage universel masculin, mais celui-ci ne sert presque à rien puisqu’il permet simplement de désigner des notables sur des listes désignées par le pouvoir. La liberté d’expression, et notamment la liberté de la presse, est en grande partie restreinte.

Pourtant, ce régime est soutenu, en particulier par les notables, c’est-à-dire par les propriétaires, ceux qui ont bénéficié de la vente des biens nationaux pendant la Révolution et qui ont ainsi récupéré les biens du clergé. La propriété devient le fondement de la vie politique en France : à partir du moment où on est propriétaire, ce que l’on n’était pas forcément sous l’Ancien Régime, on devient alors attaché au maintien de cette propriété et donc à l’ordre politique.

Le régime napoléonien est aussi un régime de réconciliation : des amnisties sont décrétées contre les anciens royalistes et contre les anciens jacobins. Le Concordat de 1801, qui restera en place jusqu’à la loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905, apaise les rapports entre l’Église et l’État.

 

C. L’héritage révolutionnaire

Bien que dictatorial, ce régime maintient toutefois l’héritage révolutionnaire. En 1799, Napoléon déclare : « la Révolution est fixée aux principes qui l’ont commencée : elle est finie ». Autrement dit, le début du régime napoléonien part donc du principe que la Révolution est terminée, mais que ses fondements doivent être maintenus.

Élément très important, le Code civil napoléonien de mars 1804, qui est la loi à la portée de tous, reprend les principes d’égalité et de liberté. Celui-ci légifère sur tout un ensemble d’éléments qui comptent dans la vie quotidienne des gens, comme l’héritage, la transmission, le mariage, le statut des femmes, etc. Ce Code civil deviendra un repère dans la modernisation de la France.

Par ailleurs, le régime napoléonien est un régime modernisateur sur le plan administratif, ainsi qu’un régime centralisateur : l’un des points importants est l’institution des préfets, qui sont l’œil et la main de l’empereur dans les départements. C’est également un régime qui sur le plan économique crée la Banque de France ainsi qu’une monnaie solide, le franc germinal. C’est enfin le régime qui institue les lycées et qui modernise l’enseignement secondaire et supérieur. Toutefois, il faudra attendre les lois de la IIIe République avant que l’enseignement primaire soit véritablement pris en compte par le pouvoir.

 

II. L’Empire et l’Europe

 

A. Les instruments de la conquête

Le point central de la période napoléonienne est la conquête, qui est également la cause de la chute de l’Empire. On peut énumérer trois instruments au service de la conquête :

- La Grande Armée instituée par Napoléon, qui, au plus fort des conquêtes, compte jusqu’à 1,3 million de soldats. Celle-ci est basée sur un principe d’égalité : il existe un système de promotions internes au sein de l’Armée, et on peut ainsi devenir officier en persistant dans la carrière militaire. Le principe révolutionnaire de l’égalité des droits et de l’abolition des privilèges est donc incarné dans l’outil militaire, l’armée devant symboliser la Nation en armes.

- Le génie militaire de Napoléon, démontré dès la campagne d’Italie. Cependant Napoléon, qui est toujours un maître de guerre pendant l’Empire, ne partage pas les responsabilités en matière militaire et décide seul ce qui a pu poser des problèmes.

- La volonté de répandre les principes de la Révolution, une ambition déjà présente lors des guerres initiées par la République en avril 1792. Si, en principe, la France d’après la Révolution renonce à la conquête pour la conquête, à mesure que le reste de l’Europe apparaît comme ennemi de la Révolution, la guerre devient le moyen de réaliser une sorte de mission qui est celle de la diffusion des principes d’égalité, de liberté, de destruction des droits féodaux et d’imposition du Code civil à partir de Napoléon.

Avec Napoléon, la guerre change ainsi un peu de nature par rapport aux guerres des années 1790 et prend une dimension plus expansionniste, une forme impérialiste.

 

B. Formation du grand empire

Le grand empire se forme grâce aux victoires napoléoniennes à partir de 1802. Il suffit de regarder un plan de Paris et de voir l’ensemble des grades avenues qui partent de la place de l’Étoile, qui immortalisent ces grandes victoires napoléoniennes. La carte représente le grand empire formé par ces victoires.

 

 

On remarque que ce grand empire comprend la France, mais que celle-ci a été étendue par l’annexion de la Belgique, les Pays-Bas et de la rive gauche du Rhin. La France est alors formée de 130 départements. Autour de cette France étendue, on trouve des républiques sœurs, des formations territoriales comme la Confédération du Rhin dont les souverains prêtent des serments de fidélité à l’empire, fournissent des contingents, et constituent ainsi des alliés de la France napoléonienne.

Toutefois, il faut noter que l’influence de la France dans ces pays reste alors mitigée. Si la bourgeoisie de ces pays est assez favorable à ses idées de liberté, d’égalité, l’aristocratie y est hostile.

 

C. La chute

La chute de l’Empire est due cependant aux ambitions conquérantes de Napoléon. Celui-ci décide l’instauration du blocus continental en 1806 (interdiction pour tous les ports européens de laisser entrer des navires de commerce britanniques) visant à isoler l’Angleterre du reste de l’Europe afin de l’asphyxier économiquement. L’Angleterre continue alors d’instiguer la formation de coalitions, associations de plusieurs États qui successivement combattent l’empire. Le blocus continental mécontente de plus les partenaires de Napoléon puisque celui-ci les empêche de commercer normalement. D’anciens alliés se retournent alors contre la France napoléonienne, à l’instar de la Russie.

C’est la campagne de Russie de 1812 qui porte un coup fatal au Ier Empire. Celle-ci est un désastre militaire et conduit en 1814 aux grandes défaites de Napoléon, à la Bérézina, et donc à la fin de l’empire.

Enfin, il faut réfléchir à la mémoire qu’a laissé cet empire, aux légendes que celui-ci a instigué. Cette mémoire est ambivalente, entre une légende dorée, largement créée par Napoléon lui-même et qui lui donne le beau rôle, et une mémoire plus noire qui fait de Napoléon un véritable tyran.

 

Conclusion

 

Il faut retenir que cette période fût une véritable période de compromis, préservant les acquis de la Révolution mais à travers un régime toutefois très autoritaire, comme s’il n’y avait qu’un régime de type monarchique capable paradoxalement de solidifier les principes de la Révolution.