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LA POLITIQUE COLONIALE DE LA IIIE RÉPUBLIQUE

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Métropole et colonies

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Dans un empire colonial, le terme de « métropole » désigne le pays conquérant (en l’occurence, la France). Attention, ce terme n’a pas le même sens en géographie, où cette expression désigne une grande ville influente.

Le terme de colonie renvoie aux territoires outre-mer conquis par la métropole et dont la caractéristique principale est d’être non-libres. Ce ne sont pas des territoires autonomes ou indépendants. Ils sont dans la dépendance de la métropole, d’où l’expression d’« empire colonial ».

À la veille de la Première Guerre mondiale, l’Empire colonial français est le deuxième empire colonial du monde, après l’Empire britannique. Il s’agit d’un empire très étendu.

 

 

L’Empire français compte trois possessions au Maghreb : Algérie, Tunisie et Maroc. Il s’étend également sur une grande partie de l’Afrique subsaharienne, avec l’Afrique occidentale française (AOF) à l’ouest et l’Afrique équatoriale française (AEF) au centre. Il comprend aussi Madagascar et l’Indochine, dont la conquête s’est finalisée pendant le Second Empire et s’est terminée sous la Troisième République.

 

I. Pourquoi l’empire ?

 

A. Un enjeu économique

Posséder un empire colonial présente un intérêt économique. Il s’agit de territoires qui possèdent des richesses à exploiter et sont pourvoyeurs de ressources, comme par exemple des matières premières.

Ces territoires possèdent également des populations qui constituent la main d’œuvre qui exploite les ressources présentes.

À la fin du XIXe siècle, un autre argument économique est également souvent avancé par les figures politiques qui soutiennent la colonisation comme Jules Ferry. Ce dernier considère que les pays colonisés représentent autant de débouchés pour l’économie française. Posséder des colonies permet donc de vendre, d’exporter des richesses à un marché plus large. Les pays colonisés sont donc des clients, un peu captifs, auxquels la France vend ses excédents, et ce particulièrement dans les périodes de crise, comme pendant la grande dépression à la fin du XIXe siècle, ou pendant la crise des années 1930.

 

B. Le rayonnement

La colonisation est également une question de prestige. En effet, au XIXe siècle, l’importance des États se mesure beaucoup à la dimension de leurs colonies.

Ce facteur est générateur de rivalités entre les États, comme ce fût le cas lors du conflit entre les Britanniques et les Français à propos de la domination de l’Est africain. En effet, en 1898, à Fachoda, l’expédition Marchand (française) rencontre la mission Kitchener (britannique). Ce litige a failli dégénérer en conflit armé, mais une entente cordiale a finalement été signée pour séparer le domaine colonial britannique du domaine colonial français en Afrique.

Plus tard, l’Allemagne et l’Italie cherchent à rentrer dans la compétition coloniale, et c’est l’une des causes des tensions européennes avant la Première Guerre mondiale.

 

C. La « mission civilisatrice »

La « mission civilisatrice » est une expression qui a été très employée, à l’époque, pour justifier la colonisation. Cette notion permettait en effet de connecter le projet colonial à la République et à ses valeurs. Jules Ferry, en 1885, considérait que les « races supérieures » avaient le « devoir » de « civiliser » les « races inférieures ».

Ce qui est entendu à l’époque derrière l’expression de « mission civilisatrice » est une mission sanitaire, en apportant par exemple des vaccins dans les colonies, et d’éducation, par des tentatives (modestes) de scolarisation des populations locales. Les colons cherchent également à équiper les pays en infrastructures, par exemple des routes, pour acheminer les marchandises et les ressources jusqu’au littoral et les exporter en métropole.

Derrière ce projet se trouve l’idée d’assimiler les populations locales à la France. Ce projet est toutefois un échec.

 

II. Une administration directe

 

A. Le manque d’autonomie des populations locales

La France pratique à l’égard de ses colonies une administration directe, contrairement au système britannique, qui favorise davantage l’autonomie des populations qu’il domine.

Les colonies de la France, bien qu’ayant des statuts très différents, n’ont pas d’autonomie et n’accèdent pas à ce que les anglais appellent le self-government. Ces colonies sont aux ordres de la France et n’ont pas de représentation politique locale, c’est sans doute l’une des grandes faiblesses de la domination coloniale de la France.

 

B. Des inégalités en droit

Le Code de l’indigénat est généralisé en 1887. Il témoigne de l’injustice profonde qui consiste à considérer les colonisés comme des personnes au statut juridique différent des colonisateurs. Cette différence juridique constitue une inégalité en droit. Les colonisés n’accèdent pas au rang de citoyen et sont considérés comme des sujets de l’Empire colonial français. Cette façon de procéder est contradictoire avec la notion de « mission civilisatrice » qui prétend assimiler des populations. En effet, comment assimiler des populations qui sont considérées inférieures dans le droit ?

 

III. Quels effets de la présence coloniale ?

 

A. Sur les sociétés locales

Les populations locales ont été soumises à une domination extérieure et au travail forcé (qui diffère de l’esclavage). Les structures agricoles et traditionnelles locales ont été perturbées par la présence française, qui a notamment privilégié l’agriculture d’exportation.

Toutefois, il ne faut pas trop généraliser et considérer que toutes les populations ont été brimées par la présence française. Il s’est formé une bourgeoisie locale, comme par exemple à Saïgon, ville coloniale.

Cependant, le manque de droits et l’inégalité juridique radicalisent les oppositions à la colonisation, et ce particulièrement en Asie. Au début du XXe siècle, des groupements nationalistes se forment, militent pour l’indépendance et l’obtiennent après la Seconde Guerre mondiale.

 

B. La colonisation en débat

Dès la fin du XIXe siècle, la colonisation est mise en débat en France. Toute la France n’y était pas favorable, et on parlait même d’un « parti colonial ». Ce dernier était toutefois extrêmement informel, et possédaient des capacités de pression relativement faibles.

Pour convaincre la population du « bienfait » des colonies, une grande exposition coloniale est organisée à Paris en 1931 dans le but de familiariser la population française avec ses colonies (affiche ci-dessous). Cette exposition est organisée au moment où les mouvements nationalistes sont extrêmement puissants et demandent l’indépendance.

affiche_exposition_coloniale_1931_desmeures

 

Conclusion

 

La colonisation est un sujet difficile à traiter. Il est donc fondamental de nuancer vos propos et de vous poser des questions quant aux notions et aux sujets abordés. Il est important de ne pas tomber dans la caricature. Par exemple, aujourd’hui, on considère qu’il n’y a pas de « races » au sein de l’espèce humaine. Ce vocabulaire, employé à l’époque pour justifier la colonisation, est à utiliser avec précaution. N’oubliez donc pas d’utiliser des guillemets pour montrer à votre correcteur que ce n’est pas vous qui parlez, mais que vous retranscrivez une façon de voir et de parler.